Ancien bourgmestre respecté de la ville de Wavre, Charles Michel fait partie de ces "fils de" parachutés en politique qui ont tout pour réussir grâce à leur appartenance à une lignée. Comment expliquer que ce gendre idéal pour jeune fille riche du Brabant wallon ait pu, en quelques années, s’accoler une image grotesque de marionnette de Pinocchio qui risque d’entraîner son parti dans la chute ?

La première explication à ce désastre, c’est bien évidemment les mensonges pré-électoraux de 2014, qui lui ont collé comme un sparadrap durant toute la législature. Son "Non à la NVA" ferme et définitif ("Là où nous aurons la main après les élections, nous irons sans la NVA. Le MR et la NVA, nous n’avons rien à voir."), rapidement ravalé après les élections, lui a valu dans l’opinion publique francophone cette effigie de Pinocchio de la politique belge. Pour être honnête, il ne fut pas le seul homme politique du MR à jurer haut et fort que jamais, jamais, ils ne s’allieraient à ce parti séparatiste, anti-social et raciste. Didier Reynders, lui aussi, participa activement à ce mensonge de Parti.



De même, les nombreuses promesses électorales trahies tout au long de son mandat de Premier ministre ont contribué à ternir une image déjà bien entamée par ce démarrage dans le reniement de ses propres valeurs. La trahison n’est pas rare dans le jeu politique. Ici, c’est un cas d’école. Un sommet.

Charles Michel, en 2014, avait promis de ne pas toucher à l’âge de la pension.
Il avait promis de ne pas toucher à l’index.
Il avait promis de supprimer la cotisation de solidarité qui ampute le maigre revenu des pensionnés.
Il avait promis de baisser le coût de l’électricité.
Vous vous souvenez ?



Qu’en a-t-il été une fois entre 2014 et 2019 ?

Charles Michel a monté l’âge de la pension à 67 ans.
Il a instauré un saut d’index, amputant ainsi de 2% le salaire des travailleurs.
Il a maintenu la cotisation de solidarité des pensionnés, continuant à appauvrir les personnes à la retraite pourtant à la limite, voire sous le seuil de pauvreté.
Il a monté le coût de l’électricité de 6% à 21%.
Il a pratiqué la politique du "tout à la voiture", sans proposer une amélioration dans les transports en commun, diminuant même les subvensions à la SNCB, sans améliorer les mobilités alternatives comme le vélo, transformant les trajets routiers des citoyens, piégés dans des centaines de kilomètres de bouchon, en enfer.
Il a ignoré les dérèglements du climat, n’apportant aucune avancée dans le traitement de ce problème gravissime et urgent à résoudre, et n’a intégré le mot "climat" dans son vocabulaire qu’à l’approche de la campagne électorale.

Mais ce n’est pas tout. Petit inventaire de ce que furent les cinq années au pouvoir de Charles Michel.

Il a amené au pouvoir un parti flamand séparatiste, raciste et xénophobe, qui méprise les Francophones et qui considère que : "le Nord travaille et que le Sud se prélasse dans un hamac ". Celui dont il disait en 2014 : "La NVA depuis très longtemps porte un projet de discrimination, porte un projet de mépris, de caricature par rapport à la Wallonie".



Il a installé comme vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Jan Jambon, au passé lié à l’extrême-droite, particulièrement compréhensif pour les anciens collaborateurs des nazis.

Il a chargé de l’accueil des étrangers un raciste assumé, Theo Francken, considéré comme le Trump belge.



Il a cautionné ses décisions contraires aux droits de l’homme, par exemple quand il a envoyé entre les mains de bourreaux des Soudanais qu’il avait fait sélectionner par des fonctionnaires de cette dictature et qui ont été torturés dès leur retour au pays.

Il a couvert le traitement inhumain par Francken des immigrés venant de pays en guerre, obligeant la société civile à les prendre en mains, pour les protéger des raffles et des mauvais traitements de policiers dignes d’une autre (sinistre) époque.



Il a aussi autorisé la mise en détention d’enfants pour cause de migration, une décision qu’a condamnée l’UNICEF car elle est une violation des droits de l’enfant. Ce dont il n’a pas tenu compte.

Il a cautionné les charges de Maggie De Block contre la sécurité sociale et a aggravé la situation des malades de longue durée.



Il a méprisé l’immense mouvement des jeunes angoissés par la dégradation du climat dont leur génération et les suivantes seront les victimes, leur répondant par un pied de nez après une manifestation historique en envoyant Marie-Thérèse Maghen par un avion spécial annoncer que la Belgique ne participerait pas pas au sommet mondial sur le climat...



Il a refusé d’entendre les appel à l’aide de la Justice, la laissant avec des moyens affaiblis qui l’empêchent d’effectuer correctement son travail, amenant à des drames, compliquant la tâche aux citoyens qui souhaitent obtenir justice.

Il a, pendant, cinq ans, été dirigé d’Anvers, s’accolant, en plus de l’image de Pinocchio, celle d’une marionnette manipulée par Bart De Waver, appellation adoubée par Jan Jambon.

Après cinq ans de ce traitement humiliant par la NVA, il s’est finalement aperçu de la dégradation de son image, situation dangereuse à l’approche des élections 2019, et il a tenté en dernier recours de s’offrir une virginité en signant le pacte de Marrakech pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, à l’encontre du diktat du parti séparatiste. Ce qui, celui-ci n’étant pas contraignant, ne l’engageait pas à grand-chose.

Au terme de ces cinq années au pouvoir, Charles Michel sa vante d’un bilan positif. Certes, des choses ont été réalisées, mais elles sont contestées.

Il laisse un pays appauvri, le plus taxé d’Europe après la France, avec une partie de la population encore plus paupérisée, où les conditions de travail se sont dégradées.



Dans ses "Jobs ! Jobs ! Jobs !", il oublie de signaler que beaucoup sont des contrats à durée limitée, des CDD, à temps partiel, avec des revenus plus faibles. Bref, des jobs ubérisés. Il se vante d’un taux de chômage diminué, mais il ne dit pas qu’il a fait exclure, par des règles cyniques, des dizaines de milliers de chômeurs de leur droit aux allocations de chômage et qu’il a compliqué les règles pour que les jeunes puissent en profiter.

Et ce n’est pas le niveau nauséabond de la campagne électorale du MR aux relents populistes qui parviendra à nous rassurer sur une personnalité politique au bilan, comme on vient de le voir, historiquement inquiétant.

Je demandais au début de cet article comment on pourrait expliquer que ce gendre idéal pour jeune fille riche du Brabant wallon ait pu, en quelques années, s’accoler une image grotesque de marionnette de Pinocchio manipulée par Bart De Wever ? Je vous ai donné quelques éléments de réponse, vous en avez certainement quelques compléments en tête.

Après un parcours comme celui qui vient d’être décrit, comment expliquer que Charles Michel, qui s’est laissé humilier pendant cinq ans par la NVA, qui s’est ridiculisé auprès des francophones (et probablement aussi d’une part des flamands), qui a renié ses engagement dans l’ultime but de prendre le pouvoir, se présente encore comme l’unique option pour un premier ministre et propose de rempiler avec la NVA ? Il a menti, manipulé, il est revenu en arrière sur des acquis sociaux symboliques, il a ridiculisé la Belgique à l’international dans la gestion du Climat, il a laissé illégalement vendre des armes dans des pays criminels.

Quelle crédibilité lui reste-t-il pour oser se représenter et s’offrir en "sacrifice" pour le poste de Premier ministre ?
On dit que le pouvoir corrompt, parfois. Dans le cas présent, il aveugle.


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