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::: Le prof du futur ne sera pas virtuel :::

  

Une expérience menée dans une école privée de Malonne tord le cou aux idées préconçues en matière d’intégration de l’ordinateur dans les classes.

Les futurologues se sont une nouvelle fois fichu le doigt dans l’oeil. Ils nous promettaient des classes d’enfants face à des écrans, travaillant à leur propre rythme sur des didacticiels s’adaptant à leurs moindres désirs, épaulés par des enseignants qui n’avaient plus qu’à faire du réglage individuel.

L’expérience menée à Malonne dans le cadre d’un projet international [1] leur donne un zéro pointé.

C’est en octobre 1996 que l’école s’est vue équiper de deux dizaines d’ordinateurs Macintosh accompagnés de périphériques divers (imprimantes, scanner, appareil photo Quicktake, lecteurs de CD-ROM, etc.). Centré autour de quelques instituteurs volontaires, un noyau ouvert qui pouvait être rejoint à tout moment par d’autres enseignants en fonction de leurs disponibilités et de leur motivation, le projet
a démarré modestement : ”Six enseignants sur dix y participent dans les primaires”, nous explique Véronique Petit, coordinatrice, “et les maternelles préparent le terrain avec des tortues LOGO [2].

L’important est que personne n’est obligé de participer. Ils n’y a pas d’embrigadement. Mais on constate un phénomène de contagion. Au vu des résultats obtenus, nous sommes rejoints par certains des réfractaires du début”.
La première phase a été, pour les enseignants, de se familiariser avec les ordinateurs. La question “qu’est-ce qu’on ferait bien avec cette machine” a vite été abandonnée au profit d’une question plus enrichissante : “qu’est-ce que ces machines peuvent apporter aux enfants ?”

Esquisses de réponses

Un an après, la réponse est encore vague. Mais certains points sont d’ores et déjà clairs, et le phantasme de l’EAO [3] en prend pour son grade.

La première victime est le principe même des didacticiels, ces logiciels sensés inculquer des pans plus ou moins larges du programme scolaire. “La plupart sont sans intérêt, ou inadaptés aux besoins spécifiques de l’élève. Au mieux peut-on les utiliser dans certains cas précis de remédiation. Nous leur préférons des logiciels ouverts, comme des traitements de texte, des tableurs, des programmes de dessin...qui se révèlent bien plus intéressants.”

La seconde victime est le principe d’une “classe informatique”. A Malone, alors que certains enfants, écouteurs sur les oreilles, manipulent les souris pour communiquer avec la dizaine d’ordinateurs mis à leur disposition, les autres dessinent sur des feuilles de papier ou écrivent leurs premiers mots sur leurs cahiers.

L’ordinateur a vite été ramené à un simple outil parmi bien d’autres. Il permet certaines choses, mais il a ses limites. “Par exemple”, nous explique Bertrand Dubois, professeur de première année primaire, “les CD-ROM de livres interactifs sont des outils uniques que les supports traditionnels ne peuvent égaler. Ils racontent l’histoire tout en mettant en évidence les mots qui sont lus, une chose impossible sans ordinateur. Par contre, certaines activités sont parasitées par le fait qu’il faut à la fois l’accomplir et maîtriser le programme ou la machine.”

Pas à la portée de tous

“On constate déjà des choses intéressantes. La relation à l’erreur n’est pas culpabilisante sur ordinateur. Les enfants s’interrogent, cherchent à rectifier ce qu’ils ont fait, tout simplement. Des interactions se déroulent entre les élèves, ils s’entraident mais ils se disputent aussi comme dans de vieux couples. Dans l’ensemble, ils ont beaucoup plus le souci de remettre des travaux bien finis, propres, ce que leur permet aisément le traitement de texte.”

Le directeur de l’école fondamentale, Robert Bayot, est conscient qu’en participant à ce projet, il est favorisé. “Quelle école pourrait aujourd’hui investir dans une vingtaine d’ordinateurs ? Cette pensée m’obsède. Je me console en pensant que les résultats que nous obtenons vont permettre de faire bouger les mentalités et de convaincre d’autres établissements d’inscrire les ordinateurs dans leur projet pédagogique. Et une école motivée est capable d’abattre des montagnes pour obtenir ce qu’elle veut. Mais sans ce projet, vous pourrez placer autant d’ordinateurs que vous voudrez dans les classes, ils finiront vite par se couvrir de poussière, abandonnés par tous.”

Article paru dans "Le Ligueur" en 1997.


[1Le projet ACOT, “Apple Classrooms of Tomorrow”, initié aux Etats-Unis par Apple dans le but d’analyser comment l’utilisation quotidienne des nouvelles technologies par les élèves et les enseignants peut changer les méthodes d’enseignement et d’apprentissage. En Europe, seuls trois sites ont bénéficié des largesses d’Apple, l’un en Ecosse, le second en Suède, et le dernier à Malonne, près de Namur.

[2Le LOGO est un langage simple utilisé à l’origine pour expliquer les principes de la programmation à de très jeunes enfants à partir du pilotage d’une tortue élctronique.

[3Enseignement Assisté par Ordinateur

(par Patrick Pinchart)


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