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::: Fête de l’Internet : Informative, mais peu festive... :::

  

Il ne faut pas appeler un chat ce qui n’en est pas un. Dans la « fête de l’Internet », les manifestations festives sont encore minoritaires. Ce qui ne diminue pas l’intérêt, pour les non-initiés, d’un ensemble d’activités destinées à leur montrer la variété des possibilités du réseau.

Difficile de le nier : Internet est devenu un outil important dans bien des situations de la vie quotidienne ou professionnelle. Pouvoir fouiner, dès l’école primaire, dans cette immense base de données peut être un gain de temps important pour un élève qui doit se documenter. Le réseau est aussi un puissant outil de communication, particulièrement prisé par les adolescents. Ne pas avoir les moyens de se connecter à Internet n’est-il donc pas un nouveau facteur d’exclusion sociale ? Car le coût du matériel et des connexions n’est pas dérisoire.

Un des objectifs de la fête de l’Internet est d’apporter une petite pierre à la lutte contre cette « fracture numérique ». Ils sont plus des dizaines à avoir joué le jeu dans diverses communes : administrations communales, CPAS, organismes d’alphabétisation ou d’aide à l’emploi, associations de jeunesse, associations actives dans les domaines de la santé, de l’enseignement, bibliothèques, écoles, etc... Ils utilisent tous Internet au quotidien et profitent de l’événement pour mettre en contact tous ceux qui n’ont pu encore le faire.

« La Fête a certainement le mérite d’attirer l’attention sur l’Internet, les problèmes d’accès et d’usages », explique Philippe Allard, coordinateur de l’événement. « Elle a aussi pour vocation de mettre en évidence des opérateurs qui sont actifs toute l’année soit parce que l’Internet est leur "core business" soit parce qu’ils s’appuient sur les nouvelles technologies pour leurs activités. Le "combat" mené autour de la Fête de l’Internet se prolonge par des formations, des séminaires, de l’accompagnement,... par exemple pour soutenir le développement d’espaces publics numériques. »

Si on ne peut nier les efforts d’informer sur ce qu’est Internet, on reste sur sa faim quant au côté festif. On ne trouve pas, dans les activités proposées, d’initiatives de particuliers, qui pourraient pourtant compenser le côté trop « institutionnel » de l’opération, et apporter un grain de fantaisie à celle-ci. Pour qu’ils se l’approprient et en fassent leur « Internet Pride ».

« A priori, les activités sont largement ouvertes », répond Philippe Allard, « mais certaines peuvent s’adresser à des publics tels que les seniors ou les enseignants. On ne peut dire pour autant que la Fête soit fermée. Quant au caractère festif ou non des activités, il ne dépend pas de la Coordination mais de chacun des opérateurs. Nous avons organisé des réunions préparatoires pour insuffler des idées nouvelles, différentes et certains opérateurs ont suivi. Mais je reconnais que plus d’acteurs pourraient encore se mobiliser. »

En cause, sans doute, le manque évident de moyens qui lui permettrait d’être plus ambitieux. Alors qu’en France, selon Philippe Allard, la fête est organisée par une société ayant un personnel permanent, il doit lui-même s’acquitter de cette coordination en complément de ses activités professionnelles habituelles. Autant dire que c’est une mission impossible. Car les problèmes pratiques sont nombreux. « Nous avons essayé d’informer les communes, les CPAS, les associations de divers secteurs via des lettres d’information électroniques (et même papier), des dépliants, des affiches. Nous "faisons" avec qui le veut bien mais avec de gros problèmes de circulation de l’information (qui ne "descend pas" dans les communes, dans les écoles parce que les destinataires ne font pas circuler l’information). »

Et la fracture numérique dans tout cela ? Bonne question ! Au lendemain de la fête, que feront tous ceux qui, grâce à celle-ci, auront été touchés par la Grâce d’Internet et qui n’ont toujours pas les moyens de s’y connecter ? Une bribe de réponse est apportée par Oxfam, qui propose durant l’événement des ordinateurs d’occasion avec écran pour 99 Euros. Une somme plus compatible avec le budget d’un ménage moyen. Mais pour les quelques dizaines de personnes qui pourront profiter de cette offre, combien resteront encore frappées d’e-exclusion ? Une situation que la « Fête de l’Internet » ne pourra pas changer. Mais est-ce bien son rôle ?

Article paru dans Le Ligueur en 2005.

(par Patrick Pinchart)


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