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::: La Cage aux Folles :::

  

Le sujet était « touchy » : traiter de l’homosexualité et du travestisme, dans les années 70, c’était aborder deux thèmes encore tabous. Le faire par le biais de l’humour, c’était risquer de tomber dans la caricature de mauvais goût. Jean Poiret n’est pas tombé dans le piège et sa pièce de théâtre fait désormais partie des classiques du vaudeville.

Mais c’est surtout grâce à son adaptation au cinéma par Edouard Molinaro en 1979 que ce texte allait connaître la gloire. En Europe comme aux Etats-Unis, il allait devenir l’un des plus grands succès du cinéma français, grâce au jeu hilarant de Michel Serrault dans le rôle de la « Folle » capricieuse, vedette d’un show travesti, et à celui de Jean Poiret, impeccable dans celui de son amant.

De leur appartement truffé d’images et de statues coquines, ils gèrent la boîte de nuit mitoyenne, « La cage aux Folles ». Pour que le fils de Georges (qu’il a eu, par accident, lors d’une nuit trop arrosée avec une femme - bêrk !) puisse épouser une fille de bonne famille (chrétienne et active dans un parti politique luttant pour la moralisation de la société !) qu’il a invité chez eux, ils vont devoir, le temps d’une soirée, gommer tous les détails sexys de leur appartement et couper le lien avec la « Cage aux Folles ». Mais aussi faire semblant de vivre comme des gens normaux.

Ce qui n’a rien d’évident pour deux hommes ayant assumé depuis longtemps toutes leurs facettes féminines et qui se comportent dans la vie comme dans la cage aux folles. Se viriliser n’est donc pas une sinécure.

Etre patron de boîte de travestis non plus. Car les vedettes ont leurs caprices. Et le tranquille repas destiné à rassurer les beaux-parents potentiels tourne vite à la catastrophe, les acteurs de la « Cage aux Folles » dynamitant complètement la petite soirée tranquille de couple honorable qu’ils avaient préparée.
L’histoire est connue et le film, mille fois diffusé. Au point que certains ont sans doute oublié - ou n’ont jamais su - qu’il était né au théâtre. On pouvait donc croire suicidaire l’idée de la rejouer, les personnages étant tellement marqués par les personnalités de Michel Serrault et Jean Poiret. La meilleure manière de réussir cette adaptation (car les textes ont été légèrement revus et certains détails adaptés à notre belgitude) était de choisir, comme acteurs principaux, des personnalités aussi fortes. D’où le choix de Daniel Hanssens et Pascal Racan, duo de vieux complices habitués à jouer ensemble, et qui ont déjà fait merveille dans une autre pièce hilarante, « Le dîner de cons ». Daniel Hanssens est à mourir de rire dans le rôle d’Albin, efféminé à l’excès, et Pascal Racan joue finement celui de Georges, « l’homme » du couple, viril mais tout juste, toujours à la lisière qui sépare masculinité et féminité, multipliant gestes et attitudes ambiguës.

Une belle brochette d’acteurs pour une pièce d’une irrésistible drôlerie, rythmée, rebondissant sans cesse, truffée de gags et de trouvailles (ah ! la scène de la biscotte qu’Albin doit apprendre à tartiner « virilement » et qui lui explose dans les doigts ! On a beau l’avoir vue des dizaines de fois, elle continue à faire son effet...) et qui ne tombe jamais dans la trivialité, bien au contraire.
On regrette simplement le choix de la salle : l’acoustique du Centre Culturel d’Uccle est déplorable et certaines répliques ne passent pas le cap des premiers rangs. D’autant plus que les raisons de s’esclaffer sont nombreuses, et que plusieursmoments, couverts par les éclats de rire de la salle, sont inaudibles pour les spectateurs placés plus loin. Obligation, donc, de réserver une place dans les huit premiers rangs si vous n’avez pas l’ouïe d’un renard.

Du 14 décembre 2004 au 9 janvier 2005

Au Centre Culturel d’Uccle

47 rue Rouge à 1180 Bruxelles

infos et réservations : 070 /22.88.88

(par Patrick Pinchart)


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