Le sérieux sied à la musique classique. Habillés de noir, impassibles, les musiciens que nous avons l’habitude de voir concentrés sur leurs instrument ont pourtant besoin, comme tout le monde, de se défouler. Cela a donné à un chef d’orchestre belge l’idée d’un spectacle original.

"Tout gamin, j’étais bien plus passionné par le rock que par la musique classique", écrit Dominique Jonckheere, le chef d’orchestre en question. Devenu adulte, cette passion ne la quitta pas. Si, la journée, il dirigeait des musiciens qui jouaient du classique, le soir, chez lui, il jouait du Rock. "Je n’étais pas le seul", poursuit-il. Les musiciens de l’orchestre faisaient de même. Et, avant d’entrer en scène, pour éliminer le stress, s’amusaient parfois à interpréter des chansons et des " hits " des variétés des dernières décennies, bien loin de ce qu’ils allaient devoir ensuite jouer pour un public venu pour écouter de la musique classique.

L’idée a alors germé d’en faire un spectacle, mêlant musique classique et tous les genres de la musique de variété des cinquante dernières années. "Bach tout Rock", excellent titre basé sur un jeu de mots très astucieux, était né. La "première" a eu lieu à Louvain-la-Neuve, en attendant la tournée qui aura lieu début 2003.

Sur scène, la quinzaine de musiciens dirigée par le chef d’orchestre qui est le seul à être habillé d’un costume noir en demi-queue, rappelant ainsi les origines du groupe, entame un morceau classique autour d’un clavecin au son magnifique. A part les t-shirts, jeans et autres tenues plus que détendues, on se croirait dans un concert traditionnel. Mais, dès le deuxième morceau, tout dérape. Une batterie entame un rythme rock qui fait sauter en l’air tout le public.et les violons et autres instruments sont déposés sur le sol. Vont ainsi se succéder en alternance et dans le désordre le plus complet des airs des Beatles, de Léonard Bernstein, de Bach, de Chostakovitch, d’Eric Clapton, de Claude Nougaro, de Queen, des Rolling Stones, de Paul Simon (avec une hilarante interprétation d’un chant zoulou), de Sting, de Vivaldi, de Stevie Wonder... et même du délicieux Bourvil et de Brassens.

De temps en temps, Dominique Jonckheere s’offre une petite disgression humoristique sur l’Histoire de la musique ou les origines du chant à l’âge de la Pierre.

Visiblement, les musiciens s’amusent et leur plaisir passe dans la salle. Un spectacle très sympathique, donc, malgré d’évidentes faiblesses du côté du jeu de lumières, qui se contentent le plus souvent d’un éclairage global de la scène, alors qu’il pourrait mettre en valeur certains musiciens au moment où leur jeu prend de l’importance. Il manque également un travail de mise en scène de ceux-ci, l’impression générale étant plutôt brouillonne. De petits défauts qui restent à régler avant la tournée de janvier et février 2003. Mais ça sert aussi à ça, une " première ".

Informations : info@bachtorock.com

Ce spectacle n’est pas en tournée pour le moment.