Il est des valeurs sûres dans les CD-ROM ludo-éducatifs. Trop peu. La collection « J’ai trouvé » est de celles-ci. Basée sur un concept vieux comme le monde, mais rajeuni grâce aux possibilités du multimedia.

« Le coffre à jouets », destiné aux enfants de trois à cinq ans, avait jeté les bases du concept, désormais décliné en cinq titres. A l’écran, une vieille boîte à jouets présentait une série de petits objets de l’univers enfantin, un bonbon, un cheval à bascule, une perle, un nounours, etc., dans le désordre le plus complet. En bas, d’une belle écriture, était proposée une mission (une « énigme ») à l’enfant : retrouver quelques éléments bien précis dans ce sympathique fouillis. Comme le jeu était destiné aux petits, ces instructions étaient lues à haute voix par l’ordinateur, et il suffisait de recliquer sur le nom d’un des éléments pour que le texte soit relu.

L’enfant fouillait tous les objets du regard et de la souris, et cliquait sur ceux qu’il détectait. Une petite animation se déclenchait alors.
Lorsqu’il avait trouvé tous les objets, il pouvait passer à une autre boîte à jouets, ou demander une autre énigme dans la même.

Outre la simplicité redoutable du concept, qui permettait une prise en mains immédiate même chez les plus petits, la possibilité aux enfants d’âges divers de jouer ensemble était un « plus » indéniable. Et le plaisir était partagé par les adultes qui donnaient un petit coup de pouce en tentant eux aussi de trouver les objets.
Mais la plus belle réussite était le charme des graphismes, très réalistes tout en gardant un aspect rétro vraiment charmant.

Les auteurs poursuivirent avec « J’ai trouvé le théâtre de marionnettes », toujours pour les 3 à 5 ans, avant de se tourner également vers les 5 à 10 ans (et plus, si, si !) avec « J’ai trouvé le manoir hanté » et « J’ai trouvé 1000 façons de grandir ».

La chasse au Trésor

Avec ce nouveau titre, qui s’adresse au même public, ils modifient légèrement le concept en le transformant en jeu d’aventure dans un très joli petit port.
Une légende raconte que des pirates sont passés par là et y ont enterré des trésors. L’enfant doit visiter les différents bâtiments de la ville (qui respectent la charte rétro et désuète de la collection) et y recueillir des indices. Chacun des lieux comporte le même fouillis que dans les jeux précédents, mais à l’échelle d’une maison, parfois, ou d’une boîte de pêcheurs ressemblant à un inventaire de Prévert.

Comme dans le jeu original, il faut faire preuve d’observation (et, croyez-moi, parfois de beauuuuucoup d’observation, car certains objets ne sont pas du tout aisés à trouver, ce qui rend le jeu beaucoup plus excitant) et détecter divers éléments dans le décor.

Chaque élément trouvé déclenche la traditionnelle petite animation sympa, et lorsque la mission est complétée, l’enfant reçoit un bout de parchemin. C’est un morceau de carte au trésor. Lorsque tous les morceaux auront été retrouvés, il faudra encore reconstituer le puzzle avant de pouvoir déterminer l’emplacement du trésor. Il pourra alors en découvrir tous les joyaux cachés et en imprimer une photo.

Mais le jeu ne sera pas terminé pour autant, car plusieurs trésors sont cachés dans cette baie des pirates, avec autant de nouvelles aventures. Ce qui donne une durée de vie très importante à cet excellent CD-ROM.

Des graphismes de toute beauté réalisés par de vrais artistes de l’infographie, des jeux simples mais au potentiel ludique important, des énigmes qui se renouvellent et évitent le piège des jeux linéaires dont on fait trop vite le tour, de l’humour, un concept qui permet aux enfants d’entraîner leur concentration visuelle tout en s’amusant... « La chasse aux Trésors » fait partie des incontournables des jeux vidéo sur CD-ROM, tout comme les autres titres de cette excellente collection. D’autant plus qu’ils n’exigent pas d’ordinateurs puissants pour pouvoir en profiter, ce qui est un argument en plus en sa faveur.


Pour Mac et PC, configuration familiale standard (133 Mhz au minimum, 32 Mo RAM, lecteur CD 8X, écran en milliers de couleurs)

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.