Dans le domaine culturel, le CD-ROM n’a vraiment pu montrer sa supériorité par rapport au papier que par les encyclopédies. L’Encyclopédie Hachette Multimedia s’offre son lifting annuel.

"3 200 thèmes, 50 000 articles encyclopédiques, 65 000 définitions complètes, 17 000 médias, 3 500 sites internet sélectionnés, 1 million de liens, quiz de 2 000 questions, index alphabétique de 132 000 documents, 141 aide-mémoire"... Le long inventaire qui accompagne traditionnellement toute encyclopédie est impressionnant lorsqu’on se rappelle que tout cela figure sur deux simples CD-ROM.

C’est contenu ne se limite d’ailleurs pas à cela. L’encyclopédie est complétée d’un atlas géographique mondial (2 000 médias + 30 000 faits et chiffres en 193 fiches-pays), d’une chronologie de 1 200 événements et de deux dictionnaires : le Dictionnaire Hachette de la langue française (65.000 définitions, plus de 5.000 tableaux de conjugaison, 120.000 synonymes, 25.000 noms propres) et le Dictionnaire Hachette-Oxford bilingue anglais-français (350.000 mots et expressions, 530.000 traductions). Ouf !

Trois versions

L’encyclopédie existe cette année en trois déclinaisons différentes. La version "standard" (± 50 € pour 2 CD-ROM Mac/PC) ne comprend pas les dictionnaires. La version "intégrale" (± 80 € pour 3 CD-ROM MAC/PC ou 1 DVD MAC/PC) offre la totalité du contenu. A vous de déterminer si le contenu supplémentaire vaut l’importante différence de prix. Enfin, une version de luxe (100 € pour 1 DVD PC, dommage pour les possesseurs de Macintosh) propose en outre un logiciel présenté comme une "innovante technologie 3D" grâce à laquelle "vous effectuez un voyage virtuel en 3D autour de la terre" en découvrant "le relief et l’environnement de plus de 40.000 lieux".

Un supplément qui tient plus du gadget que de l’application réellement utile. Extrêmement lent, cet outil affiche des vues très pixellisées de notre planète, avec la possibilité de la voir en altitude avec une luminosité dépendant de la position du soleil. Les noms des principaux lieux sont affichés en surimpression, les uns sur les autres, transformant les zones importantes en bouillie visuelle. Très gourmande en ressources, cette application qui est le principal attrait de la version "luxe" se révèle peu intuitive et très agaçante à l’utilisation, même sur une machine nettement plus puissante que la configuration de base annoncée sur la jaquette.

Une encyclopédie plus intuitive

Heureusement, la partie encyclopédique est nettement plus conviviale. Passons rapidement sur l’austérité très "windowsienne" des deux dictionnaires vendus en extension : ils sont là pour être pratiques, pas pour faire joli. Ils sont d’accès rapides, simples et ergonomiques, que leur demander de plus ? Le dictionnaire de la langue française fournit des synonymes et des tables de conjugaison, et le dictionnaire français-anglais intègre les verbes irréguliers et distingue l’anglais de l’américain. Deux réalisations impeccables.

A l’opposé, l’encyclopédie a été très travaillée graphiquement et se présente dans une élégante interface à la navigation sophistiquée, qui multiplie les ouvertures de fenêtres au fil des clics. Cela a des conséquences. La navigation y est ralentie et les ordinateurs plus anciens auront bien du mal à en consulter le contenu dans de bonnes conditions.

La navigation dans cette très riche référence est irréprochable. L’accès à tout article offre des liens vers des thèmes associés, et l’utilisateur peut y ajouter des notes personnelles. Chaque texte ou extrait peut être imprimé ou copié pour être ensuite collé dans une autre application. Et tout mot est cliquable, favorisant ainsi l’exploration de mot en mot. Il est également possible de créer un dossier avec les documents que l’on veut retrouver rapidement.

Tout cela a un coût en termes d’espace mémoire. Pour installer le dictionnaire de la langue française, il vous faudra 98 Mo sur votre disque dur. Le dictionnaire anglais-français, 35 Mo. Et 300 Mo de plus pour l’encyclopédie ! Il est heureux que le prix des disques durs se soit écroulé, car les logiciels deviennent de plus en plus obèses, et celui-ci ne fait pas exception.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.