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::: Presque enterrés - Jules, n°2 - Bravo - Dargaud :::

  

Créée pour le magazine Okapi des très catholiques Editions Bayard, "Jules" est une série pour enfants sages qui parvient à éviter les écueils du genre : si le héros est bien propre sur lui, il est entouré de personnages pittoresques qui lui donnent du piment. Et qui permettent à l’auteur de réaliser des portraits au vitriol de certains types de personnages... ou de certaines dérives de nos comportements.

Revoilà Jules, Bastien, Janet et le cochon d’Inde Bidule en route vers l’aventure souterraine - la spéléologie, en clair. C’est l’euphorie générale, à un détail près : Roméo, l’odieux frère de Jules, est du voyage. Il paraît que la spéléologie développe la sociabilité, et Roméo a justement besoin de développer ça.

Le quatrième équipier, c’est Hubert, le fils d’un médecin qui a réussi à tuer sa femme et son bébé en procédant lui-même à l’accouchement. Depuis, ce dangereux personnage a été recyclé maire du village - une occupation moins nuisible à première vue - et Hubert passe sa vie à explorer les grottes de la région (un cliché oedipien, le retour à la mère nourricière, d’après Janet).

Une fois tout le monde descendu au fond de la fosse Draco, Roméo manifeste aussitôt son talent en écrabouillant un pseudoscorpion : après des millions d’années d’adaptation à un environnement hostile, c’est le premier pseudoscorpion qui meurt de façon gratuite, victime de la bêtise humaine. Bravo !

Et puis c’est l’éboulement et la catastrophe : les voilà coincés sous terre. Cherchant une issue. Jules glisse Bidule dans un trou pour voir où ça mène. Bidule revient paniqué, suivi d’une "main préhistorique" et, une fois le trou élargi, de l’homme préhistorique entier qui dit : "Je suis bien content". En effet, ce pittoresque paléoanthropologue erre là-dedans depuis des semaines. En piteux état, il est encore capable de s’enthousiasmer pour le paléolithique et de dénigrer le néolithique - dont Roméo, qui continue de se conduire comme un sagouin, semble être un résidu représentatif.

Pendant ce temps, tout le monde s’agite en surface : les sauveteurs, les parents, la télé, et, bien sûr, monsieur le maire, qui s’avère aussi nuisible dans son nouveau statut que dans celui de médecin. Malgré tout, une fois la tribu sauvée, on constate un miracle : Roméo est devenu poli et avenant. On parie que ça ne va pas durer ?

L’expédition, à la fois cocasse et angoissante, nous apprend sur l’histoire de l’humanité des tas de choses qui devraient passionner aussi bien les neuf / quinze ans que les adultes. Le tout avec finesse et humour, grâce au talent d’Emile Bravo, lauréat du Prix Goscinny du jeune scénariste, dont le dessin est également bourré de charme.

Beaucoup de gags, des personnalités modernes et bien cernées et un rythme effrené du récit : Emile Bravo donne une bouffée d’air frais au roman pour enfants sages (Okapi est quand même publié chez Bayard, excellent éditeur de type éducatif, mais pas vraiment connu pour son impertinence). La férocité et l’efficacité de son humour est pour une bonne part dans cette modernisation. Un livre dense et équilibré, qui ne souffre d’aucun temps mort tout au long de cette passionnante aventure de 54 planches.

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(par Patrick Pinchart)


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