Cette année a vu la création de la "Blisa", un nouveau sigle (pour "Belgian Luxembourg Interactive Software Association") qui désigne une nouvelle association rassemblant toutes les entreprises liées au jeu vidéo en Belgique et au Luxembourg.

Un secteur qui pète de santé. Son chiffre d’affaires croît de 30% par an, particulièrement grâce au dynamisme du marché des consoles. En Belgique et au Luxembourg, par exemple, on vend chaque année plus de 300.000 consoles et 1.800.000 jeux. Une famille sur trois possèderait une console de salon.
Ce marché représenterait un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros, dont 46% pour le matériel, 44% pour les jeux et 10% pour les accessoires. Et des dizaines de milliers d’emplois.

Où en sont les forces en présence ? La Playstation 2 a gagné la bataille des consoles de salon contre ses concurrentes, la Xbox de Microsoft et la Gamecube de Nintendo. Elle a pour avantages de pouvoir servir de lecteur de DVD et d’avoir bénéficié, dès le départ, de la confiance des développeurs, qui la nourrissent de nombreux jeux de qualité.

Mais la baisse récente de prix de la Gamecube (99 euros, soit une baisse de... 50% !) pourrait bien redonner une chance à Nintendo. Le géant japonais maintient également son dynamisme dans le domaine du jeu portable avec la "Game Boy" qui, cette année, s’est offert une magistrale version "SP". Rappelons que cette console est née il y a près de quinze ans, ce qui est un cas unique dans l’histoire du jeu vidéo.

Nous nous concentrons dans ce guide, complémentaire aux articles déjà publiés durant l’année , sur les jeux de salon. Ils ont été testés sur Playstation 2, mais nous signalerons lorsqu’ils sont disponibles sur une autre console ou sur ordinateur.


Coup de cœur

Dog’s life
Chaque année a sa trouvaille qui renouvelle à sa façon le monde des jeux vidéo. 2003 sera marquée par "Dog’s life". Le joueur y incarne un chien. Il voit en noir et blanc, détecte de loin les odeurs, enfouit des os... et fait des crottes ou marque son territoire en faisant pipi !

Le héros est un sympathique cabot dont la petite amie chienne a disparu. Il part à sa recherche, en commençant par son environnement immédiat, la rue, le parc, mais sa quête l’obligera à traverser l’Amérique du Nord. Il devra y accomplir diverses missions.

L’aspect le plus original est le mode "odorama" où l’on voit "comme un chien", dans un monde en noir et blanc d’où ne se dégagent, comme "couleurs", que les odeurs. Ces pistes odorantes lui permettent de retrouver la trace de personnes ou de réussir des énigmes.

Un jeu très frais (même si l’humour ne plaira pas forcément à tous les parents), que les plus jeunes adoreront, et dont l’incroyable concept amusera certainement aussi les plus grands. Un vrai jeu familial !

(A partir de 6 ans - ***** - Playstation 2)


Plates-formes

Jak II : "Hors-la-loi"

"Jack and Daxter" était, avec "Crash Bandicoot", le jeu de plates-formes par excellence sur Playstation 2. Une prise en main immédiate, de l’humour, des personnages attachants, des décors époustouflants... Des qualités que l’on retrouve dans cette suite.

Fait prisonnier par de sinistres soldats, Jak est soumis à d’abominables expériences avant que Daxter parvienne à le délivrer. Mais il s’est transformé en sorte de Hulk, tantôt normal, tantôt monstrueux. Ils vont néanmoins tenter de s’en sortir en cherchant la porte de cet enfer.

Ce jeu recule les frontières des possibilités de la Playstation par un moteur graphique impressionnant, donnant des mouvements fluides à des personnages bien détaillés. L’univers à explorer est vaste, et l’humour des précédentes réalisations du studio est toujours présent. Mais certains niveaux se révèlent particulièrement ardus à franchir.

(A partir de 10 ans - **** - Playstation 2)


Aventure

Wallace & Gromit : "Project Zoo"

Après une introduction très drôle qui rassure instantanément les inconditionnels de cette série-culte, on est plongé dans un jeu mêlant humour, action et réflexion, avec des situations d’un burlesque absolu.

Le pingouin Feathers s’est installé dans un zoo qu’il a transformé, réduisant les animaux en esclavage afin de fabriquer des diamants. Wallace et Gromit s’introduisent dans les lieux, et vont tenter de les libérer.

C’est le chien Gromit que le joueur dirige, Wallace n’intervenant qu’en renfort pour déclencher des mécanismes ou lui donner de petits coups de main. Dans sept niveaux très vastes, il devra accomplir 23 missions, armé d’armes aussi farfelues qu’un fusil à bananes ou un revolver à porridge !

La maniabilité est l’unique point noir de ce jeu, par ailleurs très réussi.

(A partir de 8 ans - *** - Playstation 2, Gamecube, Xbox)

Syberia

Le dessinateur Benoît Sokal, créateur de Canardo, s’est lancé avec bonheur dans la création de jeux vidéo pour PC. Il a écrit ici un scénario original, créant de zéro un environnement graphique de toute beauté. Dès les premières images, on tombe sous le charme de cet univers fantastique, où une avocate new-yorkaise devra parcourir différents pays pour retrouver le dernier héritier de la compagnie d’automates d’une lugubre petite ville. Dans chacun des endroits, elle devra explorer les décors, consulter des documents, ramasser des objets... qui lui permettront de trouver la solution des énigmes complexes qui constituent ce scénario.

Un jeu d’aventure à l’ancienne, dont on reconnaît l’origine PC par le principe des zones d’écran à explorer avec le curseur (une solution peu pratique dans le cas des consoles), et que la qualité de l’environnement graphique situe immédiatement parmi les plus belles réalisations dans le genre.

(A partir de 14 ans - **** - Playstation 2, Xboc, PC)

Dark Chronicle

C’est un véritable dessin animé interactif, plein de poésie et de trouvailles. Un très long prologue installe l’histoire, suivi d’un générique somptueux digne des grandes productions hollywoodiennes.

On y voit un jeune garçon, dans un cirque, soudain poursuivi par un clown monstrueux, Flotsam, et par ses automates. Ils cherchent à se procurer la pierre rouge qu’il a autour du cou. Sauvé de justesse par un enfant vivant dans les souterrains de la ville, il va tenter de fuir celle-ci par les égouts.

Commence alors le jeu, qui va l’obliger à explorer d’innombrables donjons pour en trouver les éléments qui lui permettront de sortir, tout en luttant contre les nombreux ennemis qui l’agressent. Il rencontrera divers personnages qui l’aideront tout au long de sa quête. Et il sera assisté d’un robot qui pourra lui donner un coup de main en cas de besoin, ou encore fabriquer des objets ou des armes à partir de photos collectées par le héros.

Comme les meilleurs jeux de rôle, le scénario est très riche. Les séquences d’action sont ponctuées d’animations qui permettent d’avancer dans le récit. On a ainsi plus la sensation d’être plongé dans un vrai film. Qui accroche son spectateur-joueur dès les premières minutes. Et il lui faudra quelques dizaines d’heures pour en décrocher !

(A partir de 8 ans - ***** - Playstation 2)

Indiana Jones : "Le tombeau de l’empereur"
Ce titre devrait rappeler quelque chose aux amateurs de la mythique Lara Croft de "Tomb Raider". Car le moteur de ce jeu d’aventure rassemble fortement à celui de la belle aventurière à la célèbre poitrine. L’aventurier de Spielberg va devoir explorer des lieux mystérieux en grimpant, escaladant, sautant, nageant, se balançant à des cordes, et bien sûr en luttant contre une foule d’ennemis, aidé de son célèbre fouet.
Les mouvements d’Indiana Jones sont bien modélisés, et ses mouvements sont très naturels. Bref, le jeu n’est pas extraordinairement révolutionnaire, mais parfaitement jouable, et il plaira à tous ceux qui ont aimé Tomb Raider.

(A partir de 10 ans - **** - Playstation 2, Xbox, PC)

Clock Tower 3

Une jeune fille de quinze ans, Alyssa, revient dans sa maison après plusieurs années de pensionnat. Mais sa mère, qui l’a appelée, a disparu. Quelque chose d’horrible semble s’être déroulé pendant son absence.

Elle commence à explorer la maison. Et l’horreur commence.

Alyssa va devoir libérer l’âme de ses ancêtres, qui ont tous été assassinés pour des raisons inconnues. A elle de trouver les clés du mystère qui plane sur la vieille demeure. Et de trouver les objets chers aux défunts qui libèreront leurs esprits. Le problème, c’est que des tueurs en série, l’attendent un peu partout. Et que tout ce qu’elle a trouvé pour se défendre, c’est un flacon d’eau bénite...

Ce jeu est mené comme un véritable thriller cinématographique. Tout y est fait pour rendre l’atmosphère inquiétante. Une ambiance sonore très stressante, des portes qui s’ouvrent toutes seules, des esprits qui apparaissent, des traces de sang sur le sol... tous les clichés du genre sont brillamment utilisés pour déclencher la peur.
Un jeu à ne mettre qu’entre les mains des plus grands qui aiment se faire peur.

(A partir de 16 ans - **** - Playstation 2)


Action

BIONICLE

Inspiré de jouets Lego, ce jeu met en scène six héros désignés par leur tribu pour venir à bout d’une malédiction qui l’a frappée. Des insectes monstrueux ont été réveillés par un esprit des Ténèbres, qui a lancé sur elle son armée de créatures.
Chacun des héros va intervenir sur une région bien précise, en commençant par un lac de lave en fusion qui donne le ton. Ils peuvent accumuler leur énergie négative pour la retourner contre les (nombreux) ennemis qui les attaquent et se protéger de leurs tirs, mais ce n’est pas évident à maîtriser.

Les niveaux sont variés et proposent diverses formes de jeux, comme des plates-formes classiques, du surf sur l’eau, ou de la descente à toute allure dans des wagonnets sur rails. La maniabilité n’est malheureusement pas au rendez-vous, à cause d’une caméra fuyante qu’il faut recadrer régulièrement pour pouvoir continuer à voir les ennemis ou les endroits où l’on doit se rendre.

(A partir de 8 ans - **** - Sur Playstation 2, Gamecube, Xbox, PC et Game Boy Advance)

Soul Calibur II

Pur défouloir, le jeu dit "de baston" est le genre qui joue le plus sur les effets spectaculaires pour démarquer chacun des titres. Son schéma est toujours bâti sur le même moule : des tournois où des champions se combattent au corps à corps en maîtrisant les coups tordus. Les combattants sont généralement plus kitch encore que les catcheurs du WWF américain, les effets spéciaux sont spectaculaires, et la bande-son, mêlant bruitages et cris, est particulièrement réaliste.

Dans le genre, ce titre se situe parmi les meilleurs. Une maniabilité exemplaire qui le met à la portée des novices, des mouvements de personnages d’un naturel parfait, des graphismes fabuleux, aussi bien dans les dessins des lutteurs que dans les décors, des effets spéciaux époustouflants, des musiques fascinantes... C’est un travail éblouissant.

Il offre différents modes de jeu, comme "arcade", "survie", ou encore "maître d’armes" qui impose une centaine de missions au joueur.

(A partir de 8 ans - **** - Playstation 2, Gamecube, Xbox)

Charlie’s Angels : "Full throttle"

La série "Drôles de dames" a ravi tous les téléphages des années 70. Déjà adaptée au cinéma, elle s’offre une version en jeu vidéo où les fanatiques de l’humour et de la subtilité de la série originale auront du mal à retrouver leurs marques.

Au départ, la disparition de la statue de la Liberté à New York, qui fait suite à celle d’autres monuments mythiques du patrimoine architectural de la planète. Que sont-ils devenus, comment les a-t-on enlevés et pourquoi ? Trois questions auxquelles vont devoir répondre les agents féminins de Charlie.

La première séquence donne le ton : un concours de bikinis qui donne l’occasion d’admirer d’intéressantes plastiques avant de plonger dans le cœur du sujet : se battre avec tous les personnages présents à l’écran. Ce n’est que le début d’une succession de scènes où le joueur se contentera d’envoyer coups de poing et de pieds, sans véritable challenge, dans des décors variés mais peu travaillés.

(A partir de 10 ans - * - Playstation 2, Gamecube)

Chaos Legion

Le joueur incarne un héros romantique, Sieg Wahrheit, parti combattre les forces de l’ombre pour délivrer son amie Siela Riviere, prisonnière de l’un de ses anciens amis, Victor Delacroix, passé du côté du mal. Le prologue, esthétique mais un tantinet ésotérique et difficile à comprendre, met en place les pièces de ce scénario romantique.

Sieg commande des entités nommés "Légions", qui présentent des caractéristiques très particulières, et qui vont l’aider dans ses combats. Des légions qu’il ne peut invoquer que s’il rassemble des fragments disséminés dans le jeu.

Les animatiques d’introduction, les décors d’inspiration gothique, les personnages centraux et les monstres ennemis sont vraiment impressionnants. Ils sont l’œuvre de graphistes de haut niveau.

Malheureusement, le jeu en lui-même ne tient pas la route et les combats répétitifs finissent par lasser, malgré l’astucieuse idée des différentes Légions qu’il faut invoquer.

(A partir de 10 ans - *** - Playstation 2, PC)

Time Crisis 3

Pas de subtilité non plus dans ce type de jeu qui ne vise qu’une seule chose : augmenter le taux d’adrénaline. Le joueur est expédié dans une succession d’écrans où des ennemis lui tombent dessus de tous côtés, et ne passe au suivant que s’ils ont été transformés en passoire.

L’action ne s’arrête pas une seule seconde, la tension est maximale tout au cours du jeu, et les développeurs ont mis le paquet en termes d’effets spéciaux pour impressionner les amateurs de ce type de jeu.
Ils se retrouveront dans des situations extrêmement stressantes, face à des parachutistes, des motards, des snipers ou même des tireurs placés dans des avions.

Le jeu se joue avec un coéquipier qu’il faut protéger.
Le mode 2 joueurs est malheureusement quasi-injouable car il s’effectue sur un écran divisé en deux dont les éléments sont trop réduits.
La durée de vie limitée en mode "arcade" (action pure) est prolongée grâce à un mode "missions" plus scénarisé.

(A partir de 14 ans - *** - Playstation 2)

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Sports

NHL 2004

Le hockey sur glace, a priori, ce n’est pas le genre d’activité que l’on s’attend à trouver sur une console, tant le nombre de participants à un match est élevé. Pourtant, cette simulation au réalisme poussé est très réussie.

Les joueurs glissent sur la piste avec la sensation de se trouver devant les images d’un véritable match retransmis en télévision. Ils se font des passes, se faufilent entre les joueurs adverses et, comme dans les vrais matches de hockey,... se tapent dessus.

Les mouvements sont impeccables, la prise en main est très rapide, et l’on apprend progressivement à gérer des actions de plus en plus complexes. L’intelligence artificielle qui commande les joueurs tient compte d’énormément de paramètres qui permettent d’anticiper les mouvements et de donner des réactions très naturelles aux joueurs commandés par la console.

"NHL 2004" peut se jouer à deux, chacun contrôlant un joueur dans la même équipe et travaillant donc en collaboration avec l’autre.

(A partir de 8 ans - **** - Playstation 2, PC, Xbox, Gamecube)

Pro Beach Soccer

Cinq joueurs sont face à face sur un mini-terrain de plage (quatre sont disponibles, Marseille, Bangkok, Rio et Venise). Le joueur contrôle tous ceux de son équipe, soit face à l’ordinateur, soit face à une autre joueur humain. Comme dans tout jeu de foot qui se respecte, il passe la balle de l’un à l’autre en tentant de l’amener jusqu’au but adverse.

Ce jeu a été conçu avec la Fédération de Beach Soccer, et les mouvements ont été modélisés à partir de ceux de stars du foot, comme Cantona. Mais le déplacement des joueurs est lent, poussif, raide, et les commentaires répétitifs d’un commentateur sportif à l’accent provençal sont vite agaçants. La réalisation graphique est correcte, sans plus. La prise en main est assez rapide. Et la simulation très réaliste dans les mouvements.

Autre point positif : le jeu peut se jouer jusqu’à quatre joueurs, en mode individuel et en mode coopératif.

(A partir de 10 ans - *** - Playstation 2, Xbox, PC, Game Boy Advance)


Inclassables

Amplitude

Ce jeu original est basé sur la musique et le rythme. Le joueur est lancé dans un grand tunnel lumineux, qu’il dévale au rythme de musiques (plus ou moins) entraînantes.

Les parois sont constituées de faisceaux lumineux qui traversent des circuits répartis sur plusieurs pistes, et reliés par des nœuds. Ceux-ci sont en concordance avec la musique. Lorsqu’il arrive à leur niveau, le joueur doit presser une touche bien précise qui déclenche un son correspondant à l’air joué.

En pressant rythmiquement les séquences de touches indiquées par les nœuds au moment précis de leur passage, il reconstitue la musique de base.

Le choix des morceaux n’est pas toujours des plus heureux, mais cela importe peu, car c’est le côté hypnotisant du jeu qui est le plus intéressant.

La prise en main est très rapide grâce à un didacticiel très bien conçu. Mais si l’on rentre vite dans le jeu, il n’est pas aisé d’en venir à bout, car certaines rythmiques sont particulièrement ardues.

(A partir de 8 ans - **** - Playstation 2)

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.