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::: Encyclopédies et multimedia :::

  

Les jours des encyclopédies sur papier sont désormais comptés. Le CD-ROM et le DVD-ROM signeront bientôt leur arrêt de mort. Les dictionnaires, par contre, ont encore de beaux jours devant eux.

Le constat est douloureux pour tout amoureux de livres,mais on ne peut plus l’ignorer. Les capacités des nouveaux supports, les performances des outils de recherche, la facilité de l’hypertexte sont telles que le bon vieux papier ne sera plus, bientôt, le support privilégié de la culture. Avec la vulgarisation des encyclopédies digitales, c’est tout un système d’accès à l’information qui va s’écrouler. Celui qui, depuis Diderot, nous faisait feuilleter d’énormes volumes pour trouver les informations qui nous permettaient de venir à bout de travaux scolaires, de débats endiablés, de jeux télévisés... Bientôt, cela ne fait plus aucun doute, on ne feuilletera plus rien du tout. On cliquera.

Pas de danger pour le dico

Le dictionnaire papier, lui, a encore un bel avenir. Et les quelques éditions multimedia ci-dessous en sont la plus belle démonstration. Si l’on veut vérifier si “sycomore” s’écrit avec un “i” ou un “y”, le pluriel de “cerf-volant” ou la signification du mot “granivore”, on ne va pas allumer l’ordinateur, attendre qu’il s’initialise, introduire le CD-ROM, double-cliquer sur l’icône du dictionnaire, introduire les premières lettres du mots et pousser sur la touche “Retour”. Le central téléphonique a déjà explosé et vous avez raté (barrer les mentions inutiles) le voyage à Eurodisney-l’abonnement de six mois à Proxistar-une nuit avec Chantal Goya-un ticket “Win for Life”. C’est beaucoup plus simple et plus rapide de feuilleter le dictionnaire qui traîne depuis (barrer, là aussi, les mentions inutiles) cinq-dix-vingt-cinquante ans sur l’étagère du salon.

Robert Junior : joli, mais...

Pas bêtes, les éditeurs de dictionnaires tentent de justifier leur portage sur CD-ROM par deux tonnes d’arguments multimedia. C’est le cas du “Robert Junior”(1). Il ne vous aurait pas beaucoup aidés dans le concours cité plus haut, car “granivore” et “sycomore”, il ne connaît pas. Il ne reprend que le vocabulaire supposé utile aux 8-12 ans (et on n’est pas censé savoir ce qu’est un granivore à l’école primaire, Mr. Robert ?).

L’interface est très agréable et la navigation rapide. Gros avantage par rapport à tous ses concurrents, il ne nécessite pas d’installation sur le disque dur. De petites icônes indiquent si les mots sont accompagnés d’illustrations ou de sons (le plus souvent, celui-ci consiste en la prononciation du mot). Nous avons beaucoup apprécié le bouton permettant d’afficher leur pluriel, le correcteur orthographique qui tente de retrouver le mot correct à partir d’une entrée erronée, et la possibilité d’obtenir, d’un clic, toutes les formes de conjugaison d’un verbe.

Par contre, pour un accès rapide à l’information, l’édition électronique ne tient pas la route par rapport au célèbre volume papier, pour les raisons évoquées plus haut.

Larousse : plus riche, mais...

“L’encyclopédie multimedia junior” de Larousse se présente modestement comme “essentielle dès le Collège !”. Nous sommes loin de partager cet avis. D’abord parce que l’appellation “encyclopédie” est un tantinet exagérée. Comme “Le Petit Larousse”, il s’agit d’un outil pour obtenir la définition d’un mot ou une explication sur un nom propre. Pas un “ouvrage où l’on expose méthodiquement ou alphabétiquement l’ensemble des connaissances universelles ou spécifiques d’un domaine du savoir”, comme le définit lui-même ce CD-ROM (et toc !), même si 400 articles plus longs sortent du cadre strict d’un dictionnaire.

L’appellation “multimedia”, elle, est pleinement méritée, puisqu’on y trouve, outre les multiples schémas, photos et dessins, un petit atlas interactif, des vidéos (de médiocre qualité) et des diaporamas. La réalisation est impeccable (la totalité du texte est en hyperliens : tout mot peut donc mener à une définition), l’interface très esthétique et les performances excellentes sur une machine standard.

Les informations, par contre, datent un peu : les articles consacrés à la Russie et aux Etats-Unis s’arrêtent en 1996, celui sur la bande dessinée aux années 80, Pinochet est toujours en liberté et seule la France semble bien suivie par l’équipe éditoriale. Mais il est possible d’effectuer, tous les trois mois, une mise à jour de quelques articles via Internet. Nous n’avons pas testé cette fonction.

Hachette : Dico ET encyclo ?

Le “Dictionnaire encyclopédique 2000” de Hachette indique clairement la couleur. Dictionnaire avant tout, il s’est complété d’informations plus fouillées qui le rapprochent à certains moments d’une encyclopédie. Beaucoup plus complète que les précédentes qui s’adressaient, elles, aux enfants, elle est aussi plus austère dans son interface. Ce qui, en soi, n’est pas gênant : l’écran se divise en diverses fenêtres où s’affichent les informations.

Consultable par thèmes, du général au particulier, ou par recherche en texte intégral, elle autorise également la consultation en direct de tous les medias. Les textes peuvent être copiés pour être exportés dans un traitement de texte. Petite cerise ludique sur la galette CD-ROM : un quizz basé sur les milliers d’images de la base de données.

Comme ses précédentes, il s’agit d’un dictionnaire et son intérêt pour une consultation rapide est nul.

Signalons enfin que “Le Petit Larousse” est également disponible sur CD-ROM, mais qu’il n’existe qu’en version PC.

Le monde selon Hachette

Hachette sortait, en même temps que son dictionnaire, un “Atlas mondial 2000”(4) de toute beauté. A nouveau, si vous cherchez l’emplacement d’un pays, d’une ville, ce genre d’outil n’est pas vraiment concurrenciel par rapport aux éditions traditionnelles. Par contre, il trouve tout son sens lors d’une recherche documentaire poussée, qui est nettement facilitée par l’interactivité entre les cartes, les fiches documentaires, les tableaux de cette énorme base de données sur notre planète.

Le moteur de navigation est très proche de celui du dictionnaire 2000. On accède à l’information par cartes de plus en plus précises, à partir de thèmes ou, tout simplement, en introduisant un mot dans le champ de recherche. Les medias (images, cartes, videos, diaporamas) peuvent également être atteints directement.

A l’atlas proprement dit, extrêmement complet, ont été ajoutés un glossaire des mots associés à la géographie et de très nombreux graphiques sur la démographie, l’économie, etc. Des cartes muettes peuvent être générées à la demande et imprimées, ce qui représente un intérêt pédagogique évident. Une mise à jour est prévue mensuellement sur Internet. Impressionnant !

Une usine à gaz inutilisable

Nous vous avions dit le plus grand bien, il y a quelques mois, de l’“Encyclopédie Hachette Multimedia 1999” qui, par la qualité de son contenu, par la facilité de son utilisation et, surtout, par le fait qu’elle offrait un excellent rapport qualité-prix, s’était imposée comme le maître-choix pour le grand public. Nous lui reprochions cependant la réalisation trop lourde qui empêchait une utilisation confortable sur les machines familiales. L’édition 2000 fait encore un bond en arrière à ce niveau.

L’installation est extrêmement complexe et ne peut se faire que sur des ordinateurs extrêmement puissants CONTRAIREMENT A CE QUI EST INDIQUE SUR LA JAQUETTE. Avec un ordinateur correspondant parfaitement à la configuration recommandée, elle n’a toujours pas réussi à fonctionner correctement. Une bonne douzaine d’heures passées à installer, désinstaller, contacter les services techniques, se procurer un nouveau système d’exploitation (celui recommandé sur la jaquette n’étant pas suffisant), l’installer, effacer des fichiers, en réinstaller d’autres... pour aboutir à une usine à gaz d’une lourdeur telle qu’elle en devient totalement inutilisable pour la moindre recherche d’information ! Si nous conseillons, toujours, l’excellente version 1999, la 2000 nous paraît à éviter pour quiconque ne dispose pas d’un ordinateur de dernière génération et n’est pas un expert de l’informatique !

My Britannica is rich !

Au moment où nous écrivons ces lignes, l’Encyclopedia Universalis, dont une démonstration nous avait fort impressionné, n’avait pas encore sorti sa version 2000 qui, si l’on en croit les rumeurs, sonne le glas de l’édition papier.

Sa concurrente anglo-saxonne, la prestigieuse “Britannica”, est déjà un bel exemple de ce que doit être une encyclopédie interactive. Pas de débauche d’illustrations, non. Du texte, beaucoup de texte. La totalité des textes des 32 volumes. Quelle richesse ! Quelle réponse au besoin essentiel de l’utilisateur, trouver de l’information utile et complète, pas des gadgets multimedia !

La technologie utilisée pour ce CD-ROM est originale puisqu’elle est la même que celle qui est à la base... d’Internet. On “surfe” dans l’encyclopédie en utilisant Netscape. Cela n’empêche pas un moteur de recherche puissant et des textes truffés de liens menant à d’autres articles. Leur qualité est irréprochable. La mise à jour est très récente. Par exemple, le gros chapitre se rapportant à la Belgique a déjà intégré l’affaire Andras Pandy alors que les concurrentes citées plus haut ne mentionnent même pas l’Affaire Dutroux.

Malheureusement, le public est limité aux personnes comprenant l’anglais. Ce type d’outil peut d’ailleurs être intéressant pour le perfectionnement dans cette langue. Une mise à jour est prévue sur Internet... où l’on peut désormais consulter l’inégralité de l’encyclopédie gratuitement.

L’avenir des encyclopédies se dessinerait-il sur le réseau des réseaux ? Pourquoi, en effet, acquérir un CD-ROM dont l’édition suivante, un an plus tard, nécessitera peut-être l’achat d’un nouvel ordinateur alors qu’Internet est ouvert à tous, même à ceux ne possédant pas le dernier processeur MMXXXZZ compatible Microflop 3000 ? Que la mise à jour y est permanente ? Et que son contenu s’enrichit, chaque jour, un peu plus ?

Bon bug à tous et à l’an 2000 !


Pentium 100 Mhz ou Mac 68040, lecteur de CD 4X, 4 Mo RAM. Pour configurations familiales.
PC 486 ou Mac 68040, lecteur de CD 2X, 16 Mo RAM. 12 MO sur disque dur. Pour configurations familiales.
PC 486 ou Mac Power PC, lecteur de CD 2X, 16 Mo RAM, 10 Mo sur disque dur. Pour configurations familiales.
PC 486 ou Mac Power PC, lecteur de CD 2X, 16 Mo RAM, 10 Mo sur disque dur. Pour configurations familiales.
Pentium ou Mac Power PC performants, 32 Mo de RAM au minimum, 100 Mo sur disque dur. Pour configuration multimedia récente uniquement.
PC 486 ou Mac 68040, lecteur de CD 2X, 16 Mo de RAM, 40 Mo sur disque dur. Pour configurations familiales. Distribué par Infogrames.

Article paru dans "Le Ligueur" en 1999.

(par Patrick Pinchart)


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