Difficile de garder un niveau égal de qualité lorsqu’on multiplie les clones d’une même série et qu’on multiplie les albums annuels. Ceux de la série "Donjon" connaissent des hauts et des bas, les livres hilarants où chacun des auteurs donne le meilleur de lui-même voisinant avec d’autres nettement plus moyens, ne résistant que grâce au métier et à la technique de leurs créateurs. "Le jour des Crapauds" se situe dans la partie haute de l’échelle.

Herbert a vendu toutes les lampes du Donjon, qui se retrouve plongé dans le noir au moment même où il subit une attaque foudroyante de crapauds volants toxiques ! Paniqué, tout le personnel se précipite aux oubliettes pour échapper aux affreuses bêtes. Mais là, des vampires se réveillent,et une escouade de crapauds ninjas apparaît.. Tandis que le Gardien et son équipe réussissent à sortir, Herbert se trouve bloqué dans les souterrains du Donjon.

Un donjon truffé de monstres à côté desquels les crapauds toxiques qui profitent du moindre interstice pour se faufiler en masse ne sont que de la gnognotte. Et comme si ça ne suffisait pas, ses amis le prennent pour un vampire lui aussi et on décidé de le faire redevenir humain par la méthode douce : on arrache l’oeil droit, puis on éventre, puis on arrache l’oeil gauche, puis toutes les viscères. Et si ça ne marche pas, ben merde, c’est qu’il n’était pas un vampire mais il est trop tard pour s’excuser...

L’un des meilleurs livres de la série : les gags et retournements de situation se suivent à un rythme soutenu dans un scénario bourré de trouvailles et de personnages insolites, monstrueux mais pittoresques. Le dessin de Manu Larcenet, terriblement expressif et créatif, sert à merveille le scénario délicieusement cruel de Sfar et Trondheim.

Lire un extrait