On peut ne pas aimer le marketing de Disney, on doit néanmoins saluer sa manière habile de gérer son fond de commerce.

La firme américaine adore, par exemple, jouer sur l’effet de rareté. A chaque réédition d’un film on nous répète qu’il ne sera disponible que durant « une période limitée ». Sous-entendu : si vous ne vous dépêchez pas, vous ne trouverez plus en magasin (voix doucereuse) cette merveille du merveilleux monde merveilleux du merveilleux Walt Disney. Cet aspect marketing de la distribution des films Disney est agaçante, et c’est dommage car certains sont vraiment des merveilles dont on gardera longtemps le souvenir nostalgique.

Tout ça pour dire que Pinocchio(1940), Basil, Détective Privé(1986) et L’Apprentie Sorcière(1971), ont été réédités en DVD « pour une période limitée » (qui devrait être assez longue pour que vous ne deviez pas sauter hors du fauteuil où vous lisez cet excellent magazine pour vous précipiter chez le marchand de vidéo avant qu’il n’y en ait plus). Mais ce n’est pas d’eux que nous allons parler aujourd’hui car ils n’ont pas vraiment besoin de cette rubrique pour être connus.

C’est qu’à côté de cette grosse artillerie, sortent également des compilations de courts-métrages, un genre dans lequel Disney a souvent excellé.

« Coquin de printemps », qui date de 1947, regroupe deux de ceux-ci. Le premier est une sorte de « silly symphony », ces petits films des années 30 qui racontaient des histoires sur base de chansons. « Bongo », un petit ours de cirque, s’évade de sa cage dorée pour retrouver ses racines : la forêt. Sur son petit vélo, avec son chapeau jaune et sa veste rouge, il va devoir apprendre la loi de la nature et faire son petit nid dans un monde qui ne lui est pas forcément favorable au départ. Il est suivi du célèbre « Mickey et le haricot magique », basé sur un conte traditionnel où Mickey, Donald et Dingo, dans un petit village frappé d’une malédiction et en proie à une terrible famine, échangent leur unique vache contre une poignée de haricots. Ceux-ci sont magiques et, durant la nuit, se mettent à pousser, pousser ? emportant leur maison et tous ses occupants jusqu’à un immense château dans les nuages occupé par un féroce géant.
Deux histoires brillamment racontées par les studios Disney de la meilleure époque, qui les ont adaptées en y ajoutant une multitude de gags. La bande originale est particulièrement réussie.

« Les aventures de Winnie l’Ourson », qui date, lui, de 1977, est basé sur les récits de A.A. Milne. On y retrouve la forêt des rêves bleus et la sympathique bande d’animaux, Tigrou, Porcinet, Bourriquet, Maître Hibou, Coco Lapin, Maman Gourou, Petit Gourou, réunis autour de Jean-Christophe et Winnie l’Ourson. Trois adorables histoires constituent ce DVD destiné plus particulièrement aux plus petits : le célèbre « arbre à miel », qui est sans doute le plus connu, « Winnie dans le vent » et « le tigre fou », qui met en vedette le plus attachant des personnages de la série, Tigrou.
Parmi les quelques bonus, un court-métrage, le making-of, la chanson de Winnie l’ourson interprétée par Carly Simon, une galerie d’image, etc.

« Le monde magique de la belle et la bête » est une déclinaison pour la télévision du fabuleux dessin animé de Disney. Une manière de profiter de son succès en le prolongeant par quelques historiettes mettant en scène la Belle, la Bête et tous les objets vivants de son château. La Bête n’y a pas encore retrouvé son aspect humain ni perdu son sale caractère, la Belle s’est pourtant déjà attachée à lui, et le petit monde pittoresque du château tente de faire en sorte que leur promiscuité imposée se passe le mieux possible. Ce qui ne se déroule, bien entendu, pas sans gag.
On est loin de la qualité exceptionnelle du long-métrage, mais ces quelques histoires courtes permettront aux plus jeunes fans de retrouver son sympathique univers.

Tous ces DVD sont également disponibles en VHS.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.