S’il fallait décerner un oscar du meilleur jeu vidéo ludo-éducatif, « L’album secret de l’Oncle Ernest » figurerait certainement parmi les favoris. Un jeu intelligent, réalisé de main de maître par de véritables artistes du multimedia.

En 1998, Eric Viennot lançait « L’album secret de l’Oncle Ernest », sans imaginer un seul instant que, cinq années plus tard, dans un domaine où la durée de vie des œuvres est extrêmement limitée, il serait encore là… et que le premier titre aurait fait des petits.
Et pourtant, en 2003, sa série comprend cinq volumes. Au premier, sont venus s’ajouter « L’île mystérieuse de l’Oncle Ernest », « Le fabuleux voyage de l’Oncle Ernest », « La boîte à bidules de l’Oncle Ernest », et le tout dernier, « Le temple perdu de l’Oncle Ernest ». Plus un livre : « Le Trésor de l’Oncle Ernest ».
Il est désormais vendu dans une vingtaine de pays, il a été traduit en plus de dix langues, et il a remporté quinze prix internationaux. Et le premier titre est toujours présent, cinq ans après son lancement, dans le « top 35 » des meilleures ventes de CD-ROM ludo-éducatifs.
Une reconnaissance universelle pour un concept innovant, mis en scène avec énormément de talent.

Qui est l’Oncle Ernest ?
Un aventurier farfelu qui a passé sa vie à parcourir le monde et à rassembler, dans d’étranges carnets, des notes, des images, des objets… et même des bobines de films le mettant en scène.
C’est qu’il savait que les merveilles qu’il a ainsi glanées intéresseraient les aventuriers en herbe. Alors, à chaque page, il peut réapparaître grâce à un étrange projecteur, et expliquer à celui qui feuillette ses albums ce qu’il attend de lui.
Car on ne lit pas ses carnets comme on découvre un livre. Il faut en découvrir les richesses, les fouiller dans tous les sens pour récolter, sur une page, ce qui sera nécessaire sur une autre, ou photographier des éléments pour déclencher des mécanismes qui mèneront à des pages cachées. Ouvrir les boulettes de papier chiffonnées un peu partout pour en découvrir les informations. L’Oncle Ernest a inventé les livres les plus amusants du monde, véritablement multimedia. Aussi gais à explorer qu’un vieux grenier rempli de souvenirs centenaires.

Chaque livre est un ensemble de double-pages. On passe de l’une à l’autre par un système de signets. Sur chacune, de superbes aquarelles montrent des scènes du pays visité. Par-dessus les pages, des animaux se promènent : cloporte, araignée, coccinelle, etc. Par-dessus encore, sont posés des objets. On peut les faire glisser sur le côté, pour les amener sur une autre page où ils pourraient être utiles.
Chaque double-page renferme un secret, qui ne pourra être découvert qu’en résolvant une énigme : reconstituer une carte déchirée (mais comme les choses ne sont jamais simples dans le monde de l’Oncle Ernest, ce puzzle se déroule sous le vent et les morceaux bougent constamment), placer aux emplacements prévus des photos d’objets ou d’animaux (qu’il faut donc aller photographier ailleurs), accomplir des épreuves d’adresse, de réflexes, etc. Toutes sont originales, car les auteurs ont veillé à bien se démarquer des jeux classiques que l’on retrouve trop souvent dans les CD multimedia.

« Le Temple perdu de l’Oncle Ernest » [1] entame une trilogie. Ce premier épisode se déroule au Pérou, et tout y est donc basé sur l’Amérique du Sud. Comme pour les précédents, on tombe instantanément sous le charme de cette réalisation impeccable qui a réussi à marier technologie, poésie, aventure et jeux vidéo. Des jeux passionnants, destinés au départ aux enfants (à partir de huit ans), mais que les adultes apprécieront également.
C’est avec un vrai plaisir que nous souhaitons un heureux anniversaire aux créateurs de cet univers fabuleux. Qui est l’un de nos plus grands coups de cœur en jeux vidéo.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.