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::: Petits dérapages d’Internet :::

  

Le côté sombre d’Internet, ce n’est pas que les grands scandales que sont la pédophilie, les sites négationnistes, les escroqueries, les virus... dont parlent tous les médias. Il y a de petits dérapages au quotidien, qui ne sont pas médiatisés, mais auxquels chacun peut aussi être confronté.

Sexisme ou humour ?

"Les mots que vous lisez sont les premiers que j’ose écrire sur un ordinateur. Avant, je ne tapais jamais sur un ordinateur. Je le détruisais. Les gens qui comme moi souffrent de “Pécéphobie” sont pris d’angoisse dès qu’ils voient un ordinateur, fût-ce un petit portable. Rien que le son du ventilateur de refroidissement me donne déjà la chair de poule. Les horribles virus qui pullulent dans les ordinateurs provoquent chez moi des cauchemars terribles(...)". Celle qui parle ainsi, c’est Ginette. La vedette du site pecephobie.be.

"Jusqu’à ce jour", continue-t-elle, "où je faisais des frites dans la cuisine. Félix, mon plus jeune, a fait irruption derrière moi avec sa dissertation sur “le comportement social des lapins” sur laquelle il avait travaillé un mois entier.

“Maman, tu veux bien lire ma dissertation ?” me demanda t-il. Je m’attendais à ce qu’il me tende une pile de feuilles mais en me retournant, j’ai vu son portable. Dans un réflexe de panique, je lui ai arraché la chose des mains et l’ai immédiatement plongée dans la friteuse."

Le site pecephobie.be, destiné à donner quelques conseils de bon sens sur l’utilisation de l’ordinateur, a choisi de le faire via une caricature de la femme correspondant à l’image qu’en donnait la publicité dans les années 50. Ginette, sourire forcé aux lèvres, est conne, très conne, dès qu’il s’agit d’une chose que maîtrisent les hommes : l’ordinateur. Et, bien sûr, pour l’adapter au cliché actuel de la femme archi-stupide, c’est une...blonde ! Le site va donc la déniaiser en lui donnant quelques conseils "bateau", de ceux que l’on trouve partout... et dont on se demande ce qu’ils apportent de plus que tout ce qui a déjà été dit maintes fois !

On peut y télécharger un petit guide, dont nous avons repris deux extraits ci-dessus, et qui indiquent - outre la lourdeur de l’humour de ses rédacteurs - le niveau élevé de l’image que les diverses sociétés commerciales à l’origine de ce projet (parmi lesquelles on trouve Skynet, Microsoft, Belgacom, Telenet, Fortis Bank, IBM et plein d’autres) ont de la femme face à l’ordinateur. Un sexisme évident, qui a irrité nombre de personnes, dont la Présidente du "Groupement belge de la Porte Ouverte pour l’émancipation économique de la travailleuse", qui nous a transmis une copie de la plainte qu’elle a adressée au site :

"(...) Effectivement, c’est scandaleux... doublement scandaleux puisque payé par nos impôts...et diffusé par le site de notre gouvernement fédéral national.

(...) En outre, mes amis informaticiens m’ont confirmé combien ce site est truffé de désinformations visant à décourager la population d’utiliser les logiciels libres... et les orientant très partialement vers un petit nombre de revendeurs sans doute choisis parmi les "généreux bienfaiteurs". (...) Et ne prétextez pas que c’est de l’humour : d’une part, ce n’est pas drôle pour une femme d’être symbolisée par une cendrillon hystérique, inculte et sans cervelle... et d’autre part si vous aviez présenté dans le rôle ridicule un Arabe, un Noir ou un Juif, vous auriez déjà les associations contre le racisme sur le dos... Je tiens beaucoup à vous faire prendre conscience que le SEXISME, c’est aussi GRAVE que le RACISME."

Extrafilm imprime plus blanc

Lors de notre test de développement de photos sur Internet, nous avions comparé les tirages de 20 photos envoyées aux cinq principaux laboratoires en ligne. Pour la qualité, Wistiti.be et Extrafilm.be sortaient du lot.

Si vous avez choisi de faire développer toutes vos photos de vacances chez Extrafilm, vous avez sans doute déchanté depuis. Car le laboratoire semble dépassé par son succès lorsqu’il s’agit de commandes importantes. Vous vous êtes peut-être, vous aussi, retrouvé, à la place de vos photos, avec des centaines de clichés blancs, marqués de la mention "File not printed".

Que des centaines de photos soient remplacées par des mentions d’erreur est déjà grave. Que personne, chez Extrafilm, ne vérifie les tirages, l’est encore plus. D’autant plus que l’expédition des photos a un coût important pour l’utilisateur, en termes de temps et de bande passante (qui est facturée par son fournisseur d’accès). Les photos doivent, en effet, être téléchargées sur un serveur. Autant de raisons de préférer un autre laboratoire si le nombre de vos tirages dépasse quelques dizaines.

Ma vie privée n’appartient pas à Ego Marketing

Cela se passe dans l’un de ces nombreux événements publics auxquels nous sommes régulièrement conviés. Un photographe prend des photos et vous tend un petit papier : "Si vous voulez voir la photo et la télécharger gratuitement, vous vous rendez sur le site (exemple vécu) dhnet.be ou lalibre.be". Quelques jours plus tard, vous vous y rendez pour obtenir la photo promise et, - surprise ! - on vous demande de vous identifier.

Pas de problème, vous êtes prêt à donner votre adresse e-mail, comme c’est souvent le cas, pour qu’on vous envoie un mot de passe. Mais ici, on exige bien plus : votre prénom, votre nom, votre date de naissance, votre profession, votre niveau d’études, votre secteur d’activités, votre numéro de téléphone (fixe et portable), votre adresse complète, la composition de votre foyer, le nombre d’enfants dans la famille, vos habitudes d’achat sur Internet, et même vos centres d’intérêt dans la vie. Avec obligation de répondre à toutes les questions, autrement vous n’avez pas accès à "votre" photo.

Un véritable interrogatoire, terriblement intrusif, et qui viole votre vie privée, dû à la société "Ego Marketing". Qui explique, sur son site, comment elle fonctionne :

"Ego Marketing est un service de ’permission marketing’, permettant de collecter rapidement et efficacement sur Internet le profil de personnes assistant à des événements.

Le principe est simple : Ego Marketing prend des photos des personnes présentes à ces événements, et leur distribue des tickets portant l’URL du site web où elles pourront retrouver leurs photos.

Pour voir leurs photos, ces personnes devront s’inscrire en ligne. Leurs profils qualifiés seront collectés, en ’double opt-in’ conformément à la Loi, et vous seront loués dans le respect des règles de l’email marketing et de la vie privée."

Ego Marketing a une notion bien à elle des "règles de l’email marketing" : lorsqu’un consommateur n’a pas d’autre choix, pour obtenir quelque chose qui lui a été promis, que de divulguer une partie de sa vie privée, on ne peut pas considérer cela comme une conduite respectueuse de la personne. Et, comme vous l’avez lu ci-dessus, cette société va ensuite monnayer vos informations personnelles auprès de ses clients.

Contrer ce genre de pratique est heureusement aisé. Il suffit de répondre aux diverses questions par... des données fausses. Les informations vous concernant ont une vraie valeur. Ne les communiquez donc pas à la moindre demande. Votre vie privée vous appartient.

Article paru dans Le Ligueur en 2005.

(par Patrick Pinchart)


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