Ce sont les plus minuscules des guides informatiques. Plus aide-mémoire que guides pratiques les nouveaux livres carrés de Marabout sont de rapides sources de référence pour des sujets précis.

Il y a un plus d’un demi-siècle, Marabout inventait le Livre de Poche. Un peu plus tard, l’éditeur innovait encore avec la collection " Marabout-Flash ", un format original - la moitié de celui des livres de poche - et un traitement très pratique de l’information.

Ces petits guides permettaient d’apprendre le B.A.-BA d’une langue, d’un type de bricolage, d’un domaine culinaire, etc. en une bonne centaine de pages. Une collection qui a connu un succès considérable avant que diverses modifications de format durant les années 80 lui fassent perdre son identité de départ et l’entraînent inéluctablement vers le cimetière des bonnes idées.

Marabout récidive en intégrant dans ses très nombreuses collections informatiques des mini-guides d’à peine dix centimètres de large, vendus 2.9 euros. Chacun résume rapidement l’information sur un sujet précis, de manière extrêmement concise. Pas de méthode d’apprentissage, ici, mais plutôt un aide-mémoire ou un vade-mecum, que l’on tient à portée de main afin d’être consulté en cas de besoin.

Les SMS
" Le langage universel du XXIe siècle ", annonce la couverture. Si nous ne souscrivons pas du tout à cette définition du SMS (le SMS est une simplification de la langue, pas un langage en soi, et il n’a rien d’universel, à quelques expressions près), il est clair que cette nouvelle manière de communiquer, qui connaît un succès énorme chez les adolescents, nécessite un minimum d’initiation.

L’écriture de messages sur un clavier téléphonique est tellement laborieuse que le besoin de simplifier les mots s’est vite fait ressentir, et les messages SMS sont truffés de codes (par exemple, " a+ " signifie " à plus tard ", " D6D " " décider ", " biz " " bises ", etc.). Ce mini-guide les énumère tous, après avoir résumé les grands principes des SMS, et avant de proposer un petit dictionnaire SMS/français.

Dico Smileys
Les nouvelles manières ultra-rapides de communiquer que sont l’e-mail et le SMS ont donné naissance à un moyen très original d’exprimer ses émotions : le " smiley " ou " émoticon ". En effet, un message peut être mal perçu et pris au premier degré s’il n’est pas indiqué clairement que l’utilisateur plaisante ou ironise. Les émoticons sont une courte série de signes typographiques qui symbolisent un visage et qui donnent le ton. Ils se lisent horizontalement, en penchant la tête vers la gauche. :-), par exemple, représente un visage heureux, souriant. :-(, le même bonhomme dépité. Et ;-), quelqu’un qui vous fait un clin d’œil.

Si certaines suites de caractères sont évidentes, d’autres le sont beaucoup moins, et certaines sont même complètement hermétiques. Ce guide ne vous servira pas à grand chose dans la vie de tous les jours car les smileys les plus communs n’y constituent que la minorité.

Son but avoué est de vous pousser à former un numéro de téléphone payant afin d’en télécharger sur votre téléphone portable. Un aspect mercantile très déplaisant, d’autant plus que la liste des smileys les plus communs - et donc compris par tous - est aisément trouvable sur Internet, gratuitement [1].

E-mail du voyageur
Comment ne pas perdre le contact e-mail avec ses proches lorsqu’on se trouve à l’étranger ? Il y a plusieurs réponses possibles à cette question. Se connecter à Internet dans un cybercafé local, emporter son ordinateur portable avec soi si l’on a la chance d’en posséder un, ou profiter de la connexion de quelqu’un d’autre pour consulter son courrier en indiquant les références de son serveur traditionnel (encoure faut-il les connaître !).

Mais ce petit guide ne se contente pas de donner quelques pistes relatives au courrier électronique. Il explique comment on peut expédier des fax par e-mail, comment acheter une adresse électronique " pour la vie ", où trouver les cybercafés du monde entier, installer un répondeur automatique d’e-mails en votre absence, etc.

On regrette cependant l’orientation très " Microsoft " de ce guide. Il existe bien d’autres programmes de courrier électronique que Microsoft Outlook Express, d’autres messageries que Microsoft Hotmail, et les utilisateurs de Macintosh, même s’ils sont en moins grand nombre que ceux de Microsoft Windows, aimeraient avoir plus d’informations les concernant. Une orientation détestable, que l’on retrouve également dans le guide " communication instantanée ", consacré exclusivement au logiciel " Microsoft Messenger ", alors que des concurrents comme " Yahoo Messenger " ou d’autres sont tout aussi performants.

Avec ce type de choix éditorial, le directeur de collection participe à la consolidation d’un monopole qui a déjà fait énormément de dégâts - et pour lequel Microsoft a des problèmes juridiques considérables.

Les gratuits du Web
L’optique " 100% gratuit " d’Internet est en train de virer de cap. En effet, comment faire vivre une entreprise si l’on doit payer des locaux, du personnel, du matériel et que l’on ne recueille pas un centime en retour ? Les faillites en cascade et l’importante crise de l’an 2000 ont provoqué une importante remise en question, et le retour au réalisme verra sans doute se côtoyer des services payants et une forme réduite de ceux-ci à accès gratuit.

Il est ainsi possible d’obtenir un hébergement de site Internet pour une trentaine d’euros par an [2]. Pourquoi, alors, continuer à profiter d’hébergements gratuits saturant les visiteurs de votre site de bandeaux publicitaires intrusifs, et pouvant s’interrompre à tout moment, sans aucune garantie pour l’utilisateur ?

Ce guide fait une sélection des services encore disponibles " gratuitement ", comme l’accès à Internet (qui, rappelons-le, n’est pas gratuit puisque vous payez la communication téléphonique, dont une partie est rétrocédée à l’opérateur), les adresses e-mail, les freewares (logiciels offerts à la communauté par leurs développeurs), les moteurs de recherche, l’envoi de SMS, les dictionnaires et encyclopédies, les " traducteurs " (présentés comme " très performants " par l’auteur alors que leurs résultats, le plus souvent approximatifs, sont en général à hurler de rire), les espaces de stockage en ligne et l’hébergement de sites web.

On regrettera l’absence de solutions pour la Belgique. On n’y trouve ainsi aucun fournisseur d’accès " gratuit " à Internet belge, une lacune grotesque puisque les informations concernant ceux-ci sont aisées à trouver.
De plus, ce type de recueil de liens vers des sites Internet devient vite obsolète, ce qui n’est pas le cas des sites Internet [3] qui proposent exactement la même chose... gratuitement !

Article paru dans "Le Ligueur" en 2002.