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::: Fantasia : Walt Disney au sommet de son art :::

  

A sa sortie en 1940, Fantasia, le film le plus audacieux jamais sorti des créatifs studios de Walt Disney, connut un démarrage difficile. Pourtant, il ne cesse depuis d’être rediffusé, et une suite majestueuse, Fantasia 2000, a démontré que ce concept avait encore un bel avenir.

Durant les années 1930, Disney avait réalisé de nombreuses Silly Symphonies, ces merveilleux courts-métrages mêlant animations, poésie, humour et musique. Ils lui avaient valu de nombreux Oscars avec des chefs-d’œuvre inoubliables tels que Les trois petits cochons ou le sublime Vieux moulin, réalisé en 1937 et qui est sans doute sa plus belle réussite.

Walt Disney, après ces succès, cherchait quelque chose de plus ambitieux et souhaitait remettre en vedette sa souris-fétiche Mickey Mouse. Il décida de se tourner vers la musique classique et choisit L’apprenti sorcier, de Paul Dukas. Pour obtenir un son de qualité, il s’allia avec RCA, afin de mettre au point un procédé permettant l’enregistrement, le mixage et la reproduction du son sur plusieurs canaux. Et il se mit en quête d’un chef d’orchestre prestigieux : Léopold Stokowski, qui bénéficiait déjà d’un prestige considérable, accepta de participer au projet.

Mais la collaboration du chef d’orchestre ne s’arrêta pas là. Il suggéra de poursuivre l’expérience avec d’autres airs classiques. Avec son aide, avec celle aussi d’un musicologue, Deems Taylor, le studio sélectionna différents morceaux. Les animateurs se mirent au travail et réalisèrent, à partir de la musique dirigée par Stokowsky, les différentes séquences qui restent désormais dans toutes les mémoires. Mickey guidant ses balais magiques dans L’Apprenti Sorcier, la danse des champignons dans Casse-Noisette, les très inquiétantes images de fin du monde d’Une nuit sur le Mont Chauve, les hippopotames dansants de La danse des Heures, jusqu’aux très sobres images de l’Ave Maria... chaque scène témoigne de la créativité inouïe de l’équipe talentueuse qui travaillait alors aux studios Disney.

A cause de la guerre, le système de son sophistiqué inventé par RCA ne put être commercialisé dans les salles. Disney devait cependant lancer le film, tous les bénéfices provenant du succès de Blanche-Neige ayant été engloutis dans le projet. Il ne put sortir qu’en son mono, en version réduite. Et, vu les circonstances, il ne put le diffuser sur le marché européen.

Présenté en automne 1940 à New York, le film recueillit des critiques mitigées et faillit couler les studios Disney. Pourtant, depuis, il est fréquemment réédité et, à chaque sortie, il bénéficie d’améliorations. La version présentée sur DVD offre en bonus un épisode qui fut retiré du film afin d’en réduire la longueur, le très élégant Clair de Lune de Debussy dans un dessin animé sobre et de toute beauté.

Six décennies plus tard, les studios Disney redonnèrent naissance à cet audacieux concept avec de nouveaux choix musicaux et de nouvelles séquences d’animation. Le défi était de taille, tant Fantasia a atteint un niveau mythique chez les amateurs. Et il est pleinement réussi. Cette nouvelle version enchante et subjugue par la magnificence de sa réalisation.

On y admire les images sublimes de baleines dans une majestueux ballet (L’air des Pins de Rome, de Respighi), ou encore une quantité impressionnante d’animaux marchant vers l’arche de Noé (Pump and Circumstances, d’Elgar, qui met également en scène Donald et Daisy dans une scène très touchante). On passe d’un conte classique, celui du soldat de plomb d’Andersen à un hilarant jeu de yoyos entre flamants roses (Saint-Saëns), à la destinée mélancolique de trois américains sur Rhapsody in Blue de Gershwin ou des images abstraites sur la Cinquième symphonie de Beethoven. Mickey est également là, avec son célèbre Apprenti sorcier.

Seul point noir, les présentations par des personnalités américaines, dont l’humour préparé ne passe pas en version française. Mais le reste est digne de l’héritage de Disney. Avec une œuvre d’une telle qualité, ils pardonnent les grosses machines commerciales sans âme qu’ils ont produits ces dernières années. Ils prouvent qu’ils ont encore en leur sein de véritables artistes capables d’émouvoir sans les ficelles des longs-métrages traditionnels, et de marquer l’art de l’animation pour des décennies.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2004.

Dessins © Disney

(par Patrick Pinchart)


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