Nous avons déjà eu maintes fois l’occasion de souligner l’attrait du jeu vidéo pour les héros de bande dessinée. Un nouveau pas vient d’être franchi avec une nouvelle technologie permettant de simuler le trait caractéristique du dessin BD.

Pour un éditeur de jeu, les gloires de la bande dessinée sont du pain béni. Les moindres titres à leur effigie ont bien plus de chances de trouver un plus large public, non pas grâce à la qualité des jeux, mais simplement par la notoriété de ces héros de papier. Tintin, Spirou, Titeuf, Astérix, Papyrus, les Schtroumpfs, Lucky Luke ont donc eu l’honneur de vivre de nouvelles aventures ...virtuelles.

Mais le rendu des images informatiques n’était pas vraiment le plus adéquat. L’image de synthèse, trop froide, trop parfaite, trop efficace, était incompatible avec le trait caractéristique de la bande dessinée, cernant chacun des personnages et des objets d’un trait noir. Une nouvelle technique, le "cell shading", parvient à donner un rendu similaire sur des dessins infographiques en 3D. De quoi séduire les amateurs de BD.

XIII
"XIII" (célèbre série de Vance et Van Hamme), qui sort à la fois sur Xbox, Gamecube, PC et Playstation 2, est la plus belle réussite à ce niveau. Les fans ne retrouveront pas tout à fait le XIII auquel ils sont habitués, mais les graphismes sont très respectueux des origines BD du héros.

Outre ce trait qui cerne personnages, décors et objets, on y trouve des dialogues sonores soutenus par des phylactères, des onomatopées pour signaler des bruits et des cris, et des scènes intercalaires sous la forme de cases de bande dessinée. L’écriture multimedia de ces scènes est particulièrement réussie.

Question jeu, le concept n’a rien d’original. C’est un jeu d’action basé sur le tir. Mais c’est par la qualité du scénario que ce jeu se distingue de ses équivalents. Le joueur participe à une vraie histoire, en une série de "missions" successives.
Ubi Soft signe donc avec XIII l’une de ses meilleures réalisations, capable à la fois de séduire les amateurs de bande dessinée et les joueurs de jeux vidéo purs et durs.

Dragon Ball Z Budokai 2
Le manga, équivalent de notre bande dessinée pour les Japonais, est en train de conquérir le monde. On doit à la traduction de ces petits livres 18% des ventes BD en 2003, c’est dire leur importance !

Et, parmi les stars émergentes, Dragon Ball est l’une des plus célèbres. Il a déjà connu plusieurs aventures en jeu vidéo. Dragon Ball Z Budokai, sur Playstation 2, profite lui aussi du cell-shading et les graphismes sont très réussis.
Il s’agit d’un jeu de combats en arts martiaux, assez classique. Auquel les scénaristes ont ajouté un aspect "stratégie" : le héros explore une région et accomplit des missions en se déplaçant sur les différents points d’une carte. Sur chacun, se trouve un symbole qui lui permet d’obtenir des coups spéciaux, ou un ennemi qu’il doit combattre. A lui de choisir ce qu’il va faire, tout en sachant que, pour gagner, il doit récupérer douze boules d’énergie, et qu’il ne les aura qu’en combattant.

Classique dans son concept, ce jeu accroche vite, même si l’aspect "stratégie" est un peu rapidement réalisé. Mais les animations sont impressionnantes, et le rendu obtenu par la technique citée plus haut leur donne un aspect "manga" très naturel.

Astérix et Obélix XXL
Enfin, Astérix et Obélix, qui avaient déjà vécu pas mal d’aventures grâce aux studios d’Infogrames/Atari, s’offrent une nouvelle partie de plaisir avec les Romains. Ceux-ci ont envahi leur village et enlevé tous les habitants.
Astérix et Obélix partent donc à leur recherche, aidés par Idéfix, parcourant les principaux lieux de l’Empire Romain.

"Astérix et Obélix XXL"(Playstation 2) est un jeu de pur défoulement, qui consiste principalement à cogner sur les dizaines de Romains qui déferlent sur les deux héros. Il leur faut effectuer de mini-missions entre ces séances de bagarre générale, et apprendre à utiliser quelques armes complémentaires, comme une catapulte telles que les Romains en utilisaient pour écraser les camps ennemis.
Le joueur a la capacité de passer d’un héros à l’autre afin de profiter de ses caractéristiques propres face à un danger particulier.

Brillamment animé, ce jeu souffre parfois de problèmes de maniabilité. Il n’a pas bénéficié, comme les précédents, de la technique du cell-shading et on est donc très loin du trait d’Uderzo. Pour une autre fois, peut-être ?

Article paru dans "Le Ligueur" en 2004.