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::: Les jeux de société en quête de modernité :::

  

Se réunir, toute la famille, autour de la table, pour participer à un jeu. C’est ce qu’ont réussi à accomplir, depuis des décennies, les jeux de société. Confrontés aux jeux vidéo, ils tentent de s’offrir une modernité grâce à l’électronique et au DVD. Mais en ont-ils vraiment besoin ?

Le Monopoly, le Trivial Pursuit, le Cluedo, Risk... Ce sont des classiques des jeux de société et pratiquement tout le monde y a joué. Y a-t-il encore une place pour ces jeux de plateau alors que les jeux vidéo, avec leurs effets spéciaux et leurs innombrables possibilités d’envoyer le joueur dans des mondes virtuels, semblent beaucoup plus attirants pour les jeunes d’aujourd’hui ?

C’est probablement la question que s’étaient posée les développeurs des versions 100% électroniques de ces jeux. Sur console ou sur ordinateur, il devenait possible d’y jouer, soit en groupe face à l’écran, soit en se passant de tout joueur humain, les puces électroniques jouant à leur place.
Le résultat fut un flop : le contact physique avec le plateau, les pièces à manipuler, les interactions psychologiques entre joueurs réels, semblent bien à la base du succès de ces jeux et supprimer ces ingrédients en ôte tout attrait.

C’est pourquoi, pour tenter de donner un coup de lifting à ces grands classiques, leurs éditeurs ont décidé de garder les ingrédients de base, mais d’y ajouter un peu de modernité, via l’électronique ou le DVD.


Jouer avec carte de crédit

Pour ses 70 ans, le fameux Monopoly (à partir de 8 ans) s’est ainsi offert un lecteur de carte de crédit. Les joueurs ne reçoivent plus de billets, mais une carte électronique. Celle-ci permet, via le lecteur, d’effectuer toutes les transactions auparavant effectuées via décompte de billets. Vous achetez un terrain ? Vous devez payer une location parce que vous passez sur le terrain de quelqu’un d’autre ? Vous glissez la carte dans le lecteur et la somme est décomptée de votre compte. Vous devez recevoir de l’argent d’un autre joueur ? Chacun glisse sa carte dans l’appareil, et le transfert s’opère automatiquement. Bon. Rien de révolutionnaire, mais ça plaît aux enfants, ravis de jouer avec une carte de crédit comme maman ou papa. Le lifting ne s’arrête pas là. Les pièces qui permettent à chaque joueur de se déplacer sur le plateau ont aussi été modernisées. On joue désormais avec un roller, un skateboard, un GSM, ou un... hamburger. A chaque génération ses icônes ! Le Monopoly reste pareil à lui-même : chantre du capitalisme foncier, un concept que l’on peut détester ou adorer. Cette nouvelle mouture ne transformera pas les réfractaires en adeptes, mais renouvellera par contre l’intérêt pour ces derniers.

Plateau plus DVD interactif

Plus intéressante est l’idée d’ajouter, aux jeux traditionnels, un complément interactif et multimédia grâce au DVD (que vous insérez dans votre lecteur de salon ou dans votre ordinateur). Cela aurait pu n’être que du gadget, mais cela ajoute réellement une nouvelle dimension au jeu.

Cluedo (à partir de 8 ans), par exemple, dans sa version interactive, peut se jouer selon la méthode traditionnelle. Mais si vous utilisez le DVD, vous avez le choix parmi une dizaine d’enquêtes pré-programmées. Tout au long de celles-ci, un inspecteur et un majordome vont vous donner des indices, vous guider, éventuellement vous apporter un bonus ou un malus. C’est à l’inspecteur virtuel que vous donnerez, finalement, vos conclusions après une bonne heure d’enquête, et c’est lui qui dira si vous avez correctement effectué vos déductions ou s’il vaut mieux laisser la place à un autre joueur. Contrairement à ce que l’on pouvait craindre, cette version interactive apporte un réel attrait supplémentaire pour les joueurs, avec une petite dose de stress que ne permet pas le jeu traditionnel. Certes, les dix enquêtes risquent, après un certain temps, d’être connues des joueurs, mais un jeu aléatoire permet de contourner cette faiblesse des jeux pré-enregistrés. Une brillante adaptation !

Le Trivial Pursuit, lui, se présente en trois éditions interactives, l’une en français ("Trivial Pursuit Disney" - à partir de 8 ans), les deux autres en anglais ( "Star wars Trivial Pursuit" et "Lord of the Rings Trivial Pursuit" - pour adultes). Les plus observateurs de nos lecteurs auront remarqué qu’il s’agit, dans les trois cas, de jeux basés sur des univers audiovisuels. Et, justement, ces versions interactives sont basées sur des extraits de ces œuvres. Comme dans le jeu traditionnel, on se balade sur le plateau en répondant à des questions figurant sur des fiches. Ces questions correspondent à l’univers de l’édition choisie : tout Disney, ou la Guerre des Etoiles, ou encore le Seigneur des Anneaux. Il faut déjà être très cinéphile pour répondre à celles-ci - et, pour la version "Disney", les enfants sont nettement plus performants que leurs parents à ce jeu ! Mais, pour obtenir le fameux "camembert" pour chacune des catégories de question, il faut se référer au DVD. Celui-ci montre alors un extrait d’un film ou d’un dessin animé, et pose ensuite une question. Vous répondez correctement ? Vous gagnez le camembert et vous rejouez. Vous vous plantez ? Tant pis pour vous... Vous devez passer la main.
C’est très gai, et cela donne surtout envie de revoir les films, à la fois par simple bonheur de retrouver des plaisirs de cinéphile, et pour tenter de retenir toutes ces informations qui nous permettront de devenir, un jour, aussi cultivés que nos enfants...

Enfin, "Atmosfear" (à partir de 12 ans) est l’un de ces concepts originaux qui ont fait parler d’eux depuis une quinzaine d’années, malgré le bruit et la fureur des jeux vidéo. Mêlant au départ plateau de jeu et cassette vidéo, il mettait les joueurs sous pression, dans une ambiance inquiétante, grâce aux apparitions à l’écran d’un maître de jeu particulièrement effrayant. En baissant les lumières de la pièce, en jouant la nuit, l’ambiance angoissante pouvait encore être accentuée pour le plus grand bonheur des joueurs.
Cette nouvelle version remplace la cassette vidéo par un DVD. Ce qui permet de contourner le principal écueil de la cassette (le déroulement était toujours le même), grâce à la fonction aléatoire des lecteurs de DVD. Durant une petite heure, les joueurs seront ainsi soumis aux caprices du "maître des clés", qui ne cesse de les humilier, de les insulter, de leur imposer des épreuves et de les précipiter dans leur pire cauchemar. Entre ces séquences, les joueurs parcourent le plateau de jeu dans l’espoir de récolter un maximum de clés... tout en espérant ne pas être la prochaine victime de l’horrible maître de jeu. Le DVD est également utilisé pour expliquer les règles aux nouveaux joueurs, ce qui se révèle un énorme gain de temps.

S’il est vrai que, pour les puristes, la plupart de ces jeux peuvent continuer à se jouer de manière traditionnelle, ces compléments multimédias apportent un réel sang neuf à des concepts dont ils peuvent certainement renouveler l’intérêt pour des lecteurs blasés. A moins que, tout simplement, ils ne parviennent enfin à accrocher des jeunes joueurs trop accros aux jeux vidéo.

Article paru dans Le Ligueur en 2005.

(par Patrick Pinchart)


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