Les dessins animés ont systématisé l’anthropomorphisme. Pour séduire les enfants, d’innombrables héros ont pris l’apparence d’animaux.

Walt Disney en est la plus évidente démonstration. Ses personnages humains se révélant le plus souvent décevant, il doit ses plus brillantes réussites à des bestioles de tous genres. Parmi celles-ci, le sympathique Dingo, un Gaston Lagaffe d’avant Franquin qui a fait les délices des cinéphiles des années quarante et cinquante en transformant en catastrophe permanente la vie de ses illustres compagnons Donald et Mickey.

Dans la grande vague de modernisation des Studios Disney, il a été relifté façon “nineties” dans “Dingo et Max”. Toujours aussi Américain moyen, il gagne sa vie petitement, comme photographe pour bébés dans une grande surface. A la grande honte de son fils Max, ado typé techno-baskets-walkman-pizza, qui adopterait avec un vif plaisir un paternel plus glorieux. Il a l’amour en tête, Max. Aussi reçoit-il comme un coup d’Empire State Building sur la tête l’annonce par son père qu’il doit l’accompagner en vacances, loin de celle qu’il vient à peine de séduire.

Dingo, pour renouer les liens avec son fils, veut en effet lui faire visiter tous les lieux qu’il adorait, étant enfant, lorsque son père l’entraînait à la pêche. Autant de lieux ringardissimes pour un ado des années 90. Le thème du conflit entre générations est abordé ici sur le ton d’une comédie musicale moderne, pastichant à grosses louches de clichés l’Amérique d’aujourd’hui. Mais l’amitié qui naît entre le père et le fils est tellement belle qu’on pardonne les outrances scénaristiques.

My vocabulary is not rich

Sébastien le bernard-l’ermite, principal compagnon de la sirène Ariel, est fait partie de la faune récente des studios Disney. C’est lui qui a été choisi pour présenter la nouvelle cassette de “L’anglais en s’amusant”, un patchwork de courts extraits de dessins animés destinés à apprendre quelques rudiments d’anglais aux enfants. Il ne s’agit que d’un complément de vocabulaire qui ne peut donc servir que lorsque l’anglais est étudié par ailleurs. Si ce n’est pas le cas, l’initiation est trop limitée pour avoir une quelconque utilité.

Chat ch’est chouette !
Billy the Cat, contrairement à ce que son nom indique, n’est pas un chat. En apparence, oui, mais en réalité, il s’agit d’un petit voyou qui courait les rues et multipliait les vilains coups... jusqu’à ce qu’un magicien le punisse en le transformant en chat. Il conserve le souvenir de sa vie de petit garçon mais ne peut plus parler ni se faire comprendre des humains.

Le voilà donc obligé de subir ce qu’il faisait endurer auparavant aux animaux. Et de se débrouiller dans une cité où tout devient danger mortel pour une petite bestiole de vingt centimètres de haut capable seulement de courir et de miauler. Heureusement, il se fait vite quelques amis félins, qui lui apprennent à survivre et lui redonnent le goût de vivre. Cette série de dessins animés est inspirée de la bande dessinée de Colman et Desberg.

Oui-Oui, tout de bois vêtu

Les animaux qui entourent Oui-Oui au pays des jouets sont des peluches qui ont pris vie et se comportent exactement comme des humains (nettement moins bêtement, diront certaines mauvaises langues). Un studio anglais leur a donné le mouvement grâce à un prodigieux travail d’animation, effectué à partir d’une reconstitution en petites figurines de bois de tout l’univers créé par Enid Blyton. Les décors sont truffés de détails et les objets ont été recréés à l’échelle avec une minutie qui force l’admiration. Le bois accentue encore la bonhommie sympathique de l’ensemble. “Oui-Oui champion” compile sept courtes histoires.

Des contes modernes

Le journal “Pomme d’Api” publie dans chacun de ses numéros des contes originaux imaginés par des auteurs actuels et illustrés par des dessinateurs de talent. Un vivier dans lequel un studio de dessins animés n’a eu qu’à puiser pour réaliser de courts-métrages pleins de vie et d’humour destinés aux tout-petits. Henri Dès a apporté sa voix à cette série de “Belles histoires” adorables, qui content les mésaventures de Flora, chanteuse d’opéra, de l’horrible Mac Crucoc, de Mamma l’Ogresse, etc.

Bien sûr, elles n’ont pas la puissance mythique du “Petit Chaperon rouge” et du “Petit Poucet”, mais elles n’en enrichissent pas moins l’imaginaire des petits par le biais de ces gentils animaux qui offrent une vision si rassurante du monde moderne.


- “Dingo et Max”, 74 minutes, Buena Vista Home Entertainment. A partir de six ans.
- “L’anglais en s’amusant” : “La ville et ma maison”, 28 minutes, Buena Vista Home Entertainment. A partir de huit ans, en complément d’une méthode d’apprentissage véritable.
- “Billy the Cat”, deux dessins animés de 26 minutes chacun, RTBF Vidéo. A partir de six ans.
- “Oui-Oui champion”, sept dessins animés totalisant 1 h 20, RTBF Vidéo. A partir de deux ans.
- “10 belles histoires de Pomme d’Api”, dix dessins animés totalisant 55 minutes, RTBF Vidéo. A partir de deux ans.

Article paru dans "Le Ligueur" en 1998.