Maki est un berger manchot au pays de l’Inca. Rejeté pour son handicap, maltraitépar tous. Une nuit, il rêve que le soleil ne se lèvera plus. Une prédiction qui finit par se réaliser. Le soleil disparaît et ne revient plus. Ce qui ne va pas arranger la situation de Maki !

Car s’il avait, lui, eu cette vision, aucun des prêtres ni des devins, pourtant payés et respectés pour cela, n’avaient prévu ce qui, pour des adorateurs du soleil, constitue l’horreur la plus absolue, la disparition de leur Dieu. Et ceux-ci comptent bien faire oublier ce détail en stigmatisant Maki. S’il a prévu cette catastrophe, c’est qu’il est complice des forces obscures. Il faut le mettre à mort !

Pour sauver sa peau, Maki tente de se faire passer pour la réincarnation d’un esprit. Mais ne fait que s’enfoncer encore plus dans les ennuis... S’il parvient à s’enfuir, c’est pour se retrouver dans le mausolée des anciens, dont les momies lui imposent la mission d’aller parler à l’Inca pour éviter que des milliers de gens soient sacrifiés dans le but de faire revenir le Soleil.

Parler à l’Inca ? S’approcher du fils du soleil ? Mission impossible pour un simple berger. Surtout que si l’on découvre qu’il a menti en se faisant passer pour un devin, il sera écorché, démembré, enterré vivant, et tous les membres de son clan seront décapités. Chaleureuse perspective... Mais ce qu’il va découvrir au bout de sa quête sera plus terrible encore !

Vehlmann nous livre un récit étrange et envoûtant, au rythme allant en crescendo jusqu’à un final aussi inattendu que sublime. Mêlant émotion et humour, avec des dialogues au vitriol particulièrement réussis, il plonge ses personnages dans un univers cruel, face à des personnalités fourbes et manipulatrices qui n’hésitent pas à massacrer pour installer leur pouvoir. La mise en page de Duchazeau, dynamique et inventive, ses plans efficaces, son dessin sobre et expressif, sont brillamment mis en valeur par les très belles couleurs de Walter. Une réussite à tous les niveaux !