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::: Le cabaret du bout du monde :::

  

Dans un décor sobre et improvisé, six musiciens et chanteurs nous racontent en quelques chansons la vie et les exploits de Dolorès, qui dut fuir son village pour échapper à sa condition misérable et qui devint une révolutionnaire admirée... avant de commettre l’erreur de revenir chez elle.

Le décor est sobre. Quelques rideaux tendus à mi-corps au fond d’une salle basse. Les acteurs y accueillent aimablement le public, tentent de lui éviter quelques bosses (les pièges du plafond, peint en noir, sont nombreux), avant de se diriger vers la scène et de se présenter.

"Bourgeois, bourgeoises, citoyens, citoyennes, mesdames et messieurs", vous allez suivre durant deux heures une histoire racontée, chantée et interprétée par six saltimbanques, "artistes révolutionnaires" ou "troubadours des temps modernes". C’est celle de Dolorès, "quintessence de l’esprit insurrectionnel", petite boulangère d’un village perdu d’Amérique du Sud dont les différents mâles locaux abusaient en toute impunité, et que sa mère convainquit de partir.

Ainsi commence une sorte de feuilleton, une aventure en quelques tableaux ponctués de chansons, sorte de comédie musicale dirigée par un maître de cérémonies farfelu. Au fil des scènes, Dolorès transforme une fabrique d’armements en usine écolo, rencontre une jeune femme enceinte... au ventre plein d’explosifs, prête à devenir bombe humaine dans un pays en guerre, et divers autres personnages pittoresques avant de revenir au pays pour y découvrir avec déception que sa mère a épousé son principal abuseur.


Du Zola ? Non. Le texte est ironique, moderne, voire cynique, et se veut humoristique. On y trouve quelques références à la culture belge. Mais l’ensemble est décousu et l’on finit par s’y perdre et à ne plus comprendre. L’ajout, par l’auteur, d’un trublion venu commenter la pièce, n’apporte pas le second degré voulu, et achève de perdre le spectateur.

La pièce est une succession de poncifs sur la mondialisation, l’exploitation, la pollution, l’intolérance, la religion... traités de façon primaire, simpliste, comme une première dissertation d’adolescent. L’auteur y place méli-melo tous ses énervements, toutes ses colères face à l’injustice et aux absurdités du monde moderne. Mais, même si les thèmes sont accrocheurs, la naïveté du traitement leur enlève toute crédibilité. Après les quelques surprises du début, le sourire se fige et on attend la fin... qui tarde à venir.

Les acteurs, dynamiques et sympas, font de leur mieux pour donner de la vie à ces textes, virevoltant, chantant, dansant, jouant astucieusement avec le décor minimaliste, mais cela ne suffit pas. Trop long. Trop brouillon. Trop n’importe quoi. Le cabaret du bout du monde reste à créer.

Crédits photo : © Alice Piemme

(par Patrick Pinchart)


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