Le petit espace Hergé du Centre Belge de la Bande Dessinée à Bruxelles, présent depuis la naissance du site et permanent depuis, commençait à présenter les signes de l’usure du temps. Il a été rasé. Mais pour la bonne cause : un espace Hergé flambant neuf le remplace depuis le 18 mai 2004. Première étape d’un important programme de restauration des espaces permanents du CBBD.

Guy Dessiscy, initiateur du CBBD, est content. D’abord parce que Hergé, dont il fut le collaborateur, est sa passion au point qu’il avait projeté, au début des années 80, d’ouvrir un musée Hergé dans une superbe maison classée, la Maison Cauchie. Ensuite, parce que la réalisation du nouvel espace Hergé s’est fait en parfaite harmonie avec la société Moulinsart, qui n’a pas la réputation d’être facile.

L’espace Hergé sous la belle coupole dessinée par Horta

C’est la château de Moulinsart qui sert de façade à cet espace [1]. A l’intérieur, une petite dizaine de tableaux, fort joliment réalisés, expliquent sommairement certains aspects de l’oeuvre, par exemple :
- "Tintin n’est personne" : la neutralité du visage de Tintin fait de lui le réceptacle idéal des émotions ressenties et projetées par le lecteur ;
- "Tintin est tout le monde" : selon les circonstances, Tintin peut être jeune ou vieux, Nordique ou Méditerranéen, Africain ou Asiatique, il est un personnage universel.
- "Milou ce héros" : sous ses dehors de faire-valoir comique, Milou est un véritable héros. C’est presque toujours lui qui sauve la situation.
- "Haddock aux mille visages" : alors que Tintin n’exprime que fort peu d’émotions, le Capitaine Haddock est un bouillement constant d’émotions. Il est le complément idéal à Tintin.
etc.

Chaque tableau est abondamment illustré d’extraits de vignettes.

Les Dupondt pistent... Nick Rodwell

Outre ces tableaux didactiques, on trouve dans cet espace deux vitrines, l’une consacrée aux livres qui ont inspiré Hergé, dont le mythique "Moscou sans voiles" (quelques explications ne seraient pas superflues pour les non-tintinologues), l’autre à des objets tels le sceptre d’Ottokar ou d’adorables maquettes restituant en 3D certaines cases mémorables, comme l’atelier de fabrication des fétiches arubayas. Une troisième vitrine met en vedette les chapeaux melons des Dupondt, tels qu’ils furent abîmés dans certaines aventures (avec, par exemple, une tache de guano).

Divers écrans proposent des montages audiovisuels à propos des inventions de Tournesol, des travaux publicitaires d’Hergé, ou montrant d’un côté les documents dont s’est inspiré Hergé et les images qu’il a réalisées.

Enfin, les enfants pourront se faire photographier dans le célèbre tableau du chevalier de Haddoque.

L’exposition se termine sur un très beau clin d’oeil. Une superbe photo d’Hergé, un sourire immense aux lèvres, posant au Vieux Marché avec une canne et un chapeau melon à la Dupondt. Un Hergé en pleine forme, dont cet espace remplit bien son rôle : donner l’envie de se précipiter vers sa bibliothèque pour relire cette oeuvre inusable.

Guy Dessiscy devant la photo d’Hergé au marché aux puces

Photos © Daniel Fouss publiées avec l’aimable autorisation du CBBD.