Le console Playstation 1 a connu un succès impressionnant et de nombreuses familles en possèdent une. Rien d’étonnant, donc, à ce que les éditeurs continuent à développer des jeux pour cette plate-forme malgré le lancement de consoles plus récentes et plus performantes.

Des prix plus raisonnables, de nombreux titres de qualité revendus en gamme "premier prix" à moins de vingt euros, un choix énorme de jeux : la Playstation 1 a encore de nombreux arguments en sa faveur malgré l’irrépressible ascension de sa consœur, la Playstation2, et la concurrence des challengers, la X-Box et la Gamecube.

Ces consoles de nouvelle génération s’adressent plus aux adolescents. Les développeurs orientent donc leurs nouvelles productions pour la Playstation 1 vers les plus jeunes, ce qui n’était pas le cas à ses débuts. On trouve donc dans son catalogue un large choix de jeux pour les moins de douze ans.

Mais lorsqu’on voit les titres sortis récemment, on devine que l’innovation est désormais recherchée ailleurs.

Alfred Poulet
Ce jeu de plates-formes "à l’ancienne" est très proche des classiques "Super Mario" et "Sonic". Il met en scène un poulet qui doit retrouver sa poulette, enlevée par un vilain poulet mécanique, dans un univers 3D rond et enfantin : les décors sont constitués de gros morceaux de fromage, de biscuits, de carrousels muticolores, les ennemis sont des souris ou des escargots mécaniques, etc.

Certains éléments de décors, qui permettent d’aller plus loin, sont transparents et il faut trouver les moyens de les rendre actifs en résolvant certaines énigmes. Et de nombreux pièges ont été posés partout pour lui régler son compte s’il s’en approche. Un concept ultra-classique, donc, qui revisite tous les clichés des jeux de plates-formes dans une série de décors variés, et qui bénéficie de la maniabilité habituelle de ce type de jeu.
(A partir de six ans)

Hugo - Le miroir diabolique
Hugo était un petit personnage qui fit ses premiers pas en télévision interactive il y a une bonne dizaine d’années - dans une émission présentée par Karen Chéryl, vous vous souvenez ? "Interactive" était une appellation un peu prétentieuse : un téléspectateur unique le dirigeait par téléphone en poussant les touches de son clavier qui lui permettaient de se déplacer de gauche à droite dans un décor très limité. Pas vraiment passionnant, mais on n’était encore qu’à l’aube d’une télévision vraiment interactive qui n’allait pas tarder à exploser… et qui n’a toujours pas vraiment vu le jour aujourd’hui.

Le voici donc adapté aux consoles, dans un jeu moins ambitieux, certes, mais un peu plus excitant ! Hugo a été fait prisonnier d’un miroir magique, qui a ensuite été brisé en trois morceaux. Ses trois enfants vont tenter de les retrouver en parcourant divers niveaux, en sautant sur les objets, en récoltant des bonus et en recherchant les mécanismes qui permettront d’ouvrir de nouvelles voies. Le look vieillot de ce petit personnage le date un peu (d’autant plus qu’il n’était pas déjà d’un graphisme révolutionnaire à sa première apparition à la fin des années 80), et le peu d’originalité du jeu n’aide pas à le plonger dans le XXIe siècle. Mais il pourra plaire aux plus jeunes joueurs, qui apprécieront l’environnement très enfantin.
(A partir de six ans).

Peter Pan : "Aventures au Pays imaginaire"
C’est désormais classique : Disney lance un film au cinéma ? Un jeu vidéo sort illico pour profiter de la visibilité considérable qui lui est systématiquement offerte pendant la période de diffusion, d’abord en salle puis en VHS et en DVD.
Dans cette déclinaison de "Peter Pan 2", Clochette a appris qu’un trésor avait été caché au Pays Imaginaire. Mais le Capitaine Crochet a trouvé l’endroit où il était enterré, et a découpé en quatre morceaux la carte qui permettait de le repérer. Il faut donc parcourir tous les lieux de l’île de Peter Pan pour les retrouver.

Le scénario a été découpé en petites missions successives, qui servent à la fois à récupérer les éléments qui seront nécessaires pour avancer, et à comprendre le fonctionnement du jeu. Cette partie initiation, très didactique, est astucieusement conçue.

Avec des décors bien travaillés, une animation 2D fluide, des mouvements de personnages très naturels, des univers vastes à explorer, ce jeu correspond bien au niveau de qualité que l’on attend des produits Disney.
(A partir de six ans)

Lilo et Stitch : "Ouragan sur Hawaï"
Pour ne pas enfreindre la loi évoquée au chapitre précédent, "Lilo et Stitch" bénéficie AUSSI d’une adaptation en jeu vidéo. Plusieurs, même : les jeux développés pour la Playstation 1 et la Playstation 2 sont tout à fait différents. Et tous deux intéressants. Dans celui-ci, un peu plus fidèle au film que celui évoqué la semaine passée, Lilo, une petite Hawaïenne, voit une étoile filante s’écraser sur la Terre. Mais ce n’est pas un astéroïde qui vient de pénétrer notre atmosphère, c’est un véhicule spatial contenant un être venu d’une autre planète. Tout mignon, mais indestructible et particulièrement ravageur.

Si les séquences intermédiaires sont extraites du dessin animé de Disney, en 2D, les décors et personnages ont été modélisés en 3D. On songe inévitablement à l’excellent "Crash Bandicoot", dont le principe de jeu a été copié ici : on évolue dans des chemins prédéfinis en cassant les caisses qui donnent droit à des bonus, et en écrasant ou en évitant les nombreux pièges placés sur la route. Un jeu sympathique mais assez banal, dont la seule originalité consiste en un passage d’un personnage à l’autre en fonction des actions attendues du joueur dans le niveau suivant. Sa maniabilité, par contre, n’est pas des plus idéales.
(A partir de six ans).

Men in Black II : the series crashdown
Il n’y a pas que Disney à profiter de l’impact d’un film à succès sur le potentiel d’un jeu. Toute grosse production américaine est désormais accompagnée d’un jeu vidéo. "Men in Black" est l’exception dans cette sélection : il ne s’adresse pas aux plus jeunes mais aux plus de dix ans. C’est un jeu de tir en vision subjective, où l’écran représente ce que le personnage dirigé par le joueur est censé voir - d’abord son bras et sa main armée, ensuite les décors et les nombreux personnages à détruire qui s’y trouvent.

Une séquence d’introduction bien conçue permet de comprendre les mécanismes de jeu et d’étudier tous les bonus qui permettront au joueur de devenir invulnérable, de retrouver de l’énergie, de se soigner, avoir des armes plus puissantes, etc.

Et le but est, bien sûr, de dégommer de l’extra-terrestre. Ils sont ici cachés dans une fête foraine, dont ils ont investi les différentes attractions. Il faut donc en explorer toutes les allées, à commencer par un souterrain de l’horreur, en éliminant tous ceux qui apparaissent devant vous. Stressant. Et pas du tout évident à maîtriser.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2002.