Qu’est-ce que fait un bon film ? Trois choses : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire. Ce principe valable au cinéma, en bande dessinée et en littérature, l’est aussi dans le domaine des jeux vidéo.

Grâce aux nouveaux supports comme le DVD, les développeurs ont à présent les moyens pour développer leurs récits, installer des ambiances, faire s’exprimer les personnages. Leurs productions ressemblent à celles du cinéma. Ils disposent des mêmes outils pour faire passer l’émotion et captiver leur public : du son, des effets spéciaux, toutes les possibilités de plans, des acteurs virtuels. Et au vu des dernières productions, c’est à la naissance d’une nouvelle génération de jeux vidéo que l’on est en train d’assister.

De bons scénarios, l’équipe qui produit "Final Fantasy" a montré qu’elle était capable d’en écrire, de ceux qui captivent des millions de joueurs. C’est l’un des grands jeux cultes de l’histoire du jeu vidéo, une grande saga qui a déjà eu l’honneur de se voir adaptée au cinéma, dans le premier film tourné exclusivement avec des acteurs virtuels.
Dans "Final Fantasy X" (non, il ne s’agit pas de la première version interdite aux dix-huit ans, mais du dixième épisode du jeu), le joueur devient l’acteur d’une grande production cinématographique, où vont se succéder des scènes d’une époustouflante beauté. Ce magnifique jeu d’aventure débute dans un futur décadent, où la civilisation ultra-technologique des hommes va être complètement balayée par une force maléfique, SIN. Un jeune homme va échapper au massacre, et errer dans l’espace pendant un millénaire avant de revenir sur notre planète, à nouveau menacée par les mêmes forces. Une grande quête va débuter, mêlant les destins de sept personnages qui accompagneront une prêtresse dans le but de rassembler les diverses pièces d’une incantation qui libèrera le monde du mal.

Une passionnante aventure, dans des décors sublimes, entrecoupée de scènes animées superbes, qui sont sans doute les plus belles de toute l’histoire du jeu vidéo. Ce jeu novateur est (malheureusement) en anglais, mais (heureusement) sous-titré en français.
(Un jeu de Squaresoft, à partir de douze ans).

Largo Winch

Les héros de bande dessinée constituent un vivier de choix pour les concepteurs de jeux vidéo. Ils bénéficient d’un univers à la notoriété importante, mettant en scène des personnages à la personnalité bien installée. Cette notoriété est encore plus intéressante lorsqu’ils ont pu bénéficier d’une adaptation en série télévisée. Ce qui est le cas de Largo Winch, l’une des plus célèbres bandes dessinées pour adolescents et adultes, devenue depuis deux ans une série de téléfilms.

"Aller simple pour les Balkans" est un jeu d’aventure-action, mêlant séquences animées de haute qualité graphique, dialogues nombreux et scènes d’exploration, où le milliardaire en blue-jeans déambule dans des lieux variés afin d’y accomplir certaines missions successives, nécessitant réflexion et rapidité de réaction. Les décors, très fouillés, sont magnifiques, et les mouvements des personnages, très réalistes.

La modélisation 3D des personnages sera, par contre, plus difficile à faire accepter aux amateurs de bande dessinée, car les attitudes sont peu naturelles. Mais cela n’ôte rien à la qualité de ce jeu, difficile, au scénario complexe, et que les nombreux échanges dialogués transforment en véritable film.
(Un jeu Ubi Soft, à partir de quatorze ans).

Project Zero

La superbe séquence dramatique en noir et blanc qui introduit ce jeu pose dès le départ l’ambiance angoissante qui ne va à aucun moment quitter le joueur durant la longue aventure qui l’attend dans un manoir vétuste. Où a disparu un jeune Japonais qui y cherchait des informations sur un écrivain mystérieux. Sa sœur va tenter de le retrouver. Mais la maison est hantée, des personnages inquiétants y apparaissent et se montrent menaçants. Elle dispose d’un appareil photo aux pouvoirs étonnants. Il détecte des choses que ne parvient pas à percevoir l’œil humain, et est capable de capturer les esprits.

L’écriture de l’image, en couleurs sombres et blafardes après une introduction en noir et blanc, l’accompagnement sonore, fait de chœurs sinistres, de cris, de battements de cœur, l’apparition soudaine de personnages fantômatiques... tout concourt à faire de ce titre un vrai thriller, au suspense terriblement prenant. Une réalisation magnifique, qui innove totalement le genre des jeux de chasse aux zombis, principalement par son approche très créative de la photographie et du son mais que l’on réservera aux joueurs les moins impressionnables.
(Un jeu Wanadoo/Tecmo, à partir de quatorze ans).

Vampire Night

Avec un thème approchant - un village envahi par les vampires - ce jeu s’est uniquement axé sur l’action. Il peut d’ailleurs se jouer avec un revolver spécial plutôt qu’avec la simple manette de jeu.

Des créatures diaboliques s’attaquent aux paysans d’un petit pays d’Europe centrale et, en quelques secondes, les transforment en monstrueux vampires, qui viennent gonfler les armées d’un seigneur local aux pouvoirs épouvantables.
Le joueur doit donc détruire tous ces monstres, mais en même temps tenter d’annihiler les créatures au moment où elles s’attaquent aux paysans, tout en veillant à ne pas expédier ces derniers dans l’autre monde. Bons réflexes, indispensables !

Ce jeu de tir ultra-violent est très linéaire : il faut suivre les mouvements de caméra, qui cadrent systématiquement les créatures qui menacent le joueur. Les bons joueurs en feront assez rapidement le tour, et seuls une version deux joueurs et de mini-scénarios pourront en renouveler l’intérêt.
(Un jeu Sega. A partir de dix ans).

Article paru dans "Le Ligueur" en 2001.