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::: Le manuscrit E.P. Jacobs :::

  

Pour le centenaire du père de Blake et Mortimer, disparu en 1987, Dexia édite un somptueux ouvrage consacré à la préparation de ses mémoires, "Un opéra de papier", et aux manuscrits de préparation d’une émission télévisée, qui en constituent l’excellent complément.

Lorsque Pierre Lebedel propose en 1978 à E.P. Jacobs de raconter ses souvenirs pour Gallimard, ce dernier ignore dans quel engrenage il va mettre le doigt en acceptant. Car, de la préparation de ce livre à sa publication fin 1981, Jacobs va vivre un véritable enfer, à la fois par les aléas de la vie (la disparition de son épouse, la fégradation de sa santé) et par la douloureuse gestation de ces "mémoires de Blake et Mortimer".

Ce livre reprend la totalité des lettres qu’il adressa à P.Lebedel, racontant ses doutes, ses hésitations, ses déprimes, ses colères, son obsession de bien faire. On y apprend que tous les documents furent photographiés par son ami Evany (ancien collaborateur d’Hergé) dans sa salle de bains et que lui-même occupa son garage avec toutes les archives qu’il avait préparées pour l’iconographie. On y découvre ses rapports difficiles avec Gallimard à propos des contrats et des nombreuses corrections qu’il demandait, mais aussi, au fil de quelques petits bouts de phrase, son opinion sur certaines personnes qui contrastent avec ce que celles-ci déclarent depuis sa mort ("Ce serpent à sonnettes de François Rivière", peut-on y lire...). Surtout, on y lit les angoisses d’un vieil homme seul qui, alors que le monde entier le vénérait, encaissait durement les marques du temps et n’acceptait pas les dégradations de la vieillesse.

Dans la seconde partie, beaucoup plus riche en documents, E.P.Jacobs prépare, dans un long manuscrit, toutes les séquences d’une émission de télévision à lui consacrée qu’il voulait comparable à l’Opéra de Papier. Complète et ultime, d’une telle qualité qu’il n’aurait plus été nécessaire d’en réaliser une autre ensuite. "Par la même occasion, vous disposerez d’une excellente chronique nécrologique", signale-t-il au réalisateur dans un post-scriptum qui montre qu’il ne se faisait guère d’illusions sur sa longévité.

Ses manuscrits suivent les chapitres d’Un Opéra de Papier, Jacobs écrivant à la fois les questions de l’animateur de l’émission et ses propres réponses. Il y suggère des plans, des cadrages, des choix d’images à se procurer... et, cabotin, rappelle certains points peu connus mais malgré tout glorieux de sa carrière, comme le fait qu’il fut le premier dessinateur de bande dessinée à être passé à la télé. Les manuscrits sont accompagnés de très nombreuses photos, qui complètent à merveille les quelques documents de son livre de souvenirs de 1981. Une réalisation admirable, avec une iconographie incomparable et une luxueuse maquette, qui positionne ce très intéressant travail dans la catégorie des "beaux livres". Comme pour "Un opéra de papier", c’est Tardi qui en réalise la couverture.

Vous pouvez télécharger un extrait ou lire le portrait de Jacobs en introduction du livre.

Le livre peut également être commandé sur le site Dexia

(par Patrick Pinchart)


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