Disney est fidèle à son habitude de noyer les enfants sous les produits dérivés de leurs dessins animés. "La planète au trésor" a fait l’objet de plusieurs adaptations en jeux vidéo.

Les trois titres "La planète au Trésor" de la collection "Disney mini-jeu" s’adressent aux enfants dès six ans. Basés sur des principes de jeux classiques, aux graphismes rapidement retravaillés afin de s’approcher vaguement à l’univers disneyen, ils sont très simples. Seuls les écrans-menus et les séquences d’introduction, extraites du dessin animé, sont vraiment en rapport avec celui-ci.
Ce ne sont pas pour autant de mauvais jeux, mais les jaquettes, marketing oblige, sont nettement exagérées par rapport au contenu réel des CD.

"Attaque explosive" est un simple jeu de tir : il faut abattre, avec le pointeur de la souris, des vaisseaux qui passent rapidement à l’écran parmi des astéroïdes. "Etherium en danger" est une déclinaison d’un des premiers jeux vidéo, "asteroïds", où vous devez éviter, avec votre petit vaisseau, les astéroïdes qui traversent l’écran, tout en ramassant les caisses abandonnées dans l’espace.

Si vous installez les trois jeux sur votre ordinateur, un quatrième vous est offert, caché sur les CD, et qui est alors débloqué.

Pour la Game Boy Advance, les personnages du dessin animé et les décors ont été modélisés de manière plus réaliste, en 3D. C’est un jeu de plates-formes entremêlé de scènes de surf futuriste.

En soi, le jeu n’a rien d’original. Le joueur passe son temps à explorer des lieux en récoltant des doublons d’or et en tentant d’ouvrir des passages grâce à des interrupteurs dissimulés un peu partout. Morph, qui possède des capacités spéciales, l’aide à franchir des lieux inaccessibles. Une fois que l’on a réussi à trouver le surf solaire du héros, le jeu se transforme en course de surf. Si la maniabilité est impeccable et l’animation irréprochable, si les graphismes sont vraiment très beaux, on aurait espéré un peu plus d’originalité dans le jeu, qui fait vraiment trop déjà-vu.

Poursuivant son tour des consoles, Disney ne pouvait éviter l’excellente Playstation 1, la console la plus vendue après la Game Boy. Le concept est, grosso-modo, le même que précédemment, un mélange de plates-formes et de course de planche à voile dans l’espace. Les graphismes sont réalisés en 3D, ce qui complique la maniabilité pour les plus jeunes, les déplacements devant se faire en zig-zag. On passe de Mondragor au spatioport avant de se lancer, sur l’Heritage, à la recherche de la planète au trésor. Des bonus sont disséminés un peu partout, certains donnant accès à des extraits des dessins animés. Morph peut se transformer à la demande en objets divers pour aider le héros et, au fil du jeu, des personnages lui proposent des mini-missions, qui sortent le jeu de la monotonie.

Grâce à la puissance de calcul de la Playstation 2, les graphismes et décors de la version sur cette console sont beaucoup plus impressionnants, mais les principes de jeu restent les mêmes. Un premier niveau de plates-formes où l’on apprend avant tout à manipuler le personnage, dont la 3D rend les mouvements très complexes à diriger (on se retrouve régulièrement dans le vide parce qu’il réagit mal aux commandes), suivi d’un niveau (difficile) de surf sur la planche à voiles, avant de repasser à un niveau de plates-formes, et ainsi de suite. Tout au long du jeu, comme dans la version précédente, des personnages indiquent au joueur de petites missions à accomplir pour aller plus loin.

Rien d’original, donc, dans ces adaptations qui profitent simplement d’un effet de mode passager dû à la puissance du marketing des usines Disney pour vendre des jeux, jolis certes, mais banals. Le thème de la recherche d’une planète au trésor offrait pourtant d’innombrables possibilités. D’où une inévitable déception, malgré l’évident talent des graphistes et développeurs qui ont dû réaliser ces jeux.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.