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::: Librairies électronique : c’est la guerre ! :::

  

Critiquée de toutes parts, la librairie en ligne Proxis contre-attaque. Dur, dur, le métier de chroniqueur Internet. Vous passez des jours et des jours à réaliser un dossier définitif sur les librairies en ligne et leur comparaison avec les libraires traditionnels, se concluant sur une victoire de ces derniers. Et quelques jours plus tard, le voilà déjà totalement obsolète.

Dans l’article Commerce électronique : peut mieux faire !, nous avions montré que la "e-librairie" Proxis, malgré ses annonces de réductions faramineuses sur le prix des livres, restait au-dessus du prix pratiqué par une librairie normale pratiquant la carte de fidélité. En cause : le coût de la livraison.

Patatras ! En mars, Proxis annonçait qu’elle offrait désormais le port gratuit sur le Bénélux, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Se positionnant désormais en première position dans une comparaison basée sur les prix. Proxis, en effet, pratique une politique très agressive de bradage des prix. Elle annonce entre 10% et 38% de réduction.

Première salve

Mais cela ne lui a pas attiré que des amis. Des libraires néerlandophones ont tiré la première salve avec une campagne contestant les principaux arguments de vente de Proxis : son catalogue très large et ses importantes réductions. Effectivement, lors de notre test, nous avions été frappés par le nombre de titres qui ne figuraient pas au catalogue de Proxis alors qu’en même temps de grandes affiches sur les murs de Belgique vantaient ses millions de titres. Nous avions aussi constaté une disproportion entre le prix "normal" affiché par Proxis et le prix officiel de certains livres.

A cela, Proxis réplique qu’il applique une "tabelle" sur le prix des livres importés de l’étranger, le multipliant par un coefficient qui tient compte de frais de change et d’importation. Un argument qui a du mal à convaincre lorsqu’on voit que "La Machination Voronov", le dernier Blake et Mortimer, annoncé par l’éditeur au prix de 475 FB, était affiché à un prix "normal" de 553 FB sur Proxis (prix Proxis 430 FB). Or, l’éditeur est... belge.

En fait, Proxis patauge depuis le début dans la vase des bases de données qu’il loue en France et aux Pays-bas, et augmente donc de frais d’importation des livres édités en Belgique. Et les lacunes constatées dans son catalogue correspondent souvent à des titres disponibles en Belgique mais pas encore diffusés à l’étranger.

Deuxième salve

Le Syndicat national français de l’édition a déposé le 17 mars une assignation contre Proxis devant le tribunal correctionnel de Paris. Il l’accuse de violer les dispositions de la "loi Lang".

Si le tribunal donne suite à cette plainte, le procès qui se déroulera risque d’être passionnant. Car c’est l’existence même de la loi sur le prix unique du livre qui est menacée ici. En effet, on voit mal comment Proxis, société belge domiciliée en Belgique pourrait être condamnée sur base d’une loi qui n’est d’application qu’en France. Or, sur Internet, aucune librairie française ? toutes limitées à une réduction de 5% maximum ? n’a la moindre chance de s’imposer à long terme face à un concurrent qui pratique des tarifs cassés. D’autant plus, explique Guillaume De Walque, de Proxis, que "la Cour de Justice des Communautés européennes a jugé que le prix unique n’est pas applicable aux livres importés en France depuis un pays de la Communauté, même si ces livres avaient été édités en France. Tous les livres que nous achetons à nos fournisseurs, qu’ils proviennent de France, des Etats-Unis, des Pays-Bas, du Royaume-Uni,... transitent systématiquement par notre siège d’exploitation à Vilvoorde. Ce système se justifie par des raisons logistiques et financières (empaquettage, coûts de transport moins élevés,...). Il est donc clair que la loi Lang ne s’applique pas à Proxis."

Peut mieux faire, disions-nous

Même s’il est un vainqueur potentiel dans ce combat, Proxis a encore d’énormes progrès à faire. Pour proposer un catalogue fiable. Pour se baser sur les prix réels et non sur des prix gonflés. Pour offrir des services et des conseils et non une simple interface de commande. Et, surtout, pour améliorer sa logistique et sa communication. Nous avons commandé deux livres chez Proxis. Le délai annoncé était de dix jours. Deux semaines après, ils ne sont toujours pas arrivés. Sans explication. Chez Amazon, la librairie américaine qui sert de référence, des emails tiennent en permanence le client de l’évolution de sa commande. Proxis a quelques leçons à tirer de la réussite de sa grande soeur américaine.

Article paru dans "Le Ligueur" en 2000.

(par Patrick Pinchart)


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