Dans la guerre des consoles de salon, Sony est venu, a vu et a vaincu. Sa console Playstation 2 a écrasé ses concurrents, Nintendo, avec sa Game Cube, et Microsoft avec sa X-Box, s’imposant comme le maître-choix par la variété et la qualité de ses jeux. Petit retour en arrière sur quelques titres sortis depuis notre précédent dossier.

Jeux de plates-formes

Ratchet et Clank

Ratchet est un mécanicien à qui un robot débarqué d’une autre planète, Clank, vient annoncer que le président de celle-ci a l’intention d’épuiser les ressources de la Terre pour créer un nouveau monde afin d’y installer ses monstrueux Blargs. Ratchet et Clank vont tenter de l’empêcher de mener à terme cet affreux projet. Une longue quête commence alors, dans des décors spectaculaires, où les deux héros devront lutter, à l’aide d’armes et de véhicules extrêmement variés et divers gadgets sophistiqués, contre une foule d’extra-terrestres impressionnants. Cette variété constante donne son intérêt à ce jeu de plates-formes très riche, à la maniabilité impeccable.
(A partir de 10 ans)

Ape Escape 2

Des centaines de singes se sont enfuis de leur cage, au zoo, après avoir été équipés d’un casque augmentant leurs capacités intellectuelles. Le joueur doit les récupérer à l’aide d’un filet et d’une douzaine de gadgets. L’originalité de ce jeu est l’utilisation conjointe des deux manettes du joypad, la première pour se déplacer, la seconde pour manipuler les gadgets disponibles. Les déplacements sont donc indépendants des attaques, qui peuvent être menées sans tenir compte de la direction du héros (mais il n’est pas évident du tout de s’y retrouver dans cette double manipulation !). Le scénario est tout aussi original, avec pas mal de trouvailles comme, par exemple, une couleur de short associée à chaque singe et qui indique sa personnalité (peureux, rapide, myope, agressif, etc.) qui implique d’adapter sa technique pour l’attraper. Une fois terminé, le jeu pourra être recommencé en mode "contre la montre".
(A partir de 10 ans).

Castleween

Ambiance Halloween : dans un univers cauchemardesque de cimetières, de lumière glauque, de squelettes et de morts-vivants, deux enfants, plongés dans l’au-delà, doivent sauver leurs amis des griffes d’un monstre, qui les a transformés en statues. Les deux enfants ont des capacités différentes. Il est donc en permanence nécessaire de les alterner pour pouvoir avancer. Mais leurs transformations sont en nombre limité et il faut ramasser des cristaux sur le parcours pour pouvoir effectuer une nouvelle transformation en cas de besoin. Ce qui paraît original au début devient malheureusement vite lassant. Au niveau graphique, par contre, l’inspiration Tim Burton/"Etrange Noël de Monsieur Jack" est excellente.
(A partir de 8 ans)

Pac-Man World 2

Pac-Man est l’une des véritables icônes des jeux vidéo. Né à la fin des années 70 dans un jeu devenu culte, il a conservé tout son aura et de nouvelles versions viennent régulièrement ranimer le mythe. Cette fois,la grosse boule jaune doit retrouver l’immonde Spooky, qui s’est échappé de prison, et qui a volé les fruits magiques de Pac-Land. Le jeu rappelle "Crash Bandicoot" - une excellente référence-, consistant à suivre une voie toute tracée en évitant les pièges, en éliminant les ennemis, et en sautant sur des caisses pour en récolter le contenu. Les nostalgiques apprécieront de retrouver, de temps en temps, les versions historiques des jeux classiques de Pac-Man qui ont assis sa notoriété et qui sont TOUTES insérées dans le scénario. Les autres seront ravis pas la variété de niveaux, de types de jeux et de décors. Avec ses graphismes colorés, sa maniabilité impeccable, la richesse de son scénario, ce jeu, destiné aux plus jeunes, plaira à toutes les tranches d’âge.
(A partir de 6 ans)

Sly Raccoon

Sublime ! Sly Raccoon est un raton-laveur cambrioleur, une sorte d’Arsène Lupin de l’espèce animale, qui sévit dans un Paris très 1900. Il ne vole que les riches, bien sûr, accompagné de ses deux comparses, Bentley la tortue et Murray l’hippopotame. Pour l’heure, il veut surtout récupérer un document précieux qui a été dérobé à son père, et qui est une sorte de référence ultime sur l’art du cambriolage. C’est une société secrète qui est responsable du larcin. Il va devoir la combattre, usant de toutes les techniques que lui a apprises son père, entre autres celles permettant de passer inaperçu. Ce jeu se déroule comme un dessin animé. Les développeurs ont utilisé une nouvelle technique, le "cell-shading", qui donne un rendu similaire à ce que l’on obtient dans l’animation traditionnelle. Et le résultat est fascinant... et particulièrement gai à jouer.
(A partir de 8 ans)


Jeux musicaux

Frequency

Frequency fait partie de ces nouveaux jeux de réflexes qui tentent de trouver de nouvelles voies en mêlant musique, rythme et jeu vidéo. Le joueur fonce dans un tunnel, sur fond musical. Celui-ci est découpé, sur toute sa longueur, en différentes bandes, qui sont autant de partitions rythmiques pour divers instruments : percussions, voix, basse, etc. Ces partitions sont constituées de petits indicateurs colorés dont l’emplacement correspond à l’une des touches du joypad. Le joueur est lancé à vive allure dans le tunnel et doit cliquer sur le bouton correspondant lorsque l’indicateur passe au niveau d’un viseur, déclenchant ainsi le son correspondant.Il compose au fur et à mesure différents phrases musicales qui, réunies, composent de la musique techno. Un concept hypnotisant qui propose un réel challenge.
(A partir de huit ans)

Space Channel 5 Part 2

Le concept est celui du titre qui initia les jeux musicaux, "Parappa the Rapper" : un duel de danses où le joueur doit réaliser une combinaison de touches bien précises pour imiter les mouvements imposés par un danseur. On se trouve donc dans une sorte de remake de "Saturday Night Fever" mêlé au vieux concept de "Jacques à dit". La belle Ulala, journaliste de l’espace à la chevelure rose, va y affronter une bande d’extra-terrestres qui force les Humains à danser. Le principe du jeu est ultra-simple : l’ennemi réalise une séquence de danse, et le joueur doit la répéter immédiatement après par une combinaison bien précise de touches. Très criard au niveau des graphismes, ce jeu n’est pas évident du tout à maîtriser, à cause du peu de tolérance rythmique. Il faut être dans le tempo, point. Autrement, on perd la partie. Mais le principe est excitant, et il est même possible d’y jouer à deux simultanément.
(A partir de huit ans)


Simulations sportives

Roland Garros 2003

Et si l’on se rejouait la finale de Roland Garros ? Ce jeu est supposé nous en offrir la possibilité puisqu’il intègre la modélisation de tous les joueurs de cette édition, y compris Justine et Kim. Bon, on ne peut pas dire que les responsables de la modélisation ont fait des prouesses, mais on fera comme si. Les sets se déroulent sur les vrais courts en terre battue de Roland Garros et l’on pourra y participer aux tournois de l’US Open, de l’Australian Cup et du British Classic. Les amateurs de simulations pure et dure en seront pour leurs frais, car le réalisme n’est pas vraiment au rendez-vous. Les frappes ne sont pas très réalistes, les ralentis mal fichus et les décors manquent de finition. Mais les différents modes de jeux (arcade, exhibition, carrière, multijoueurs, endurance, avec trois niveaux de difficulté) devraient permettre aux moins exigeants de passer un bon moment, raquette en main.
(A partir de 12 ans).

World Rally Championship Extreme

Cette simulation de rallye automobile offre un choix de voitures puissantes sur des circuits routiers en décors réels, truffés de pièges et de dangers. Le nombre de réglages possibles au démarrage du jeu participe à l’impression générale de réalisme qui se dégage de ce titre : tous les facteurs importants peuvent être calibrés en fonction de l’épreuve. Quatorze sont prévues, réparties sur plus de 100 étapes. La maniabilité est impeccable : la prise en mains est très rapide et on maîtrise rapidement le véhicule... jusqu’à la première difficulté sur la route, qui peut le renverser et provoquer la fin de l’épreuve. C’est qu’il devient rapidement nécéssaire de maîtriser les commandes pour parvenir à faire de bons scores et éviter de multiplier les sorties de route. Ce jeu, à la durée de vie importante grâce à sa difficulté croissante, peut également se jouer à deux.
(A partir de 10 ans)

Moto Grand Prix 3

Une simulation de conduite de moto de compétition en plusieurs modes : arcade, championnat, contre la montre, challenge, multijoueurs. Par rapport aux épisodes précédents de ce titre à succès, il ajoute une fonction de freinage avec les roues arrière qui améliore le réalisme mais qui complique aussi la prise en mains. Les joueurs pourront y affronter les principaux champions de ce grand prix, et même, en mode "challenge", concourir directement contre les meilleurs d’entre eux. La réalisation est très bonne, les animations des décors et des mouvements de la moto donnent vraiment l’impression de rouler à pleine vitesse, d’autant plus quand la météo s’en mêle ! La version multijoueurs permet de jouer à quatre en simultané.
(A partir de 10 ans)

Drome Racers

C’est LEGO qui sponsorise ce jeu, et l’on a donc la surprise de se retrouver au volant de petites voitures de la marque (la gamme Lego Racers), dans des décors futuristes de toute beauté, qui rappellent l’excellent "Wipe Out". Il est possible d’y participer à une course rapide à un ou deux joueurs, on en mode arcade, soit simple, soit contre la montre, soit en mode carrière (obligation de participer à plusieurs championnats). Il ne s’agit pas de simulation proprement dite, mais de course "pour le fun", sans volonté aucune de réalisme dans les réactions des véhicules. On peut d’ailleurs récolter des bonus afin de lancer des pièges aux autres concurrents, et des sphères d’énergie pour redonner du tonus à son véhicule, qui se dégrade au fil de la course et des accrochages successifs. C’est que son comportement est très étrange, et qu’il est très aisé d’en perdre le contrôle, une maniabilité décevante qui rend le jeu frustrant. Le jeu propose neuf circuits et trois championnats.
(A partir de 10 ans)


Aventure

Kingdom Hearts

Les fans de Final Fantasy reconnaîtront de nombreux éléments de ce jeu culte dans cette magnifique version, adaptée à l’univers de Walt Disney. Cette longue aventure, superbement travaillée au niveau des graphismes et des animations, est truffée de références à l’univers disneyen. Elle met en scène un héros, Sora, habillé comme Mickey, mais dans le style réaliste des héros de Final Fantasy. Au départ, lancé seul dans l’aventure en tant qu’héritier d’un royaume menacé, il est vite rejoint par deux compagnons bien connus : Donald et Disney. Ceux-ci sont gérés par le moteur d’intelligence artificielle du jeu, en fonction du comportement du joueur. Le résultat est parfois un peu confus, mais cela ne gâte que peu ce passionnant voyage dans les divers univers créés par Disney, de Blanche Neige à Tarzan en passant par Alice au Pays des Merveilles et Pinocchio.
(A partir de 8 ans)

Primal

Plus sophistiqué encore que le précédent, ce jeu d’aventure est destiné aux plus grands, car il plonge le joueur dans une atmosphère angoissante dès les premières images. Il débute dans les bas-fonds d’une grande ville américaine, où se déroule un concert rock perturbé par un monstre démoniaque qui enlève la vedette devant les yeux de sa compagne, la belle Jen... et l’expédie à l’hôpital. Là, alors qu’elle se trouve dans le coma, une gargouille la réveille pour l’entraîner dans un monde parallèle divisé en quatre royaumes que se sont partagés deux forces, l’Ordre et le Chaos. Mais le dieu du Chaos a commencé à attaquer les mondes de l’Ordre. Et le déséquilibre qu’il a entraîné se répercute déjà dans le monde des Humains. Le scénario de ce jeu est très riche. Mais il est aussi, à cause de cela, très bavard, et les plus jeunes décrocheront rapidement. Un jeu fabuleux, magnifique, envoûtant, très abouti au niveau des graphismes et des animations, mais qui nécessitera beaucoup de tenacité pour en connaîtrela fin.
(A partir de 16 ans)


Action

Rygar - The legendary Adventure

Après une introduction spectaculaire mais très kitch -on nage rarement dans le bon goût dans les jeux d’action -, le joueur se retrouve plongé dans un souterrain. Il incarne Argus, un gladiateur, tombé là lorsque des Titans ont attaqué sa princesse, qu’ils se sont empressés d’enlever. Il doit donc parcourir tous les niveaux de la forteresse, truffés bien sûr d’ennemis (vraiment) monstrueux, et les éliminer à l’aide d’une arme qui lui a été léguée, le Diskarmor. Magistralement mis en scène, se déroulant dans des décors somptueux, avec une foule d’effets spéciaux, Rygar n’est pourtant qu’un jeu de combat traditionnel, qui se limite à cogner sur tout ce qui bouge. Les plans des caméras, souvent illogiques, handicapent le joueur. Le jeu, finalement, devient rapidement répétitif, se bornant à pénétrer dans un local et à y massacrer tous les monstres avec son Diskarmor avant de passer au suivant. Dommage, lorsqu’on voit l’investissement au niveau des graphismes et l’excellence de la réalisation.
(A partir de 16 ans)

The mark of Kri

Dans le jargon des joueurs, on appelle ça un "Beat’em All", un jeu où l’on passe son temps à cogner sur tout ce qui passe. Mais celui-ci n’est pas comme les autres, car son système de combat est innovateur. Plutôt qu’avancer en appuyant à répétition sur les touches de combat, le joueur doit au préalable parcourir tout l’espace autour de lui avec son joystick et sélectionner tous les ennemis. Un symbole apparaît alors au-dessus de leur tête : celui de la touche qu’il devra utiliser pour les combattre. Ca n’a l’air de rien, mais ça change tout puisqu’il n’a "plus qu’à"(sic) cliquer sur ces diverses touches pour que le héros frappe les ennemis, même quand ils sont dans son dos. Ajoutez à cela une animation fluide, des animatiques de toute beauté, des décors impressionnants... pour les amateurs du genre, c’est un excellent choix, qui renouvelle complètement le style de jeu.
(A partir de 16 ans)

Superman Shadow of Apokolips

Le vétéran des super-héros américains n’a jamais passionné les développeurs de jeux vidéo, ce qui est étonnant vu sa notoriété mondiale. Cette version n’est pas inspirée des célèbres "comics", mais des dessins animés et du style simplifié qui a été adopté pour ceux-ci. Superman vole au-dessus des buildings de Metropolis, et doit accomplir diverses missions. Par exemple, empêcher un bus accidenté, en déséquilibre sur un pont, de tomber, entraînant ses passagers vers la mort. Mais il ne s’arrêtera pas à des B.A., il devra également lutter contre de vrais malfaisants ou des armées de robots. La maniabilité, malheureusement, est catastrophique, et le personnage répond extrêmement mal aux instructions. De plus, la caméra ne parvient pas à suivre toutes les phases de jeu, et se braque parfois... sur le mur ! On est d’abord frustré, on finit par s’ennuyer ferme, et on passe à autre chose...
(A partir de 10 ans)

Shinobi

C’est l’un des plus anciens jeux de combats, qu’on croyait définitivement enterré, qui s’offre un come-back inattendu. Il met en scène un ninja dans une ambiance futuriste de Japon de fin du monde, qui doit maîtriser les techniques (difficiles) de combats à l’arme blanche au cours d’une quête. Celle-ci consiste principalement à massacrer tous les ennemis qui lui tombent dessus. Tout est axé sur la rapidité des combats et la qualité de leurs animations afin d’éviter un sentiment de lassitude devant l’aspect répétitif du concept du jeu. Il ne sera pas évident du tout à terminer, à moins d’être un expert.
(A partir de 12 ans)

Tekken 4

Grand classique des duels d’arts martiaux, Tekken se déroule dans des arènes spécialisées où plus d’une vingtaines de combattants vont s’affronter, hommes et femmes musclés mais aussi humanoïdes et grosses peluches faussement inoffensives, costumés dans la tradition des lutteurs de catch américains. Ce quatrième épisode de la saga se devait d’innover pour renouveler l’intérêt de ses fans. Il le fait en ajoutant quelques personnages monstrueux et de nouvelles possibilités de mouvements pour piéger son adversaire. Il offre plusieurs modes, "Story", "Arcade", "Time Attack", "Survival", "Team Battle", "Tekken Force" et "Training". Un incontournable pour les amateurs de ce genre de délassement particulièrement défoulant.
(A partir de 12 ans)


Et la Playstation 1 ?

Le succès de la Playstation 2 ne doit pas occulter la tout aussi écrasante réussite de la première version de cette console de salon. Des développeurs de jeux continuent encore à la nourrir de nouveaux titres, afin de profiter de l’énorme parc de consoles existant. Avantage : ces jeux peuvent également se jouer sur la Playstation 2. Si la différence dans les graphismes joue en défaveur de la première pour un public ado, cela n’intervient pas chez un public enfantin, qui s’intéresse avant tout au plaisir du jeu, pas au réalisme de son rendu. Et puis, un bon jeu reste passionnant à jouer, même avec des graphismes "dépassés" (comprenez : "datant d’il y a plus de deux ans"). Les nouveaux jeux Playstation s’adressent généralement aux plus jeunes.

Parmi les derniers jeux sortis à destination d’un public de moins de dix ans sur la Playstation 1, citons Jinx, un jeu de plates-formes qui met en scène le bouffon d’une cour royale qui doit sauver le pays d’une bande de pirates. Il passe ainsi d’une région du pays à une autre, tentant de trouver l’élément qui lui permettra de passer à la suivante tout en éliminant les ennemis grâce à divers sorts magique et tout en évitant leurs coups. L’univers graphique, coloré, est sympathique, mais les gestions de mouvements et de caméra (qui suit le héros et permet au joueur de voir les ennemis qui arrivent) sont incertains. Cela complique inutilement le jeu pour les jeunes joueurs, qui risquent rapidement d’être frustés.
(A partir de six ans).

Article paru dans "Le Ligueur" en 2003.