La console portable de Nintendo, contrairement à ses consœurs de salon, présente l’avantage de proposer des jeux pour tous les âges.

"Hamtaro", par exemple, s’adresse aux plus petits, dès qu’ils sont capables de lire. Il peut même être un excellent stimulant à l’apprentissage de la lecture. Il met en scène un charmant petit hamster qui, dans un rêve, fait un horrible cauchemar : un démon aurait décidé de briser les cœurs de tous les couples hamsters. Hamtaro part donc à l’aventure pour reconstituer ceux-ci, aidé par la jolie Bijou.

Le problème, c’est qu’il a perdu tout son vocabulaire, à part quelques mots de base : "Hamha", par exemple, veut dire "Salut !". Mais "Nif-nif" est à utiliser pour renifler un objet, "Atak" pour rouler sur un objet, etc. Ces mots, l’enfant va devoir les apprendre avec lui. En rendant services à d’autres hamsters, en liant connaissance, il va enrichir son vocabulaire. Un concept vraiment original, doublé d’une réalisation impeccable.

Une bonne partie de ce jeu aux dessins adorables est basé sur les interactions entre hamsters. Mais de nombreuses petites activités viennent encore l’enrichir. On peut apprendre des danses à son hamster en mêlant de mots, habiller son hamster comme l’on joue à la poupée, et prendre des photos de sa mascotte dans un "club". De quoi accrocher longtemps les petits joueurs. Les plus âgés le trouveront trop facile, mais seront néanmoins charmés par cet univers tout mignon.

Top Gear Rally

Les plus grands (à partir de huit ans) apprécieront cette simulation de rallye automobile étonnamment réaliste pour la petite Game Boy. Les différents modes de jeux auront de quoi les occuper longtemps, de l’entraînement (ils pourront pousser le vice jusqu’à poser des cônes sur la route, ou des barrières à éviter) à la course simple en passant par le championnat, le "contre la montre", ou le mode "deux joueurs" (avec un câble entre deux consoles munies d’une cartouche). Les circuits sont variés. Ils les emmèneront sur des routes de campagne, de ville, sur des sommets enneigés ou dans le désert.

Dans tous les cas, c’est la galère qui attend le conducteur. Car si les détails sont précis, la visibilité réduite du petit écran de la Game Boy Advance empêche de voir les obstacles à temps pour les éviter, et la conduite doit se faire dans des conditions très difficiles, les voitures étant promptes à déraper. Il est donc indispensable de bien s’entraîner pour maîtriser la conduite du véhicule.

Le mode championnat imposera une soixantaine de courses au pilote. La course simple, une vingtaine. Au total, cela fait donc 80 circuits sur la minuscule cartouche de la Game Boy. Ce qui est impressionnant. Comme sont impressionnants les décors, les effets de brume au loin, même si, parfois, vu leur abondance et leur réalisme, ils nuisent à la lisibilité de l’écran.

Final Fantasy Tactics

La série des jeux "Final Fantasy", née sur ordinateur, est une série-culte pour les amateurs de jeux vidéo plus âgés (à partir de dix ans). On attendait donc avec intérêt sa première apparition sur console portable. Et celle-ci rassurera tous les fans : c’est une incontestable réussite.

L’histoire commence au royaume d’Ivalice, ravagé par la guerre. Quatre lycéens, ayant découvert un livre magique, y sont projetés par celui-ci. Marche, le héros du jeu, va rejoindre le clan d’un guerrier local.

L’évolution mêle exploration ets combats, dans des décors superbes en fausse 3D. Le héros doit accomplir une succession de missions qui lui sont indiquées dans des bars. Ces missions se font généralement en groupe, mais le joueur peut aussi envoyer un autre personnage. Dans tous les cas, il doit respecter les règles draconiennes de combat du pays faute de se voir sanctionné. Par exemple, certains jours, seules les armes de jet sont autorisées. Plus le jeu avance, plus ces règles sont nombreuses.

L’aspect "tactique" est vital dans le choix des personnages, qu’il faut bien choisir pour les combats. C’est un véritable jeu de stratégie, qui équilibre réflexion et action. Les fanatiques des jeux du type "je cogne et je réfléchis ensuite" seront inévitablement déçus et sans doute agacés par les longues phases de préparation. Un jeu brillant, aux graphismes très réussis, plongeant l’enfant dans un univers enchanteur. Qu’il lui faudra mériter s’il veut arriver au bout de cette formidable épopée.


Tous ces jeux ne sont utilisables que sur une Game Boy Advance.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.