Le jeu vidéo en réseau, qui permet de se connecter avec d’autres joueurs où qu’ils se trouvent dans le monde, est l’apanage de possesseurs privilégiés de PC bien équipés. Cela risque de changer grâce à la Playstation 2, qui s’ouvre à ce type de jeux...

Avec 350.000 utilisateurs en Belgique, la Playstation 2 est la console de nouvelle génération la plus répandue dans les foyers. A ce jour, elle ne pouvait être utilisée que localement.

Avec la démocratisation des connexions à haut débit, les jeux via Internet connaissent, chez les adolescents et les jeunes adultes, un succès croissant.
Sony a donc tenté de surfer sur cette vague en proposant une adaptation de sa console permettant également de jouer en réseau. Sans devoir monopoliser l’ordinateur familial pour cela.

Et, en principe, sans se ruiner : le prix d’un adaptateur réseau (35 €) suffira. Il sera possible de jouer sans devoir payer d’abonnement, contrairement à la solution proposée par sa concurrente, la X-Box de Microsoft. L’achat du jeu vous offrira immédiatement l’accès au serveur permettant de jouer en réseau.

Un concept de jeu coûteux

Mais le coût réel dépasse largement celui de l’achat du jeu et d’un adaptateur. Il est exclu de se lancer dans ce genre d’aventure si l’on ne dispose pas d’une connexion Internet ADSL ou par câble. D’un côté parce que le jeu en réseau permet de communiquer par la voix avec d’autres joueurs, et exige donc de faire transiter des quantités importantes de données. De l’autre, parce que les joueurs passent des heures sur le réseau, et que dans une connexion classique, chaque minute est facturée et vient augmenter le coût du jeu.

La solution proposée par Sony est donc raisonnable si vous disposez d’un tel accès. Vous payez l’adaptateur, le jeu que vous souhaitez utiliser, et il n’y a plus de frais complémentaires.

En tout cas, ce sera vrai pour les jeux développés par Sony. Les éditeurs qui souhaiteraient profiter de l’aubaine pourront suivre la firme japonaise dans sa philosophie... ou ne pas la suivre et, en plus du jeu, exiger un abonnement.

KOMENSAMARCHE ?

Une fois qu’il a acheté le jeu, le joueur se choisit un nom sur le réseau (un "avatar"). Ce nom est communiqué à un serveur entièrement dédié à ce jeu. C’est lui qui le met en contact avec d’autres joueurs et c’est par lui que transitent les différentes instructions de jeu. Son rôle est essentiel, il doit être extrêmement performant pour que le joueur ait réellement l’impression d’interagir en temps réel. Que certains éditeurs soient tentés de faire payer ce service est envisageable. Au consommateur d’exiger des jeux qui n’impliquent pas de frais supplémentaires.

Pas encore clair

A ce stade, il reste encore plusieurs interrogations liées à l’utilisation conjointe d’un ordinateur. Si vous possédez déjà un ordinateur relié à Internet, vous souhaiterez certainement continuer à surfer pendant qu’un autre membre de la famille est en train de jouer sur le réseau avec sa console. Vous devrez donc acquérir une carte modem multi-PC (le prix annoncé est de 100 €) et vous débrouiller avec son installation, qui ne sera pas forcément à la portée de tous.

Il faudra aussi que votre fournisseur d’accès autorise plusieurs machines sur une seule connexion. Pour le moment, Sony a signé un accord avec Belgacom et Telenet (en Flandres) mais, au moment où nous écrivons ces lignes, le prix du "Game Pack" ADSL qui permettra aux joueurs d’utiliser les jeux dans de bonnes conditions n’est pas encore fixé.

Comme d’habitude, donc, il est inutile de se précipiter vers ces nouvelles technologies. Jusqu’à l’automne, ces jeux seront encore à l’état de test. Et, comme de coutume, ce sont les "hard core gamers", les passionnés prêts à tout pour être les premiers à expérimenter les nouveautés, qui payeront les pots cassés. Le premier jeu à bénéficier de cette option sera un jeu guerrier : "Socom : US Navy Seals". On attend avec impatience de premiers jeux moins primaires.