Un quart de siècle après son lancement, l’une des consoles les plus mythiques de l’histoire du jeu vidéo réapparaît avec, dans son cerveau électronique, 21 jeux... euh... parmi les plus mythiques de l’histoire du jeu vidéo, ben oui ! La Super Nintendo est de retour. Merci à Super Mario, Zelda, Donkey Kong, Star Fox, Final Fantasy, Kirby, qui ont fait sa réputation d’excellence, de lui avoir permis de survivre aux affres du temps.

Si vous avez entre 25 ans et 40 ans, vous n’avez pu échapper, au début des années 90, à la guerre entre deux géants : Sega et Nintendo. Nintendo avait conquis la planète des jeux vidéo avec une petite console 8-bits, la NES, dont la puissance limitée était largement compensée par des jeux exceptionnels, dus au génie d’un jeune créateur, Shigaru Myiamoto. Le papa du plombier Mario, puis de la princesse Zelda, puis du gorille Donkey Kong, et pas mal d’autres encore à qui Nintendo doit une large part de sa gloire.

En face de lui, un autre géant, Sega, avait une longueur d’avance. Sa console, la Megadrive, en était déjà à un processeur 16-bits. Et un hérisson surdopé, capable de foncer à une vitesse jamais vue auparavant dans des écrans qui défilaient à toute allure : Sonic.

Un quart de siècle plus tard, l’histoire a gravé ces jeux dans le "hall of fame" du divertissement. Et, par la même occasion, ces consoles, désormais complètement dépassées au niveau technologique, mais qui ont pourtant résisté longtemps, démontrant par là que la puissance des processeurs intégrés n’était pas tout. Que ce qui faisait le succès d’une console, c’était la qualité des jeux qu’elle proposait. Et, sur ce terrain, Nintendo avait de bons atouts en mains.

Videogame revival

Si vous avez entre 25 et 40 ans, donc, vous n’avez pas oublié ces après-midis, ces soirées, voire ces nuits passées à lutter contre des ennemis plus ou moins fantaisistes, plus ou moins impressionnants, dans l’espoir de sauver une princesse (Super Mario, Zelda), ou ces heures à vous entraîner au combat pour vaincre vos potes dans des joutes violentes mais à l’hémoglobine censurée (Street Fighter II), ou encore, selon votre âge, à aspirer des bestioles pour les recracher sur d’autres et sauver on ne sait plus quoi (Kirby) ou foncer sur des circuits totalement délirants (Super Mario Kart). Les univers pouvaient être immenses. Si les pros du jeu vidéo les terminaient en quelques jours, les joueurs moyens, eux, s’amusaient pendant des semaines, voire des mois. On en oubliait le temps qui passait, sauf quand les parents nous rappelaient à l’ordre.

Si vous avez entre 25 et 40 ans, enfin, vous avez sans doute la nostalgie de ces premiers jeux. Avec un peu de chance, la console traîne encore au grenier, mais comment la brancher sur les téléviseurs modernes sans être un génie de l’électronique ? Nintendo a songé à vous. Il faut dire que de petits malins vendent depuis longtemps des émulateurs qui permettent de télécharger des jeux sur internet et d’y jouer comme sur les consoles d’origine. Pas tout à fait, en fait, car elles avaient une ergonomie, une prise en mains, qu’on ne peut retrouver sur ordinateur. Et c’est la chance de Nintendo, qui peut donc vous offrir "la" console d’origine. Ou presque. En format réduit, sans cartouches à enficher puisque les jeux sont préinstallés, mais avec de "vraies" manettes d’époque.

Branchement pour les Nuls

Elle se branche sur nos écrans actuels sans le moindre souci (via un câble USB pour l’alimentation et une prise HDMI pour... les jeux) et, immédiatement, un menu permet d’accéder, avec un frisson de nostalgie, au choix de jeux proposés.

Bon. Il faut prévenir que, sur grand écran, il y a un choc visuel durant les premières minutes. Les couleurs sont, euh... d’époque ; les graphismes sont, euh... approximatifs. De gros pixels. Des teintes vives. On y mesure le talent des graphistes qui, avec peu de moyens visuels à leur disposition, sans aucun effet spécial, créaient des personnages, des personnalités, des univers.

Le câble des manettes est malheureusement très court. On est donc proches de l’écran, ce qui amplifie bien entendu le rendu daté.

Mais le cerveau humain a cette capacité de s’habituer à tout et de faire abstraction de ces défauts d’une technologie ancienne une fois qu’il est plongé dans le jeu. S’il est bon. Et l’on n’a que l’embarras du choix, ici. C’est un générique de stars qui nous est proposé. Rien que du bon, du très bon. Selon ses propres affinités, on se replongera donc dans (par ordre alphabétique) Contra III : The Alien Wars, Donkey Kong Country, EarthBound, Final Fantasy VI, F-ZERO, Kirby Super Star, Kirby’s Dream Course, Mega Man X, Secret of Mana, Star Fox (Starwing), Star Fox 2 (qui est inédit sur la console d’origine, excellente idée !) , Street Fighter II Turbo : Hyper Fighting, Super Castlevania IV, Super Ghouls’N Ghosts, Super Mario Kart, Super Mario RPG : Legend of the Seven Stars, Super Mario World, Super Metroid, Super Punch-Out !!, The Legend of Zelda : A link to the Past ou Yoshi’s Island. Soit, quand même, quelques mois qui seront nécessaires avant de les finir tous !

Nintendo offre aux joueurs un grand luxe : celui de pouvoir sauver les jeux en pleine partie. Ce qui n’était pas le cas sur la console d’origine et causait bien des frustrations (tout en augmentant, quand même, la durée de vie des jeux. Mais artificiellement). Il est même possible, en cas de mort prématurée, de "rebobiner" les dernières secondes du jeu et recommencer afin d’y échapper.

Chacun regrettera bien entendu l’absence de l’un ou l’autre de ses jeux cultes, et l’on rêve que la trappe factice qui aurait dû permettre de glisser les cartouches, offre un jour à Nintendo la possibilité d’offrir une nouvelle sélection de jeux.

En attendant, la marque offre un sacré saut nostalgique dans le temps à ceux qui ont fait son succès dans les années 90 : les enfants. Désormais devenus grands, et qui revivront, avec cette belle idée, des plaisirs et des sensations enfouies, depuis, dans leur mémoire et leurs souvenirs.

Un sans faute ! Bravo à Nintendo !

NB : apparemment, le fabricant a du mal à suivre la demande. Les consoles sont parfois vendues à des prix prohibitifs par des spéculateurs. Mieux vaut peut-être patienter en attendant un réapprovisionnement plutôt que payer 150 % ou 200% du prix officiel. Je sais, c’est inhumain...