Comme l’ordinateur, la Playstation est capable de simuler le réel. Pour le meilleur et pour le pire.

Le meilleur ? "Harvest Moon : back to Nature". L’une de ces saines parties de massacre entre amis, de ces poétiques combats au corps-à-corps que sont souvent les jeux vidéo ? Non, ici, il s’agit simplement de faire fructifier une ferme. Le joueur hérite, au début du jeu, d’une exploitation agricole léguée par son grand-père : les terres, les bâtiments, quelques outils, et une petite somme pour démarrer. Il achète quelques graines, travaille la terre, arrose, soigne ses plantes, arrache les mauvaises herbes, coupe le bois, etc.

Chaque soir, quelqu’un lui achète sa récolte du jour. De l’argent vite parti : il faut acheter des poussins, payer des ouvriers pour agrandir le poulailler ou pour rénover la maison (c’est qu’il faudra bien se marier un jour !), etc. C’est donc toute la vie d’un fermier américain moyen que l’on va simuler, au rythme lent des saisons. Ce jeu, magnifique, une sorte d’anti-Zelda dédié non plus à la mort mais à la gestion de la vie, n’a qu’un seul défaut : il est exclusivement en anglais. (Ubi Soft - un joueur - en anglais - A partir de huit ans)

Dave Mirra Freestyle BMX
Les simulations sont le beau côté des jeux vidéo. Et le domaine sportif, par sa complexité, est l’un de ses lieux de prédilection. Ce titre est le premier à s’attaquer à l’un des plus formidables moyens de locomotion créés par l’homme : le vélo. Un BMX , qu’il va falloir maîtriser afin de pouvoir faire ses preuves sur douze circuits très différents. Il faut à la fois multiplier les figures de style et accomplir un "challenge" (par exemple, cogner en un laps de temps donné les boîtes de dérivation électrique d’un circuit). L’animation est remarquable et les mouvements très naturels.

Mais vu les accidents (nombreux), c’est le type de sport qu’il vaut mieux pratiquer en salon, sur console, que dans la réalité : voir le cycliste projeté contre les parois du tunnel par un train au-dessus duquel il a essayé de sauter, est particulièrement dissuasif. On regrette que les instructions soient données uniquement en anglais. (Acclaim - en anglais - deux joueurs - à partir de dix ans)

Rally Masters - "Rac of champions"
C’est dans les courses automobiles que sont nées les premières simulations sportives. Cette fois, il s’agit d’un rallye sur route encaissée en compagnie des plus grands champions du genre. Le joueur peut participer à la course des champions, piloter en solo (championnat, rallye simple, contre la montre) ou affronter un autre joueur.

Les options sont nombreuses : vingt voitures, quarante circuits, plusieurs coupes. Tous les paysages ont été modélisés d’après photo, ce qui contribue au réalisme. Comme dans un rallye normal, un co-pilote indique durant toute la course tous les points du trajet relevés précédemment : les tournants, les obstacles, les accidents de la route, etc. Le joueur est donc mis dans les conditions réelles d’un rallye sur route normale. Et il se rend vite compte que ce type de conduite n’est vraiment pas à la portée de tous ! (Infogrames - deux joueurs - en français - à partir de huit ans)

Virtual Kasparov
On applaudit le courage de l’éditeur d’avoir adapté sur console un simulateur de jeu d’échecs, un genre dont les amateurs ne se comptent pas par dizaines de milliers. La rentabilité d’un tel titre est donc aléatoire. Pourtant, la console est ici une bonne alternative aux ordinateurs.
Le jeu offre plusieurs vues possibles de l’échiquier, depuis la classique 2D, dans sa classique efficacité, jusqu’à des versions totalement farfelues et pas toujours très lisibles. Quatre niveaux de réflexion sont offerts, dont un niveau "personnalités" qui simule de grands joueurs internationaux.

Un espace documentaire consacré à Kasparov et un didacticiel ont été ajoutés sans réel apport interactif ou multimedia : ce sont des pages de textes à peine illustrées, ce qui est particulièrement rébarbatif sur un écran de télévision. Par contre, le mode "débutant" est bien utile : pour chaque pièce, ses possibilités de mouvements sont mises en évidence graphiquement. (Sony - un ou deux joueurs - à partir de dix ans)

Final Fantasy IX
Mais les consoles sont, avant tout, des supports aux jeux d’action. Parmi ceux-ci, la saga "Final Fantasy" constitue "la" référence en matière de jeu de rôle. Il s’agit, chaque fois, d’accomplir une quête en explorant un univers immense, en parlant aux gens que l’on rencontre, en luttant contre d’innombrables ennemis, et en résolvant des énigmes assez tordues. Cet épisode ne change rien, fondamentalement, au genre. Mais il se distingue d’autres jeux par ses qualités graphiques exceptionnelles.

C’est une réussite totale, depuis l’introduction, magnifique de poésie, jusqu’à l’animation des personnages, les décors (superbes), les effets spéciaux, etc. Le scénario est dense, particulièrement riche en rebondissements, et les combats, classiques, très - trop - fréquents. Ce n’est pas pour rien que cette série fait l’objet d’un véritable culte chez les amateurs de jeux vidéo. (Squaresoft - un joueur - en français - à partir de dix ans)

Medievil 2
Un concurrent pour "Final Fantasy", dont le héros est une sorte de sympathique zombi momifié, trouvé par des archéologues, et exposé au musée. Une éternité qu’il croyait peinarde mais qui s’interrompt lorsqu’un candidat au poste de maître du monde parvient à ressusciter touts les morts, les bons (le héros) comme les mauvais.

Le voilà sorti de force de sa catalepsie et obligé à éliminer tous les horribles zombis néfastes revenus, comme lui, du monde des ténèbres, mais pas vraiment pour le bien de l’humanité. Les décors en 3D, représentant le Londres du XIXe siècle, ont beaucoup de charme, et l’ambiance fantastique, effrayante, très bien scénarisée, ajoute une dimension angoissante au jeu. (Sony - A partir de dix ans - un joueur - en français)

La légende du dragon
Encore un beau jeu d’aventures. L’animation du début est un film en images de synthèse très détaillées. Un début prometteur qui annonce bien la suite : l’aventure mèle les séquences préprogrammées qui font avancer l’action sans intervention du joueur, et les jeux interactifs. Intégralement en français, il se déroule dans un climat de guerre, au milieu de villages médiévaux dévastés par des mercenaires et des chevaliers en armures.

La réalisation, très cinématographique, plonge le joueur dans un véritable film interactif où de nombreux éléments de décors s’animent. Une brillante réussite, qui tire le maximum des possibilités de la Playstation, utilisée ici au sommet de ses possiblités. Il a fallu quatre CD pour en stocker toutes les richesses. (Sony - en français - à partir de douze ans).

Les Visiteurs - La relique de Sainte Rolande
Inspiré du célèbre film, ce jeu se déroule dans deux périodes, le Moyen-Age (l’an de grâce 1123) et le XXe siècle. Dans la première époque, il se résume à un jeu d’aventure-action classique, où il faut avancer dans un donjon en ferraillant avec tout ce qui bouge. A notre époque, il faudra accomplir diverses épreuves, comme... préparer des hamburgers ou jouer au bowling.

Les voix originales du film rajoutent du piment à ce jeu plein d’humour, où la sorcellerie se retourne sans cesse contre le joueur, par exemple en transformant son épée en… simple fourchette ou en parapluie. Ce qui, face à un monstre de deux cents kilos, n’est pas ce qu’il y a de plus efficace ! (Ubi Soft - un joueur - en français - à partir de dix ans)

Army Men : Lock’n’Load
Mais les jeux vidéo simulent également la guerre moderne, dans toute sa froideur, débarrassée des aspects fantastiques qui pourraient en adoucir les horreurs. Ce jeu est la troisième édition d’une simulation de combats de guerre par de petits soldats en plastique. Après les conflits en pleine campagne, les combats héliportés, voici la guerre civile. On combat dans les villes, en se cachant derrière les obstacles naturels ou les sacs de béton empilés, et en tentant d’échapper aux "snipers".

Les ennemis sont proches, et le moindre réverbère peut cacher un soldat prêt à nous tuer. D’autres missions obligeront ensuite les soldats à s’affronter dans des grottes souterraines, sous les mers, etc. Comme pour les épisodes précédents, le réalisme des situations est tel que l’on sort du côté purement ludique pour approcher la réalité de la guerre, et que l’on peut prendre conscience que c’est tout, sauf un simple jeu. (3DO - deux joueurs - A partir de douze ans)

Tom Cloncy’s Rainbow Six Rogue Spear
La lutte contre le terrorisme est, bien entendu, au centre de quelques jeux vidéo. "Rainbow" est le nom d’une unité spéciale qui a été créée par les Nations Unies pour agir rapidement, partout dans le monde, contre les nids de terroristes. Elle va devoir accomplir diverses missions, comme sauver des otages et les escorter vers un point sauf, ou "nettoyer" un bâtiment public de tous ses terroristes, avec le minimum de pertes humaines.

Ce jeu d’action pur et dur, en vision subjective, est de type "on tire d’abord, on réfléchit ensuite". Une option permet d’affronter un autre joueur, dans un labyrinthe à choisir parmi divers environnements, comme une prison, des docks, etc. Trois niveaux de difficulté permettent une prise en mains rapide, et une plus grande durée de vie. (Ubi Soft - deux joueurs - en français - A partir de douze ans)

Team Buddies
Enfin, pour respirer un peu d’air frais et se défouler avec plus de légèreté, un jeu d’action très original où le joueur doit ramasser des caisses et les empiler afin de gagner des options supplémentaires, tout en empêchant les "ennemis" de s’en emparer. Les caisses tombent du ciel, les ennemis attaquent de partout, et il faut malgré tout garder son calme pour gérer un stress qui naît de toutes parts.

Cet anti-Tetris mêlé d’action, avec des "soldats" qui ressemblent à des gélules de vitamines très colorées, est un super-jeu de défoulement, où les réflexes sont mis à rude épreuve. Le jeu à plusieurs est particulièrement jubilatoire.(Psygnosis - jusqu’à quatre joueurs - en français - à partir de huit ans)

Article paru dans "Le Ligueur" en 2001.