Dominé sans concession par Sony et sa Playstation 1 durant plusieurs années, le marché des jeux vidéo s’est soudain réveillé, cette année, avec le lancement presque simultané de deux consoles concurrentes par deux acteurs majeurs des nouvelles technologies : Microsoft et Nintendo.

Microsoft, dont c’est le premier essai sur le marché des jeux vidéo, a lancé sa X-BOX a un prix très élevé, qu’il a dû très vite revoir à la baisse, l’amenant rapidement à la moitié de son prix de lancement. Ceci confirme une nouvelle fois un conseil que nous vous répétons chaque année : n’achetez jamais une console les premiers mois suivant sa sortie ; vous payez un prix beaucoup trop élevé, il y a encore trop peu de jeux disponibles et ceux-ci ne profitent pas de toutes les possibilités techniques de la machine car les développeurs ne la maîtrisent pas encore complètement.

Ce véritable PC déguisé en console de jeu et lecteur de DVD a eu énormément de mal à se frayer une place, et Microsoft a dû régulièrement baisser à la fois ses prévisions de ventes pour l’année et le prix de la machine, la vendant finalement à 260 euros, très probablement à perte. Mais, on le sait, c’est sur les jeux que les vrais bénéfices se font. Ceux destinés à la X-Box ciblent plutôt un public de grands adolescents et de jeunes adultes, en privilégiant l’action.

Nintendo, avec sa Game Cube, a réussi son retour après s’être fait littéralement écraser par la Playstation 1 de Sony malgré les qualités de sa Nintendo 64. La console est très jolie (un beau cube violet), d’un encombrement minimal, et la présence, désormais, dans son catalogue, de Super Mario et de Sonic (si Sega a arrêté de vendre des consoles, elle continue à créer d’excellents jeux), les deux plus grandes stars du jeu vidéo, a permis à l’éditeur japonais de démontrer qu’il restait dans la course, en ciblant plutôt un public familial. Le prix de la Game Cube s’est stabilisé à 199 Euros.

Mais c’est surtout dans le domaine des consoles portables que Nintendo reste leader, avec la Game Boy Advance, qui succède à la Game Boy couleurs, une filiation qui remonte à l’antique Game Boy noir et blanc, dont le succès ne s’est jamais démenti malgré ses quinze années d’existence. Une politique intelligente de compatibilité (tous les jeux produits depuis la première Game Boy peuvent être utilisés sur les Game Boy plus récentes, sans amélioration de leurs capacités graphiques, bien sûr - le résultat n’est pas toujours optimal) met à la disposition des joueurs un catalogue extrêmement riche. Très économe en consommation de piles, elle est malheureusement dotée d’un écran peu lisible, assez fatigant pour les yeux. Il est indispensable de ne l’utiliser que dans de très bonnes conditions d’éclairage. Elle est vendue 99 Euros.

Sony trône toujours en vainqueur dans les consoles de salon, à la fois avec sa Playstation 1, dont l’encombrement a été réduit et qui s’appelle désormais PSOne, et sa Playstation 2 (259 Euros), qui a dépassé les 40 millions d’unités vendues dans le monde et qui bénéficie visiblement de la sympathie des développeurs. En témoigne l’énorme quantité de jeux disponibles, dont des titres novateurs, de très grande qualité, qui s’ajoutent aux nombreux jeux existants.

La PSOne n’est pas en reste : si moins de nouveaux jeux sont proposés chaque mois, ils viennent s’ajouter à un catalogue impressionnant. Avec un atout de taille : les titres plus anciens sont désormais vendus dans des collections à prix réduit. Notons que la Playstation 2 est compatible avec tous les jeux PSOne et qu’elle peut également lire des DVD. Ces deux consoles, grâce à la diversité des jeux disponibles, s’adressent à un public très large, ce qui explique partiellement leur impressionnant succès.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2002.