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::: Les grands classiques de la bande dessinée érotique :::

  

Autrefois vendue sous le manteau et dans des revues bon marché, la bande dessinée a été lancée dans les années 60 par Eric Losfeld (Barbarella, Jodelle...) et a surtout connu ses heures de gloire dans les années 80 grâce au magazine "L’écho des Savanes" (seconde période) et aux éditions Albin Michel. Le "politiquement correct" des années 90 et 2000 ainsi que la pression de groupes catholiques intégristes l’ont ensuite reléguée au second plan pendant deux décennies. Les éditions Hachette tentent de la ramener à l’avant-plan grâce à une belle collection au look classieux.

Le premier tome est dû à celui à qui la bande dessinée érotique a pu s’imposer au grand jour. Milo Manara et son fameux "Déclic". Avec sa délicatesse, sa sensualité, son art tout en finesse de représenter le corps de la femme, les jeunes éphèbes et les fantasmes des deux sexes, l’auteur a permis à cette catégorie autrefois considérée comme "glauque" de trouver ses lettres de noblesse. Il n’y avait plus aucune honte à se précipiter sur ses histoires qui, pourtant, réinventaient les nombreux clichés de la littérature et du cinéma pornographiques. Mais avec grâce. Délicatesse. Elégance.

"Le Déclic" a été pour lui un tremplin. Comme tant d’auteurs italiens, il avait auparavant gagné sa vie en produisant au kilomètre des planches pour les revues "cheap" vendues dans les kiosques de gare. Cet album va tout changer et l’installer immédiatement au panthéon des auteurs érotiques et des artistes susceptibles de figurer dans les musées. Lancé au début des années 80, il a été pour lui une véritable consécration. Et ses œuvres ultérieures en ont pleinement profité.

L’histoire est géniale. Manara en a eu l’idée alors qu’il travaillait pour un magazine de charme italien. Il avait vu un homme pas terrible toujours entouré de nanas superbes, et avait imaginé qu’il les manipulait avec une télécommande. "Le déclic", c’est tout simplement ça : une puce a été implantée dans le cerveau d’une femme superbe mais coincée et, à distance, grâce à un boîtier spécial, un pervers commande sa libido. Mais, comme souvent, on va se rendre compte qu’en la matière, c’est le cerveau qui est aux commandes, puce ou pas.

Rien à redire sur ce récit astucieux, brillamment dessiné. Par contre, on ne peut que regretter une mise en couleur hideuse qui, si elle permet sans doute de donner accès à cette œuvre majeure de la bande dessinée érotique à un plus large public peu susceptible d’acquérir des albums en noir et blanc, alourdit les dessins de Manara, leur enlève la légèreté et la délicatesse que lui apportaient le dessin au trait.

On sait aussi que l’édition française avait été censurée de deux planches qui pouvaient poser problème car elles mettent en scène un garçonnet et traitent du thème de la masturbation... par sa mère. Cette version augmentée d’un dossier historique (très instructif) publie enfin l’intégralité des planches... contrairement à ce qui est affirmé par Manara dans une postface sans doute récupérée d’une autre édition.

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L’une des deux planches censurées en français, que l’on peut découvrir dans cette intégrale.

Suivent, dans une collection qui comportera 88 titres, le sublimissime "Emmanuelle" de Guido Crepax, d’après le roman sulfureux d’Emmanuelle Arsan, auquel succèdera encore "Erma Jaguar" d’un autre maître, Alex varenne, suivi de l’hilarant "L’amour propre ne le reste jamais longtemps" de Martin Veyron, un monument !

Commander sur le site Hachette

(par Patrick Pinchart)


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