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::: Les jeux vidéo rendent-ils intelligent ? :::

  

Est-ce l’arrivée prochaine des nouvelles consoles qui relance la polémique ? Les études sur l’influence des jeux vidéo sur l’enfant se multiplient. Avec des résultats on ne peut plus contradictoires !

C’est notre confrère "Internet Actu", un quotidien en ligne consacré aux nouvelles technologies, qui a lancé l’information : une étude anglaise menée par le centre de recherche britannique ESRC (Economic and Social Research Council) démontrerait que les enfants qui jouent régulièrement mais sans excès aux jeux vidéo sont plus intelligents que les autres.

Selon le "Sunday Times News", ces enfants auraient un niveau de coordination et des possiblités de concentration équivalents à ceux que l’on observe chez des athlètes du plus haut niveau. Ils auraient aussi plus d’amis et seraient mieux intégrés que les autres. "Les personnes qui jouent régulièrement semblent développer un état mental que nous n’avions vu auparavant que chez les athlètes, ou dansdes professions comme astronaute, où la vie dépend de la concentration et de la coordination", explique l’un des chercheurs.

Des résultats rassurants...
La découverte la plus réconfortante est que, même s’il reste une minorité de joueurs qui jouent de manière obsessionnelle, la majorité d’entre eux parviennent à mélanger sainement cette activité avec d’autres. Les jeux vidéo auraient des répercussions dans d’autres domaines, y compris dans le travail scolaire. Ces enfants semblent capables de mieux se concentrer sur ce qu’ils font et ont une meilleure coordination.

Le quotidien cite une autre étude où les enfants qui avaient régulièrement joué aux jeux vidéo avaient obtenu plus tard, en moyenne, de meilleurs résultats à l’université. Une autre, menée par un psychologue anglais, Mark Griffiths, et un expert en jeux vidéo, basée sur 800 enfants jouant "modérément" (une notion très subjective puisqu’elle est ici équivalente à "moins de deux heures par jour") pratiquaient plus de sports que les autres, avaient plus d’amis et... lisaient plus !

Cette étude confirme celle menée par le journal "Spirou", il y a une dizaine d’années, qui suggérait que les enfants qui jouaient aux jeux vidéo avaient plus d’activités que les autres et lisaient plus, mais regardaient moins la télévision. Ce qui est logique puisque les consoles se connectent sur cet écran.

... et d’autres, inquiétants
Mais le même Griffiths a également trouvé que certains des enfants utilisant les ordinateurs développaient de graves problèmes de personnalité et pouvaient montrer des symptômes d’accoutumance.
Une étude de l’université de Stanford, citée par "The Register", suggère que des comportements agressifs chez des enfants peuvent être réduits en limitant le temps passé à jouer aux jeux vidéo ou à regarder la télévision. La centaine d’enfants qui ont participé à l’étude ont dû s’abstenir de jouer pendant dix jours, puis limiter le temps passé devant l’écran durant sept mois.

Leur comportement fut alors comparé à celui d’un groupe témoin qui avait, pendant le même laps de temps, conservé ses habitudes de consommation vidéoludique et télévisuelle. Les comportements agressifs à l’école étaient, dans le premier groupe, 25% moins élevés que chez ces derniers.

Pour être complet, précisons que l’étude n’était pas axée uniquement sur les jeux vidéo ; elle avait principalement pour effet de vérifier l’effet de la quantité d’images violentes sur la violence des enfants. D’après le "Register", lorsqu’il arrive à dix-huit ans, un enfant a vu, en moyenne, 200.000 cas de violence à la télévision.

Contradictoires ? Pas vraiment !
Les résultats de ces études ne sont pas aussi contradictoires qu’il n’y paraît, car elles ne mesuraient pas la même chose. On sait depuis longtemps que le jeu est, par essence, éducatif. Il n’y a pas de raison que le jeu vidéo ne le soit pas. Bien au contraire, car il exige des compétences très importantes de la part des enfants, qui doivent réellement "s’accrocher" pour évoluer dans des jeux souvent complexes.

Une bonne coordination oculo-motrice est indispensable. Les premiers résultats confirment donc que ces facultés entraînées par les jeux vidéo peuvent être utilisées dans la vie réelle.

Le jeu vidéo étant partie intégrante de la culture des enfants, il est aussi logique qu’il soit un facteur de socialisation. On parle des jeux vidéo à la récréation et on invite des amis pour jouer à la maison ; on s’échange des jeux.

Par contre, il est tout aussi clair pour toute personne ayant touché un jour à une console que ce type de jeu provoque une tension nerveuse importante, qui peut se décharger ensuite sous la forme de comportements agressifs. Mais tout est une question de limites. Dans la plupart des cas, le jeu vidéo n’est qu’une des activités de l’enfant et il y joue donc "raisonnablement" - la durée raisonnable étant une valeur qui peut varier en fonction des familles et des cultures.

Le temps passé devant l’ordinateur ou la console est généralement très important au début, à cause de l’excitation de la nouveauté, puis diminue. Il faut s’inquiéter lorsque l’enfant se focalise sur le jeu au point de limiter les autres activités. Car s’il n’est généralement pas la cause de ce comportement, le jeu vidéo peut être le symptôme d’un malaise individuel ou familial qui se révèle à cette occasion.

Pour la majorité des enfants, le jeu vidéo est donc positif. Il commence même à être utilisé pour aider des enfants atteints de certains troubles. Ainsi, des psychologues finlandais utilisent le jeu vidéo pour aider des enfants dyslexiques. Bien sûr, il ne s’agit pas de "Carnage Total V", mais d’un jeu développé spécialement pour entraîner une zone spécifique du cerveau. Il est utilisé chez des enfants de quatre à sept ans, sur lesquels il a réussi à provoquer une amélioration de la lecture.

Contrairement à la diabolisation de certains médias, le jeu vidéo peut donc être bénéfique. Mais comme toute chose, à condition de le consommer avec modération !

Article paru dans "Le Ligueur" en 2001.

(par Patrick Pinchart)


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