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::: Des aventures pour apprendre… ou pour s’ennuyer ? :::

  

Les CD-ROM tentent de donner aux enfants le plaisir d’apprendre en mêlant l’apprentissage à des jeux. S’il y a beaucoup de bonnes surprises, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous.

Prenez " La récré des poètes " [1], par exemple. Il a un objectif qu’on ne peut qu’applaudir des deux mains puisqu’il veut initier les enfants à la poésie. Au menu, une soixantaine de poèmes, du Moyen-Age au XXe siècle, que l’on découvre en " explorant " des " planètes " les rassemblant par thèmes et par niveaux. Les différents poèmes servent de base à des activités ayant trait à la poésie. " Chacune des animations invite l’enfant à s’approprier le poème grâce à une mise en scène de type dessin animé, à comprendre les textes et leur vocabulaire, à découvrir la vie des poètes ", explique le boîtier.

La réalité, malheureusement, est tout autre. Ce CD-ROM, malgré ses belles intentions et une réelle bonne volonté de la part des auteurs, énerve très vite par son amateurisme. Les graphismes sont vieillots, l’exploration de chaque " planète " se limite à cliquer sur un unique dessin, les " animations " sont de vagues effets graphiques sans intérêt, et les récitants sont sinistres et ennuyeux. Bref, tout pour enterrer un genre littéraire qui a déjà tellement de mal à accrocher les élèves.
Dommage, car la poésie présente un réel potentiel pour le multimedia. Mais il lui faut de réels créateurs pour en faire une œuvre ludique qui amènera des émotions, des vraies - comme en sont capables les poèmes rassemblés ici, parmi les plus beaux de la littérature française.

La tranche d’âge annoncée sur le boîtier (5 à 10 ans) est également erronée : aucun enfant de moins de huit ans ne va accéder au contenu purement textuel des fiches qui constituent l’essentiel de ce CD-ROM.

Point positif : une liste de sites Internet qui parlent de poésie le complète très utilement.

La cité des échos
Dans ce " jeu d’aventure éducatif pour toute la famille et s’entraîner à l’expression écrite" [2] - c’est ainsi qu’il est défini sur la jaquette - les enfants doivent aider une jeune journaliste à retrouver son petit copain, un musicien qui a disparu mystérieusement. Il faut pour cela consulter les différents chapitres d’un " roman ". Les premières lignes sont affichées à l’écran, suivies d’une animation " multimedia " mettant en scène ce qui y est raconté. Si ce CD-ROM est d’un niveau nettement plus professionnel que le titre précédent, ces montages ne sont pas vraiment excitants. Et l’aventure, qui consiste à cliquer dans les décors pour en retrouver quelques éléments cachés, est très basique et peu originale. Il faut effectuer, dans l’ordre prévu par le scénariste, une succession de clics bien précis sur des objets dans les décors. Un scénario très linéaire, qui ne laisse aucune place à la créativité.

Par contre, y sont intégrés des exercices d’écriture qui constituent la véritable originalité du CD-ROM. Pour avancer dans le jeu, il est obligatoire d’avoir accompli un travail de création de lettre, d’affiche, de compte-rendu, etc.

Ces ateliers d’écriture peuvent être effectués indépendamment de l’aventure, ce qui permet à l’enfant de s’entraîner sans devoir recommencer chaque fois le jeu. Les exercices sont effectués pas à pas, et se terminent par une auto-évaluation. Dommage que les graphismes de cette partie pédagogique aient été si peu soignés et soient si austères. Un dossier explicatif, destiné aux enseignants, accompagne le jeu.

Sur la piste des faux-monnayeurs
Dans ce " passionnant jeu d’enquête pour les détectives qui ont du flair " [3], comme l’indique la jaquette, il s’agit, pour une bande d’adolescents, de visiter une ville et d’en interroger les habitants afin de trouver des faux-monnayeurs. " Visiter " est un peu exagéré. En fait, un plan réduit d’une petite ville est proposé au joueur. Seuls quelques immeubles sont "cliquables". Il faut choisir l’un des "enquêteurs", puis cliquer sur un immeuble. Il se retrouvera alors sur un écran représentant le lieu, et il aura le droit de poser une question à l’une des deux ou trois personnes qui s’y trouvent. Puis, il faudra choisir un autre enquêteur, qui pourra revenir au même endroit pour poser d’autres questions ou poursuivre l’enquête ailleurs.

L’idée est de multiplier les personnages pour obtenir le plus d’indices possibles. Mais, en pratique, cela revient à faire des allers et retours entre le plan général et des locaux qu’on finit vite par connaître par cœur. Un aspect répétitif qui rend vite ce CD-ROM ennuyeux.

L’Oncle Ernest : la trilogie
Après autant de titres décevants, quel bonheur de tomber sur le superbe " L’oncle Ernest " [4], l’un des concepts les plus innovants dans le domaine du multimédia. Trois titres ont déjà été réalisés. Vu leur immense succès (" Plus de 500.000 fans dans le monde ", annonce la jaquette), l’éditeur a décidé de les rassembler dans un boîtier unique.

Dans cette trilogie, le joueur va découvrir les incroyables surprises d’un album extraordinaire ayant appartenu à un vieil oncle farfelu. Seules quelques pages sont accessibles au début du jeu. Il faut accomplir certaines actions, déplacer un objet d’une page à une autre, afin de débloquer des mécanismes qui permettront d’aller plus loin dans la découverte. Un principe vraiment astucieux : la solution d’une énigme n’est pas forcément sur la page où elle est posée, mais au contraire, elle implique que l’on se rende sur d’autres pages pour y prendre des éléments. Au joueur de deviner ce qui sera nécessaire. Il voit un objet ? Il peut le laisser en place ou le déposer sur le bord de l’écran, puis le faire glisser sur la page de son choix. La liberté de navigation est donc totale et la parole est à l’imagination, à l’astuce et à la curiosité.

Outre ce principe révolutionnaire, ces CD-ROM se caractérisent également par des graphismes de toute beauté, dus à de vrais artistes du multimedia, de grands créateurs qui n’oublient pas de saluer, dans le livret, tous ceux qui les ont inspirés : Charles Chaplin, Daniel Defoë, Hergé, Laurel et Hardy, Jacques tati, Mark Twain, Jules Verne, etc. Avec de tels maîtres, on ne pouvait s’attendre qu’à une réussite. C’est fait.

"L’Oncle Ernest" fait partie de ces rares grands classiques du multimedia, qu’il faut absolument découvrir. Une mine d’or de trouvailles et un émerveillement permanent.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2002.


[1" La récré des poètes ", 8 à 10 ans. Pour Mac et PC, configuration multimedia. Infos : Academia (Tél : 00 33 1 40 06 00 25, fax : 00 33 1 40 06 00 19, email : academia@academia.fr)

[2" La cité des échos ", 10 à 14 ans. Pour Mac et PC, configuration multimedia. Infos : Jeriko (Tél : 00 33 1 49 29 41 61, fax : 00 33 1 49 29 05 69, email : jeriko@jeriko.fr). 249 FF.

[3" Sur la piste des faux-monnayeurs ", 10 à 14 ans. Pour Mac et PC, configuration multimedia. Distribué par Mediamix (02/688.40.22, fax 02/688.40.24). 1295 FB.

[4"L’oncle Ernest : la trilogie", à partir de 8 ans (sans limite supérieure pour l’âge). pour Mac et PC, configuration multimedia musclée. Distribué par Mediamix (02/688.40.22, fax 02/688.40.24).

(par Patrick Pinchart)


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