Cette fois, plus de doute, il suffit de voir à quelle vitesse rétrécissent les linéaires de cassettes VHS dans les vidéo-clubs pour laisser la place aux DVD : il est devenu un media grand public.

Par rapport à la vieille cassette vidéo, le DVD présente énormément d’avantages. C’est un support économique (mais au prix de vente maintenu artificiellement à des niveaux très hauts par les éditeurs et diffuseurs), solide et fiable.
Manipulé avec délicatesse, il ne s’usera jamais. L’image est bien contrastée, fine, colorée, et l’arrêt sur image est impeccable. Il offre aussi une qualité sonore comparable au CD audio.

Sa capacité de stockage est beaucoup plus importante que ce dernier, ce qui permet aux éditeurs d’y ajouter des fonctions nouvelles (l’accès direct aux chapitres, le choix d’afficher ou non des sous-titres dans la langue de son choix, ou d’écouter le film, soit en version originale, soit en version doublée, etc.) et de petits cadeaux : les bonus.

Bien lire les jaquettes
Mais il y a également des pièges à éviter. Et, pour cela, il faut réapprendre à lire les tout petits caractères des emballages. Quelques exemples…
Si vous avez acheté le DVD de Harry Potter dans une grande surface, il y a de fortes chances que l’on vous ait refilé une version amputée d’une partie de l’image. Pour bien remplir l’écran, les éditeurs recadrent souvent l’image cinémascope, allongée, pour n’en prendre qu’une partie. Souvent, ils placent les deux versions sur le même DVD. Ce n’était pas le cas de Harry Potter, pour lequel il fallait plutôt choisir la version " Format cinéma ", qui n’était pas forcément disposée à proximité. Vous ratiez ainsi des " instants " précieux, qu’on sacrifie au profit de la standardisation bas de gamme du petit écran.

Parfois, aussi, tout n’est pas utilisable sur votre lecteur de salon. Sur le DVD du même Harry Potter, par exemple, les bonus sont présentés sous la forme d’un petit jeu d’aventure. Vous devez accomplir de petites activités (très limitées) pour pouvoir visiter l’école de Poudlard et en découvrir quelques surprises, grâce à une visite guidée très joliment réalisée. Mais une partie des bonus ne sont accessibles que d’un ordinateur. Une astérisque renvoie vers une mention en caractères gras mais minuscules, cachée dans une masse de textes juridiques : " Ce DVD ne fonctionne pas sur un lecteur CD-ROM. Les bonus DVD-ROM ne sont pas accessibles sur un Macintosh ".

Enfin, si le DVD permet en théorie de visionner les films en différentes langues, ce n’est pas forcément le cas. Et les éditeurs sans scrupules peuvent même vous tromper en vous proposant une jaquette en français pour un DVD dans une autre langue. C’est le cas des DVD de " Friends " (en tout cas, au moins pour la saison 1) édités dans d’affreux boîtiers en carton par " Central Perk ". La jaquette est en français, les résumés sont en français, le mode d’emploi est en français… et les épisodes sont uniquement en version originale ! A nouveau, il fallait faire attention aux petits caractères de la jaquette, où il était aussi précisé, mais d’une manière ambiguë, que le choix de langues " en Dolby stéréo " se limitait à l’anglais.

Un embrouillamini d’éditions
Le piège le plus courant est celui de la multiplication des versions d’un même film sous des appellations diverses (" édition spéciale ", " édition longue ", " édition collector "…), obligeant les amateurs à acheter une nouvelle fois un DVD qu’ils possèdent déjà.

Et, à ce jeu, les éditeurs du superbe " Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau" battent tous les records. Si vous avez foncé sur la très belle édition de deux DVD sortie cet été, qui offrait la version originale et la version française, avec choix de sous-titres anglais, français et néerlandais et plus deux heures et demie de bonus sur un disque séparé (les coulisses du tournage, le " making-of ", de mini-documentaires parfois répétitifs, les bandes annonces cinéma et les spots TV, un clip vidéo d’Enya), vous allez le regretter.

Car, en novembre, est sorti un nouveau coffret, bien plus intéressant pour les fans du film. En effet, ce dernier offre la version allongée du film (on y a ajouté des scènes qui avaient été coupées au montage pour le cinéma) et DEUX disque de bonus, totalisant cette fois cinq heures de documentaires divers, dont une biographie de Tolkien, des cartes, des commentaires du réalisateur, etc.

Une lecture attentive ne permet pas, malheureusement, de détecter les mauvais pressages, dûs à une fabrication trop rapide, et qui se manifestent par de légers arrêts sur image, ou pire, par des parties illisibles. Raison pour laquelle il faut toujours garder son ticket de caisse et ne jamais hésiter à faire échanger un exemplaire défectueux.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2002.