Les opérateurs ont bien compris la manne que représentait pour eux le public adolescent.

Proximus vient de lancer toute une série de jeux par SMS. Ce sont des services surtaxés, facturés au double du prix d’un SMS normal. Les jeux sont archi-simplistes : un quiz, un mot à compléter, un mini-test de connaissances, un anagramme. Le joueur envoie un code au serveur, qui lui envoie un SMS avec la question. A lui de répondre le plus rapidement possible. A chaque bonne réponse dans un délai donné, le score du joueur est augmenté. A la fin de la journée, le meilleur reçoit un petit cadeau (casquette, t-shirt, ticket de cinéma, etc). Coût : 10 FB pour demander chaque question, 10 FB pour envoyer chaque réponse. Le forfait téléphonique fond à vue d’œil !

Le nouveau service vicieux s’appelle " chat@2 ". Il permet de " chatter " (discuter de tout et de rien) comme sur Internet, mais via SMS. Il faut d’abord s’inscrire en donnant son nom (coût : 10 FB), sa date de naissance (coût : re-10 FB), ses centres d’intérêt (coût : encore 10 FB), etc. Au total, l’inscription coûte déjà six SMS surtaxés, soit 60 FB. Ensuite, il faut demander un interlocuteur pour le " chat " (coût : 10 FB). Et si le serveur en trouve un, chaque message qui lui sera envoyé coûtera à nouveau 10 FB. Le principe semble stupide, car deux amis qui s’envoient des SMS font déjà cela au prix normal (5 FB), sans devoir passer par un serveur. Mais le but est ici de faire communiquer des gens qui ne se connaissent pas. Comment ça, " c’est pour draguer " ? Qu’allez-vous donc penser ? Le problème de la sécurité lors des " chats " sur Internet va à nouveau se poser avec ce service plutôt pervers dont il vaut mieux déconseiller l’utilisation.

Le SMS va faire couler beaucoup d’argent et tout sera bon pour pousser les ados à en envoyer. Au temps de " Loft Story ", les téléspectateurs pouvaient envoyer des SMS pour donner le nom du lofteur qui serait éliminé. Tout benef pour M6, qui organisait le vote (l’opérateur téléphonique devait lui rétrocéder une partie du coût de la communication). Une autre chaîne permettait de voter pour ses tubes préférés par SMS ou par téléphone. Signe que les temps changent : le nombre de SMS a dépassé celui des coups de fil.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2001.