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::: La fête de l’Internet : pour les initiés ? :::

  

Depuis deux ans, la fête de l’Internet permet aux Français de montrer leur dynamisme et leur créativité grâce au réseau. La Belgique fera de même en 2001.

Internet stagne en Belgique. Selon une étude d’Insites, si fin 2000, 44% des Belges avaient désormais la possibilité de surfer sur le réseau, ce chiffre était exactement le même six mois plus tôt, alors que les possibilités d’accès gratuit se sont démultiplées depuis un an. Plus inquiétant : selon la même étude, 30% des Belges ayant accès à Internet n’en font jamais usage. Un pourcentage qui ramène les professionnels du réseau à la dure réalité : contrairement à leurs habitudes de spécialistes, se connecter à Internet n’est ni aisé, ni immédiat, ni à la portée de tous. Il nécessite un matériel coûteux, donc un minimum d’aisance financière, et du temps, beaucoup de temps. Plus, avant tout, une sérieuse motivation pour démarrer.

Pour redonner un coup de fouet à la motivation générale et permettre aux non-convaincus de rentrer dans le cercle des initiés, les autorités belges relayeront des festivités qui connaissent un certain succès hors de nos frontières : la fête de l’Internet (les 2, 3 et 4 mars 2001). Elles espèrent ainsi convaincre ceux qui n’ont pas encore saisi l’intérêt de se connecter au réseau.

Ouverte à (presque) tous

Ce qui donne sa dimension à une fête de l’Internet, c’est la multitude de petites initiatives prises par des particuliers, de petits groupes, des classes ou des écoles, des associations, des centres culturels, des entreprises qui, toutes mises ensemble, donnent l’impression d’une ruche, où chacun apporte sa petite part de créativité pour enrichir et faire vivre l’ensemble. Elle est ouverte à tous ceux qui ont les moyens de se connecter. Et tout est possible, tant que l’on reste dans la légalité. Un site qui s’auto-détruira à la fin des 72 heures. Un "chat" (discussion en direct) avec des personnalités ou de parfaits inconnus. Une journée portes ouvertes dans une entreprise de hautes technologies ou un studio naissant de développeurs. Une expo de dessins sur le thème de la virtualité. Etc. Le mot d’ordre est "liberté". L’imagination est totalement au pouvoir.

Pour que ces multiples projets puissent être coordonnés, un site recensera toutes les initiatives. Ce lieu officiel sera le point central de la fête. On peut déjà y trouver des suggestions d’activités. Pour obtenir le label "Fête de l’Internet", il suffira d’y inscrire son activité et de s’engager à respecter la Charte qui y figure [1].

Revenons sur Terre

Mais la fête ne sera pas seulement virtuelle. Trois lieux, en Belgique, accueilleront des activités bien terrestres : le très beau Cyberthéâtre de Bruxelles, SOLICI ("Solidarité et Citoyenneté") à Flobecq et Technofutur 3, à l’aéropole de Gosselies. Parmi les organisateurs, on trouve le Centre pour l’Egalité des Chances et de la Lutte contre le Racisme, le Service d’Information sur les Etudes et les Professions, Ener J (centre de jeunes de Charleroi), Reform (organisation de jeunesse, à la base du projet "Artistes des villes et des campagnes" à Bruxelles et en Wallonie, la carte S, la RTBF et la Ligue des Familles/Le Ligueur. Ils rappelleront leurs préoccupations, bien terrestres elles aussi.

Car si cette manifestation permet déjà à certaines personnalités de se mettre en valeur en s’associant à son lancement (le dossier de presse regorge de discours de sommités politiques), il reste à voir si ces mêmes responsables trouveront les moyens de permettre à la moitié des Belges qui est encore exclue des nouvelles technologies d’y avoir accès. Car il ne faut pas que la fête serve de cache-misère : les nouvelles technologies sont un facteur d’inégalité sociale de plus et certains d’entre nous n’y auront jamais accès. Les "info-pauvres" sont déjà une réalité. La fête ne sera pas pour eux.

NOKIA, le mépris

Il y a peu, nous avions relayé l’information relative à un grand jeu lancé par Nokia, qui devait mêler Internet, e-mail et d’autres sources d’information. Notre confrère Adrien Poskin, de Télémoustique, y a participé. Et en est sorti abasourdi et scandalisé par le niveau catastrophique des textes en français. Quelques perles : "Les utilisateurs d’un téléphone mobile ne peuvent pas s’en divorcer", "Comme sponsor principale du circuit concours ISF Nokia participe activement à beaucoup d’événements dans cette sport vite croissante", "Regarde les joueurs de l’année passée sûr vidéo !" et, parmi bien d’autres, l’estocade finale : "Jouissez Nokia Game !". Une traduction visiblement réalisée par une personne ne pratiquant la langue française que de loin, et qui témoigne du profond mépris que témoigne Nokia à l’égard des francophones.

Ce n’est pas un exemple isolé. De nombreuses firmes internationales d’édition vidéo, de jeux vidéo, d’ordinateurs, de services Internet ont décidé, pour s’adresser au marché belge, d’engager des équipes néerlandophones dont certaines ne parlent même pas le français. En quelques années, la plupart des attachés de presse francophones avec qui nous étions en contact ont été éjectés et remplacés par des néerlandophones qui, bien souvent, ne comprennent que quelques mots de français.

Le comble est Infogrames, société française, qui a délocalisé ses bureaux bruxellois... aux Pays-Bas, avec un personnel 100% néerlandais ! Mais chacun peut s’apercevoir des dégâts de cette politique. Par exemple, il est courant de trouver, au dos des cassettes vidéo, des résumés en "français" (sic) du niveau des textes ci-dessus. De l’extérieur de nos frontières, la Belgique est donc perçue comme un pays néerlandophone et, si nous n’y prenons pas garde, nous n’aurons bientôt plus le choix qu’entre des textes anglais et d’autres en néerlandais.

C’est déjà le cas dans la publicité où, de plus en plus souvent, les slogans sont en anglais ("Yes you can, Canon", "Doubeliou, doubeliou, doubeliou, dot, mèni, dot béheu", ou d’autres que vous avez certainement dans l’oreille si vous écoutez la radio, qui les matraque jusqu’à la saturation), tant pis pour ceux qui ne maîtrisent pas parfaitement cette langue. Et Internet ne va rien faire pour améliorer la part du français dans la communication générale. Le mépris de Nokia à l’égard des francophones n’est qu’une manifestation de plus de ce phénomène pervers de mondialisation linguistique. Mais rien n’oblige les consommateurs appréciant la langue de Voltaire de favoriser une firme ayant si peu de respect pour eux.

Comme l’écrit Adrien Poskin dans sa conclusion, Nokia ne dispose pas du monopole dans le domaine de la téléphonie mobile.

Lectures

"Internet pour tout le monde ?"
Numéro spécial de la revue "Expace de Libertés". Diverses réflexions sur l’impact d’Internet dans la communication, la société, l’économie, l’éducation et la criminalité.
Infos : 02/627.68.68 ou espace@cal.ulb.ac.be

"Guide à destination des utilisateurs d’Internet"
Un inestimable ensemble de conseils pratiques pour se protéger sur le réseau. Ses droits de consommateur, comment faire respecter sa vie privée, ses droits et devoirs d’Internaute, ce qu’il faut savoir lorsqu’on conçoit un site, etc. Indispensable !

A demander au Ministère des Affaires économiques, rue de l’Industrie, 6, 1000 Bruxelles ou à télécharger sur Internet

Article paru dans "Le Ligueur" en 2000.


[1Vous avez des idées ? Connectez-vous sur le site http://www.fete-internet.be.tf ou envoyez-les à fete-internet@be.tf, ou encore, contactez le PAC au 02/512.02.74.

(par Patrick Pinchart)


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