Comment, chaque année, le Père Noël parvient-il, en une nuit, à distribuer des cadeaux à tous les enfants sages, soit, aux dernières estimations, à un peu plus d’un milliard et demi de paires de chaussures sous le sapin ?

Simple : il a un secret. Le soir du 24 décembre, il emprunte l’une des portes secrètes de sa maison du pôle Nord. Il monte sur le petit wagon d’un immense toboggan. Et il se laisse glisser jusqu’à la Grande Horloge.

Kekseksa, la Grande Horloge ?

Eh bien, vous ne vous en doutiez sans doute pas, mais c’est l’engin qui règle le temps de notre univers. Qu’elle s’arrête de tourner et tout s’interrompt. L’astuce est là : une seconde avant que sonne le premier coup de minuit, le Père Noël abaisse un levier et stoppe la ronde des aiguilles. Le monde entier se fige. Il ne lui reste plus qu’à grimper dans son traîneau et à passer, à son aise, de cheminée en cheminée pour distribuer son milliard et demi de paquets enrubannés.

Cela fait des millénaires que cela dure sans qu’un grain de sable, jamais, ne vienne enrayer ce mécanisme bien huilé. Mais c’est sans compter sans le Père Fouettard. Lui, il râle. Alors qu’il espérait pouvoir se défouler sur les enfants désobéissants, le Père Noël vient de lui annoncer qu’il pouvait se brosser : que des enfants sages, cette année, personne à fouetter.

Alors, pour se venger, pendant que le Père Noël se ballade de toit en toit, il détraque l’horloge. Le temps revient en arrière à toute vitesse... et le Père Noël se retrouve au milieu des dinosaures, au temps du jurassique. Les enfants du monde entier seront désormais privés de cadeaux. A moins que...

Une idée astucieuse au départ de ce dessin, malheureusement gâchée par des gags datant, eux aussi, de l’époque jurassique du cinéma [1].

Le Père Noël est prisonnier [2]

Le capitaine Furibarre est un pirate comme tant d’autres. Sanguinaire, maître suprême d’une bande de brutes avinées, il fend les flots avec son galion, le Vagalam, coulant et pillant tous les navires qui ont le malheur de croiser sa route.

Mais le capitaine Furibarre n’est pas tout à fait un pirate comme les autres. Il a une douleur, bien enfouie au fond du coeur, qui explique peut-être sa fureur. Il a perdu, il y a quelques années, sa tendre épouse lors d’un naufrage. Et, depuis, il couve l’unique enfant de leur union. Drisse. Il ferait n’importe quoi pour que Drisse soit heureux.

Et dans son esprit malade vient de germer une idée démoniaque : lui offrir le Père Noël afin que celui-ci lui donne tous les jouets dont il a envie. Et le voilà voguant vers le pôle Nord, convaincu que c’est la plus belle chose qu’il puisse jamais lui offrir. Mais tout ce que son fils souhaite -et cela, il le comprendra trop tard- c’est que son papa prenne simplement du temps... pour jouer avec lui.

Un conte très court, mêlant animation traditionnelle et décors en images de synthèse 3D. Ce qui nous vaut quelques belles scènes bien spectaculaires... dont, heureusement, les réalisateurs n’ont pas abusé. Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, l’excès d’effet nuit.

Article paru dans "Le Ligueur" en 1998.


[1“Le monde secret du Père Noël”, une cassette France 3 Vidéo Juniors, 52 minutes, distribution RTBF. 599 FB.

[2“Les Pirates de Noël”, une cassette France 3 Vidéo Juniors, 26 minutes, distribution RTBF. 499 FB.