C’est l’histoire d’un enfant qui atterrit dans une ville dans l’espoir de retrouver son nom volé par une sorcière. Et qui découvre que les enfants ont plus de droits qu’il le pensait.

Ce CD-ROM [1] a été réalisé avec la collaboration de ATD Quart Monde, une association qui lutte depuis des années contre la grande pauvreté et l’exclusion sociale.
Ce projet est né en 1999, à l’occasion du dixième anniversaire de la convention des Droits de l’enfant. A l’époque, 80 enfants venus du monde entier s’étaient réunis à Marseille, pour lancer un appel aux adultes « afin de les aider à créer un monde plus juste où chacun aurait sa place ». ATD Quart Monde a eu l’idée d’adapter les messages, chansons et jeux inventés par les enfants en CD-ROM.

Prévenons tout de suite les amateurs d’effets spéciaux et d’images de synthèse, ils seront déçus. Les décors inspirés des rues de Marseille sont passables, mais les animations sont minimalistes. Les sons ont visiblement été enregistrés par des amateurs. Mais cela donne un aspect sympathique à l’ensemble.

L’histoire se déroule en six tableaux et six jeux. Les enfants peuvent écouter seulement l’histoire sans jouer, ou participer à l’histoire en jouant, ou jouer indépendamment du récit, ou encore écouter la jolie chanson du générique, chantée par des enfants, en version karaoke.

Le jeune garçon qui est le héros de cette histoire se retrouve donc à Marseille après s’être échappé de la maison de la sorcière Misère, qui le retenait prisonnier. Il va tenter d’obtenir de l’aide de personnes qu’il rencontre afin de retrouver le nom qu’elle lui a volé. Il va ainsi se trouver face à différents types d’exclus, dans une caravane, un quartier « sensible », une cité de banlieue, etc.
Pour se faire aider, il doit remettre à ses interlocuteurs six pierres : pierre de courage, pierre d’action, pierre de partage, pierre d’amitié, pierre de mémoire ou pierre de confiance. Elles se gagnent en participant aux jeux.

A la fin de chaque tableau, il reçoit un objet auquel est associé une phrase importante. Par exemple : « Quand on prend le temps de se connaître, même quand on est très différents, on peut être amis et avoir plus de force ». Ou le fameux « l’essentiel est invisible pour les yeux » du Petit Prince. Ces phrases d’amitié, de tolérance, il va les utiliser en fin de jeu dans un combat verbal contre la sorcière.

Les jeux, au nombre de six, sont simples mais originaux, à part le traditionnel « Memory » qu’on a décidément trop vu dans les CD-ROM. Dans le jeu des Pays, très difficile, il faut retrouver, pour un pays donné, sa forme géographique, son drapeau, sa capitale, une photo représentative et la manière dont on y dit bonjour. Dans le jeu des droits de l’enfant, on récupère les morceaux de la convention des droits de l’enfant en circulant sur des déclencheurs tout en évitant des méchants qui rôdent. Dans le jeu de l’école, il faut rassembler des cartes qui énoncent certains éléments extérieurs qui, souvent liés à la pauvreté, peuvent empêcher un enfant d’aller à l’école et participent grandement à l’exclusion.

Comme l’enfant a besoin des six pierres par tableau, il devra donc rejouer six fois à chacun des jeux, ce qui peut apparaître comme répétitif.

Ce titre est donc plutôt à utiliser dans un but pédagogique. Il contient d’ailleurs un dossier comprenant de nombreux documents : l’appel des enfants, la convention des droits de l’enfant, l’historique des droits de l’homme et de l’enfant, des pistes pédagogiques à destination des enseignants, une liste de sites Internet pour obtenir des informations complémentaires sur le thème des droits de l’enfant, etc. Une excellente initiative qui vient utilement compléter une réalisation perfectible mais sympathique.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.