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::: Commerce électronique : peut mieux faire ! :::

  

Une librairie "online" qui s’affiche sur tous les murs, serait-ce le signe que le commerce électronique est prêt à démarrer en Belgique ?

Impossible de ne pas être intéressé par les arguments de Proxis : une librairie de millions de volumes avec des réductions dépassant les 40%, c’est íieux que la Fnac, non ? En fait, ils sont, comme nous allons le voir, un tantinet exagéré. Dans les locaux de Proxis - auxquels vous n’aurez jamais accès, vous pénétrez seulement sur leurs serveurs - on voit surtout des ordinateurs, pas des livres. Simplement parce que ce n’est pas une librairie au sens traditionnel du terme. Elle n’est constituée que d’une base de donnée des livres disponibles sur le marché, louée à prix d’or en France.

Comment ça marche ?

Acheter un livre dans une librairie virtuelle se déroule ainsi : vous vous connectez sur le site et vous introduisez, dans une petite fenêtre, le titre de l’ouvrage que vous souhaitez acheter (s’il n’est pas tout à fait exact, apprêtez-vous à chipoter : un ordinateur est moins fin qu’un vendeur et il ne trouvera pas le livre si vous commettez une faute de frappe). Le serveur fouille alors dans sa base de données et affiche une liste de propositions. Si le livre recherché s’y trouve, banco ! Vous cliquez sur "Acheter" et direction la caisse. Autrement, il vous faut réessayer avec d’autres mots-clés.

Avant de payer, vous introduisez toutes vos données personnelles, et éventuellement l’un des nombreux codes de réduction que Proxis distribue à la pelle aux clients de "partenaires" lors de leur premier achat. Puis il calcule votre addition en ajoutant les frais de port (70 FB par commande et 60 FB par livre) et il ne vous reste plus qu’à choisir un moyen de paiement. La carte de crédit est le système le plus rapide. Mais le virement et les chèques sont acceptés aussi.

Puis vous attendez. Quinze jours à trois semaines. Parfois plus. Le temps pour Proxis de traiter votre demande et de se se procurer le livre chez l’éditeur. Car c’est là que réside le secret de ces librairies en ligne. Elles ne commandent le livre que lorsqu’il est acheté. Donc, pas de stocks coûteux qui somnolent. Moins de frais de structure. Et une plus grande liberté de jouer avec le prix de vente.

Test in vivo

Mais sont-elles vraiment plus intéressantes, ces librairies en ligne ? Comparaison sur le terrain. 26 janvier 2000. Je rentre dans une belle librairie du centre de Charleroi. J’y repère huit livres parus récemment, et je note soigneusement les prix. Que du tout bon. "La machination Voronov" (Dargaud) ; "La débauche", une bande dessinée signée Daniel Pennac et Tardi (Gallimard/Futuropolis) ; "Stupeur et tremblements", d’Amélie Nothomb (Gallimard) ; "L’ours", de Caroline Lamarche (Gallimard) ; le superbe "Dictionnaire de la bande dessinée" de Patrick Gaumer (Larousse) ; l’ultime Gaston Lagaffe (Marsu) ; "Les héritiers d’Hergé" par Hugues Dayez (Luc Pire) et, cerise sur le gâteau, "Bagatelles", de Wesoly (Luc Pire). Des livres que j’aurais pu trouver partout tant ils ont été soutenus en promotion et en communication par leurs éditeurs.

Le soir, je me connecte sur le site de Proxis et je lance les recherches. Tiens ? Quatre titres sont introuvables et, parmi ceux qui restent, le Gaston Lagaffe, sorti deux mois plus tôt, est marqué d’un signe "Stop" et ne peut être commandé. Euh, les millions de livres, ils sont où, Madame Proxis ?

Et si j’allais voir ailleurs ? C’est vrai qu’Internet n’a pas de frontières, profitons-en !
Je me dirige vers la France. "Books on line" [1], lancée il y a un an, a bombardé le réseau de publicités accrocheuses durant des mois. Ca commence mal. "La machination Voronov", connaît pas. Les deux suivants non plus. Bon. Passons à autre chose. La concurrence directe. Alapage, dont on m’a dit le plus grand bien. Cinq titres sont disponibles chez elle. C’est mieux. Mais Caroline Lamarche, Wésoly et Hugues Dayez sont toujours introuvables.

Les frais de port sont ici forfaitaires : si, en plus d’un minimum de six jours de traitement, vous souhaitez une livraison en quatre jours, vous payerez 60 FF, quel quel soit le nombre de livres achetés. Autrement, vous devrez ajouter neuf jours d’attente supplémentaires, et seulement 40 FF.

Tiens, et la FNAC ? Ici, le catalogue est bien fourni. Seul "Bagatelles" est inconnu. Désolé, Wésoly ! La gloire parisienne, c’est pour plus tard.

Combien ça coûte ?

Qu’en est-il de l’intérêt financier de commander en ligne ? Nous avons comparé les quatre solutions, en ne prenant, comme panier d’achat de comparaison, que les trois livres disponibles chez tout le monde.

Notons que Proxis amplifie parfois (en justifiant cela par la conversion à partir de la base de données française, explication qui n’est pas satisfaisante) le prix "officiel" de l’éditeur afin et annonce ainsi des remises de prix exceptionnelles qui sont totalement fictives. Pour "La Machination Voronov", par exemple, il annonce que le prix de vente est normalement de 553 FB et qu’il accorde donc une réduction de -22%. Or, le prix de vente annoncé par Dargaud sur son argumentaire de vente est de... 475 FB, et la réduction réelle n’est donc que de 9,5 %. Pas vraiment de quoi pavoiser. Nous avons noté des disparités plus importantes encore, sur les livres d’origine française, entre le prix imposé par l’éditeur (en France) et le prix "officiel" annoncé par Proxis, ce qui lui permet d’afficher des taux de réduction gonflés allant jusqu’à 46 %.

And the winner is.

A ce petit jeu des comparaisons, il est spectaculaire de constater que c’est le libraire traditionnel, à condition de se rendre régulièrement chez lui pour profiter de sa carte de fidélité, qui offre les prix les plus intéressants, tout en fournissant les livres immédiatement, en apportant un réel service de conseil et, surtout, le plus grand choix disponible. Et que la FNAC, contrairement à sa réputation, est la plus chère (mais le prix du port depuis la France est rhédibitoire), tout en offrant le catalogue le plus complet. Ce sont là les découvertes les plus surprenantes de ce petit test - qui ne se veut pas scientifique, mais indicatif.

Si l’on ne bénéficie pas d’une carte de fidélité, Proxis est plus intéressant, surtout si l’on profite des réductions de 200 FB à 300 FB qu’elle offre au premier achat aux clients CGER, VISA, Univers BD, Yucom, Visa,Belgacom, BBL, etc. Mais une réputation ne se bâtit pas sur des bons d’achat à répétition ni sur des taux de réduction gonflés. On attend mieux de la première librairie virtuelle belge. Si elle veut convaincre, elle doit absolument être plus claire au niveau du prix, plus performante au niveau des délais de livraison, se procurer une base de données au moins aussi complète que celle de la FNAC et proposer une réelle alternative aux librairies traditionnelles par des services nouveaux.

En attendant, ces dernières n’ont pas trop de souci à se faire dans l’immédiat. Internet n’est pas près de les obliger à mettre la clé sous la paillasson.

LibrairieTotalRéductionTotal
Libraire traditionnel3274Carte de fidélité (10 %)2947
Proxis2991-3272991
Alapage310703107
FNAC333903339

Note : les frais de port pour la librairie traditionnelle ne sont pas vraiment à zéro, car il faut inclure des frais de déplacement.

De même, pour les librairies en ligne, il conviendrait d’ajouter les frais de communication téléphonique durant la recherche et la commande.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2000.


[1Ce site a fait faillite depuis

(par Patrick Pinchart)


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