S’il est bien un pays où les consoles de jeux viennent parfois bien à point pour compenser un été pourri, c’est le nôtre.

Certes, nous espérons le plein soleil pour juillet et août mais, connaissant la Belgique, mieux vaut prévenir en s’équipant de quelques bons jeux. Et la Playstation "one" (puisque, désormais, elle a une grande sœur "two" dont nous attendrons que son prix se soit démocratisé avant d’en parler) a fait le plein.

Kuzco, l’empereur mégalo
Mêlez la console la plus populaire du moment et le "Disney" le plus déjanté de ces dix dernières années et vous obtenez un excellent jeu. Qui a la bonne idée de diffuser des extraits du dessin animé comme intermèdes entre les différentes étapes. On y retrouve l’ambiance délirante, qui a été impeccablement respectée, y compris - et surtout - dans le ton des dialogues : Kuzco, prétentieux et odieux dans le dessin animé, reste prétentieux et odieux dans le jeu et chacune de ses interventions est un régal d’impertinence.

Les niveaux sont très variés ; outre la traditionnelle exploration d’un pays inconnu truffé de dangers, on doit par exemple se laisser glisser dans des rapides en évitant les troncs flottants, tortues ou crocodiles, ou encore tourner sur soi-même en expédiant des crachats de lama sur des baudruches flottantes, etc. Un véritable régal !
(Disney Interactive - en français - à partir de huit ans)

Aladdin : La revanche de Nasira
Aladdin n’a certes pas les qualités de "Kuzco", mais il fait partie des bonnes productions récentes des studios Disney, qui trouvent une seconde vie en vidéo avec des suites plus ou moins réussies. Les jeux suivent le même phénomène. Dans "La Revanche de Nasira", la princesse et son père, le Sultan, ont été enlevés par la sœur de Jafar, qui a pris leur place sur le trône. Et sa première décision est de sauver son frère, en envoyant ses créatures à la recherche d’objets symboliques qui le délivreront du sort qui le maintient prisonnier. Aladdin va donc devoir les trouver avant elle en explorant Agrabah et ses environs.

Le jeu consiste à explorer les ruelles, le désert, le palais, en trouvant les moyens de passer les obstacles, en brisant des vases pour y trouver des pièces d’or et de la nourriture, en s’aidant au mieux du support des décors, etc.. L’animation est impeccable, les activités variées, et l’aide est très bien intégrée au jeu. Une petite merveille !
(Disney Interactive - en français - à partir de cinq ans).

Beach Volleyball
Bon, le fantastique, le dessin animé, c’est bien, mais on ne va pas y passer l’été. Tiens ? Et si on s’offrait une partie de Beach Volley ? Cékoiça ? Un jeu de volleyball sur plage qui nécessite, comme son nom l’indique, une plage pour y jouer. Ou une bonne simulation. C’est le cas de celle-ci. Vous aurez l’occasion de prendre râclée sur râclée en jouant contre la console, ou contre trois autres joueurs - pourvu que vous possédiez l’appendice (optionnel) ad’hoc.

Les mouvements sont très naturels et la programmation des déplacements est vraiment réussie. Il faut néanmoins un temps certain pour maîtriser ce jeu, très difficile, où vous pourrez choisir votre joueur parmi les quelques bronzés champions du monde qui ont accepté d’être modélisés, ou de créer un champion de votre choix. Un mode "training" permet au nuls dans mon genre d’améliorer ses performances. C’est pas du luxe !
(Infogrames - en français - jusqu’à quatre joueurs - à partir de dix ans)

Les Fous du Volant
Le délire des dessins animés de Hanna et Barbera est intact dans cette course complètement folle où le joueur peut piloter n’importe lequel des "véhicules" (Tocard tank, compact pussycat, caraverne, turbo terrific, dingo-limousine) qui tenteront d’arriver à la ligne d’arrivée avant celui de Satanas et Diabolo. Comme il ne s’agit pas d’une course comme les autres, chacun dispose de gadgets qui permettront de faire des coups fourrés aux autres pilotes : les écraser, les envoyer dans le décor, placer des obstacles sur leur chemin, leur expédier un orage sur la tête ou une boule de lave dans les roues, etc.

Une dose énorme d’humour dans cinq environnements (grand canyon, collines joyeuses, ville, montagnes ennneigées, et un environnement mystère) stylisés façon "cartoon" et quatre circuits pour chacun d’eux. La simulation n’est pas vraiment réaliste, mais dans ce type de jeu, cela n’a pas vraiment d’importance : le but est de s’amuser un maximum, pas d’avoir l’impression de piloter un bolide de Formule 1. Très drôle et très réussi !
(Infogrames - en français - deux joueurs - à partir de huit ans)

Destruction Derby Raw
Dans cette course de voitures plus réaliste, le but est également de multiplier les coups fourrés afin d’amocher au maximum les voitures des concurrents tout en restant entier le plus longtemps possible. Inspiré de joyeuses festivités très populaires chez les débil… euh, chez nos amis américains, ce jeu offre une multitude d’effets d’accidents, de carambolages, de véhicules en feux et de morceaux de carrosseries volant en tous sens.

Certes, il faut signaler l’excellente tenue de route des voitures, malgré les coups et les bosses, mais on oublie vite ce détail pour se concentrer sur l’unique but : éviter à sa carrosserie le sort humiliant de finir sous les dents des broyeurs. Allez, avouons-le, c’est très, très excitant. Et il vaut mieux vaut avoir ce type de comportement défoulant sur console qu’au volant d’une véritable voiture. Tiens, il faudra que je songe à le prêter à un certain collègue de bureau…
(Sony - en français - multijoueurs - à partir de huit ans)

Vanishing Point
Revenons aux choses et aux courses de voitures sérieuses. Au volant de bolides particulièrement nerveux (Ford mustang, Aston Martin V8, Toyota Supra, etc.), vous allez pouvoir foncer à toute allure sur huit circuits très variés, au réalisme surprenant (admirez les éoliennes au passage), pour accomplir une série d’épreuves au choix : arcade, (tournoi, simple, contre la montre, cascades) face à face (simple, chasse ballons) ou multijoueurs (K.O., Ligue, éliminatoires).

Une vraie conduite est nécessaire, car les dérapages sont nombreux et les accidents particulièrement redoutables. Mais, cerise sur le gâteau, des circuits s’ouvrent à vous lorsque vos performances indiquent que vous devenez digne d’y piloter, et des passages secrets deviennent même accessibles aux meilleurs conducteurs.
(Acclaim - en français - deux joueurs - à partir de huit ans).

Ducati World
Enfin, les motos conservant, particulièrement l’été, leur charme par rapport à la voiture, signalons cette impressionnante course de deux roues. Elle se déroule sur trois circuits, aux commandes, au choix, d’une 50 cc ou d’un monstres de 900 cc.
Les décors ont été particulièrement soignés, que l’on roule de jour ou de nuit, en visibilité normale ou réduite. Une volonté de réalisme que l’on retrouve également dans la simulation : la moto s’abaisse dans les tournants comme une machine normale, et la sensation de vitesse est impressionnante.

Les animations des accidents ont été entourées du même soin, ce qui est l’un des principaux attraits du jeu pour les enfants : ils s’amusent à provoquer les chutes les plus spectaculaires possible. Il faut dire qu’en cas de problème, il est toujours possible de recomencer la course, ce qui autorise à prendre des risques...
(Acclaim - en anglais - deux joueurs - à partir de dix ans)

Article paru dans "Le Ligueur" en 2001.