Les "hackers", ces pirates qui s’introduisent dans les réseaux informatiques pour y lire les informations ou y détruire les données, ne s’attaquent pas qu’aux entreprises. Les particuliers sont menacés, eux aussi.

L’ADSL est, si l’on en croit les statistiques, en train de s’implanter dans les foyers belges, sûrement et rapidement. Le "haut débit" qu’il autorise séduit ceux qui téléchargent ou envoient de lourds fichiers. La possibilité d’être connecté quand on la désire sans se soucier du prix des communications téléphoniques intéresse tous les autres. Car l’ADSL est payé au forfait. Que vous vous connectiez une minute par jour ou vingt-quatre heures sur vingt-quatre, durant les heures creuses ou les heures de pointe, le coût mensuel est le même. Vous ne payez un supplément que si vous dépassez les limites de poids de téléchargement.

L’attaque et la contre-attaque

Mais cette possibilité d’être relié en permanence au réseau n’est pas sans risque. Car des programmes lancés par des pirates ("hackers") parcourent le réseau en recherchant des ordinateurs connectés, pour pouvoir ensuite y puiser les données personnelles (par exemple, vos mots de passe, numéros de cartes de crédit, etc.), y manipuler des fichiers... voire les détruire. Des chevaux de Troie, une catégorie particulière de virus, circulent également sur le réseau, par exemple via les e-mails, et s’installent sur les ordinateurs d’où ils peuvent effectuer des actions malveillantes. Seul un programme pare-feu ("firewall") peut vous protéger de ces menaces. Les plus connus sont Zone Alarm, de Zone Labs pour le PC, ou Net Barrier d’Intego pour le Macintosh. Ils offrent une version gratuite, que l’on peut transformer en version "pro" contre paiement d’une somme modique.

Kaspersky, déjà éditeur d’un excellent anti-virus, offre une solution 100% dédiée à la protection contre le hacking pour le PC : "Kaspersky anti-hacker".

Son but est de protéger l’ordinateur contre l’accès non autorisé aux données qu’il contient, et contre les attaques extérieures d’intrus provenant de l’Internet... ou du réseau de l’entreprise, dont d’autres ordinateurs peuvent être infectés.

Il protège le contenu de la machine et empêche les chevaux de Troie de transmettre ses données vers l’extérieur. Il bloque l’accès aux logiciels malveillants et rend très difficile la détection de l’ordinateur sur Internet, qui peut être rendu "invisible" pour le réseau. Les hackers, ne trouvant pas de cible visible, chercheront ailleurs un endroit d’où effectuer leurs nuisances et ne tenteront pas de pénétrer votre ordinateur.

Pour le novice (vous et moi), le logiciel propose une administration simplifiée par cinq niveaux de sécurité disponibles : "bloquer tout", "haut", "moyen", "bas", "autoriser tout". Par défaut, le logiciel utilise le niveau "moyen", ce qui permet de se familiariser avec les options de sécurité. Les spécialistes ou les utilisateurs chevronnés pourront configurer finement une série de filtres, mais ce n’est pas à la portée du premier venu.

C’est peut-être cette force qui est la principale faiblesse de ce logiciel pour les utilisateurs débutants. La configuration fine est complexe et ne sera sans doute jamais utilisée par ceux-ci, pour lesquels le logiciel "Zone Alarm" est sans doute plus adapté. Mais si vous êtes prêt à faire un effort de lecture du manuel et à plonger les mains dans le cambouis, ce programme vous offrira une protection efficace. Son mode "invisible" est particulièrement intéressant.

Il est important de noter qu’un pare-feu n’est pas un anti-virus et que la protection de l’ordinateur commence par l’acquisition d’un logiciel anti-virus et par sa mise à jour automatique à chaque connexion sur Internet. Les deux types de programmes sont donc complémentaires. Et indispensables.

Article paru dans Le Ligueur en 2004.