Pas facile, lorsqu’on a en face de soi un géant comme Microsoft, de se faire une place au soleil. Apple, pourtant, se maintient, en proposant des machines innovantes, contenant en standard des suites logicielles performantes.

On ne peut qu’être admiratif devant l’imagination des "designers" de l’ordinateur à la pomme et même les "PCistes" les plus convaincus reconnaissent à ceux-ci une créativité sans pareille. Les "Mac minis", ordinateurs réduits à leur strict minimum, et les derniers modèles où l’ordinateur a disparu, caché dans un écran plat, en sont la dernière démons-tration.

Mais il n’y a pas que le design. Un ordinateur doit être fiable, et offrir des logiciels capables de répondre aux besoins des utilisateurs. Au niveau fiabilité, rien à redire : le système Mac OS X qui est installé d’office sur tous les ordinateurs, est d’une stabilité remarquable. Fi-nie, l’époque où il fallait redémarrer son ordinateur toutes les vingt minutes pour cause de plantage !

Et en ce qui concerne les besoins des utilisateurs, les suites proposées en standard satis-feront sans problème ceux des particuliers. "Appleworks", par exemple, est un équivalent simplifié du fameux "Office", avec entre autres un traitement de texte et un tableur. S’il est capable d’exporter ses documents de telle manière qu’ils soient lisibles par Word et Excel sur Mac ou PC, l’inverse n’est pas forcément vrai, et les documents créés par les derniè-res versions de ces logiciels ne sont pas systématiquement lisibles.

Pour être honnêtes, rappelons qu’ils ne sont pas non plus forcément lisibles avec les anciennes versions de Word et Excel, Microsoft, monopole oblige, se souciant peu de rétro-compatibilité.

iWork

C’est pourquoi Apple apporte une première réponse avec un successeur à cet outil, payant cette fois (mais nettement moins coûteux qu’Office), appelé "iWork". Il est constitué de deux logiciels.

"Pages" est un traitement de texte très complet et très élégant, comparable, en moins so-phistiqué et en moins complexe, aux célèbres logiciels de mise en page "XPress" et "Pa-gemaker". Il offre une quarantaine de gabarits de page de base que l’on peut retravailler en fonction de ses besoins et qui vont de divers types de lettres d’informations à des car-tons d’invitation, des lettres officielles, etc. La prise en mains est rapide, et la compatibilité avec Word assurée, dans les deux sens : non seulement iWork est capable de lire un fi-chier Word (avec une certaine lenteur, toutefois, pour des mises en page complexes), mais il peut exporter en ce format, de même qu’en PDF, plus standard, en HTML (pour In-ternet) ou en RTF.

"Keynote" est comparable au logiciel de présentation "Powerpoint", avec lequel il est com-patible. Il est donc utilisé pour créer des diapositives contenant textes, images, graphes, sons, vidéos, etc. et de les projeter avec des transitions. Le logiciel est performant, mais produit des fichiers lourds. Il offre cependant de très nombreuses possibilités, suffisantes pour le comun des utilisateurs.
On regrettera cependant l’absence d’un tableur à la Excel, sans lequel, iWork ne peut réel-lement concurrencer Office. Appleworks, en attendant qu’Apple comble cette lacune, de-vra encore être utilisé par les adeptes du Macintosh.

iLife

Mais pour le particulier, la suite la plus intéressante est iLife, qui en est à sa cinquième version. Cet ensemble d’outils transforme l’ordinateur en véritable centre multimédia, très simple d’emploi. Connectez un appareil photo ou une caméra numérique, insérez un CD audio dans votre ordinateur, et le logiciel approprié s’ouvrira.

iPhoto est un gestionnaire de photos digitales qui reconnaît les fichiers JPG, les plus ré-pandus en photographie numérique, mais aussi les fichiers RAW, utilisés par les appareils plus sophistiqués. Une fois importées dans le programme, les images peuvent être retou-chées (retournements, suppression des yeux rouges et des taches, rognages), organisées en albums, qui peuvent être commandés pour impression via Internet. De même, les pho-tos peuvent être tirées par un laboratoire professionnel, à partir du logiciel.

iTunes permet d’écouter les CD audios, mais aussi de les transformer en MP3, de les or-ganiser, et de commander des musiques en ligne.

iMovie HD est un véritable mini-studio de montage qui importe les vidéos des caméscopes et permet de les monter en les découpant, recollant, en y insérant des effets et des transi-tions, etc.

GarageBand est un spectaculaire outil de création musicale, à partir de boucles sonores que l’on place sur diverses pistes de lecture et que l’on module en fonction de son inspira-tion et de sa créativité. Divers "packs" complémentaires permettent d’enrichir la base de sons originale.

Enfin, pour les possesseurs d’un graveur de DVD, iDVD permet de mixer tout cela, ima-ges, photos, vidéos, pour créer ses propres DVD.

Si l’on applaudit la qualité de la réalisation de cette nouvelle version d’iLife, il faut cependant noter que seuls les possesseurs d’un Macintosh récent pourront utiliser ces logiciels dans de bonnes conditions. En effet, ils nécessitent de la puissance... et énormément de place sur le disque dur. En cela, il est regrettable qu’Apple suive Microsoft dans la voie de l’escalade technologique et méprise les utilisateurs de machines un peu plus anciennes.

Article paru dans Le Ligueur en 2005